I, I , p. II
Il ne sçai quel esprit qui meut tout ce grand corps » (1)
« But this dull heap ol' undigested slufi"
Had doubtiess never corne to sliape or prooC, Had not th' Alinighty with /lis (juickninfj breath BIoicii lil'e and spirit into this Lump of death » (2)
Sainte Beuve (3) a signalé chez Du Bartas ce défaut qui consiste adonner à Dieu unefig'ure trop humaine.
« II œillade tantost les champs passementez Du cours entortillé des fleuves argentez » (4)
Nous ne pensons pas que la rime seule ait dicté à Sylvester la traduction de l'expression :
(( Anon, upon the flowry Plains he looks,
Laced about with snaking silver brooks » (5)
Voulant attribuer à Dieu les plaisirs de Touie, de la vue, de l'odorat (6) l'auteur se fait pardonner peutêtre son réalisme. Il lui eût été difficile, en efFet, de rapporter toutes ces qualités à un Dieu qui, comme le vieillard de Shakespeare, aurait été « Sans teeth, sans eyes, sans taste, sans everything- ».
Citons encore deux vers qui rendent assez sensible cette différence de g"oût que nous relevons entre les deux poètes.