‹ Du Bartes en AngleterreChapitre 31 sur 234 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

vices qui les déparent, nous pensons que ses facultés poétiques lui donnent quelque droit à notre admiration. Le xvi"^ siècle tout entier, qui l'égalait ou même le préférait à Ronsard, a pu sans doute être ébloui par de brillants défauts auxquels ne devait pas se laisser prendre le jugement plus éclairé et plus sain de la postérité ; toutefois, la gloire qu'il a faite à Du Bartas peut et doit aussi s'expliquer par les qualités incontestables du poète, auxquelles tant de taches ne sauraient nous fermer les yeux. Sa trivialité et son emphase, son érudition lourde et fatig-ante, les bizarreries de sa langue et les témérités parfois grotesques de son style, ne doivent point faire oublier chez lui l'ampleur et la force, la vigueur du souffle, la splendeur de l'imagination. Plus qu'aucun de ses contemporains, il avait le sentiment des grandes choses ; c'est le goût non le génie qui lui a manqué » (r).

Il y a quelque témérité pour un étranger de vouloir produire son jugement sur l'œuvre d'un poète que ses compatriotes ont à tant de reprises discutée. Mais en raison même de sa nationalité l'étranger n'est-il pas capable de plus d'impartialité? Nous admettons les bizarreries de la langue de Du Bartas. Il n'avait certainement pas le sens de la mesure, ce que nous entendons si bien en anglais sous l'expression iSe/ise of humour . C'est ce sentiment que les Français ont acquis depuis à un si haut degré. N'y a-t-il pas dans ce fait une raison pour nous faire comprendre comment a pu som-

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