Les maladies menacent l'homme
De ces ressemblances il y en a deux qui ne valent presque pas la peine d'être relevées. Ce sont celles qui se rapportent aux numéros 4 et 5. (4) Les passages correspondants ajoutent l'un et l'autre à la simple constatation biblique que c'était à cause de sa faiblesse que Satan s'était adressé de préférence à la femme : le motif s'offrait naturellement à l'esprit.
(5) Du fait que la Bible raconte que Dieu, après la tentation, condamna le serpent à ramper, Du Bartas et Milton concluent assez logiquement, semble-t-il, que jusque-là le serpent ne rampait pas (i). L'idée que Satan pénètre comme un voleur dans le Paradis n'a rien que d'assez banal.
On voit combien lointains doivent être les souvenirs de Sylvester et combien est peu probable l'hypothèse que Milton s'est fait relire les Semaines. Les ressemblances résidant plutôt dans l'idée générale exprimée par les poètes que dans les détails des deux récits, il faudrait faire de trop longues citations pour pouvoir établir une comparaison. Nous nous contenterons de mentionner que l'histoire de la tentation se trouve dans l'œuvre de Du Bartas dans la Seconde Semaine {L'Imposture) et dans l'œuvre de Milton dans le Paradis Perdu i^w., VIII et IX).
Si vraiment Milton avait eu besoin, en ce qui touche la tentation, d'un récit autre que le récit biblique, il possédait cette donnée toute trouvée dans le poème