‹ Du Bartes en AngleterreChapitre 14 sur 234 · Op cit · texte numérisé non relu

Op cit

ù. Up. cit.

recueilli de la bouche d'un combattant les détails circonstanciés qu'il donne ». Soit. M. Pellissier ajoute : « II l'a composé, dit-il, parmi le bruit des ruines de ses maisons, c'est une preuve assez concluante qu'il était fort loin du théâtre de la g-uerre ». Il nous semble possible que Du Bartas ait quitté le champ de bataille et qu'il soit arrivé chez lui pour trouver ses maisons ruinées pendant son absence. Cette hypothèse est aussi plausible que celle de M. Pellissier, lorsqu'il suppose qu'un des combattants a fourni à Du Bartas les détails de son poème.

Voici la lettre :

« Sire,

Je vous envoyé un discours sur la victoire obtenue par Votre Majesté à Ivri. Un présent différé perd (direzvous peut-estre) beaucoup de sa grâce. Sire, ayes reg-ard non au jour qu'il vous a esté présenté ains au temps qu'il a esté fait. Je l'ayfait parmi les feus, parmy les armes, el, qui plus est, parmy le bruit des ruines de mes maisons, vo>re si tost qu'a peine ma main a pu suivre la promptitude de mon alaig'resse. Mais pourquoy me peiné-je en vain d'entrer en excuses? Le peu d'artifice qui s y trouve le vérifie assez. Je serai satisfait de ma peine moyennant que V. M. remarque quelque estincelle de la joye que j'ay conceue pour l'heureus succez de vos affaires.

Vostre très humble et très obéissant sujet

Du Bartas » (i).

En mars 1690.

j. CoUecliott dct> mit<sio)i8él7'angères, t, 2i5. Bib. Nat.

« Après celle lellre » dit M. Pellissier, « le doute n'est plus possible ». Du Bartas n'aurait pas assisté au combat. Cette seule affirmation du poète, qu'il a fait son poème « parmy les armes >) nous porterait à croire, au contraire, qu'il s'est trouvé quelque temps du moins, sur le champ de bataille. Au surplus, nous savons qu'il avait déjà pris part aux guerres civiles de son temps, sans s'en vanter dans ses œuvres. S'il parle de ces g^uerres, ce n'est que pour plaindre sa patrie et nullement pour apprendre le rôle qu'il y a joué.

Du Bartas est mort, selon De Thon, au mois de juillet 1090. « Il servait actuellement /), dit-il, « à la tète d'une cornette de cavalerie » et il succomba aux fatigues de la guerre ainsi qu'à des blessures qui n'avaient pas été bien pansées. Collelet déplore que Du Bartas soit mort « loin de la douceur et de la tranquilité des Muses ». La mort sous les armes était celle qui convenait le mieux à cet homme qui était plus patriote encore que poète, plus soldat que courtisan. Il n'aimait pas la guerre pour la gloire qu'il pouvait y acquérir : il se battait à contre-cœur mais de toute la force, de toute l'ardeur que lui donnait son patriotisme. Il est mort dans son cher Bartas, après une vie pleine de dignité, après avoir toujours préféré le devoir à ses goûts personnels.

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