Dowden, A Hist. of French Lit
2. Gosse. English Literature. An illuatrated record, 4 vol. Londres. 1902. \o\. 2, p. 3o6 : « The Divine Weeks and Works whether in Du Bartas' French or Sylvester's English has now become intolerably unattractive : but the translator, had he concentrated his powers on a happier subject, mig-ht hâve enriched the lans^uage ».
mence à être vraiment connu en Ang-Ieterre. Nous considérons que leséditions fraç;-mentaires qui précédèrent celle de i6o5, passèrent à peu près inaperçues du ï;rand public. Nous avons vu, d'autre part, qu'il convenait d'assig-ner comme date extrême à sa popularité l'année 1660. Cette popularité a duré en Ang-leterre cinquante ou soixante ans au plus, c'est-à-dire à peu près le même espace de temps qu'elle a duré en France. Nous admettons, il est vrai, que Du Bartas n'était pas complètement oublié en Angleterre pendant le dixhuitième siècle, mais à qui doit-il les quelques mentions qu'il est fait de son œuvre ? D'abord à un faussaire qui en parlait pour dénigrer Milton, ensuite à des curieux, désireux d'exhiber leuréruditioii dans les revues; enfin, à un malade qui, ne trouvant pas d'autres occupations dans la ville où il était retenu pour sa santé, s'était attaché à l'œuvre de Du Bartas.
Il est intéressant de pénétrer les raisons qui ont déterminéla vogue éclatante, mais éphémère de l'œuvre de Du Bartas en Ang-leterre. Elles ne sont pas sans analog^ie avec les causes qui ont présidé à la popularité du poète et à Toubli profond où il est tombé en France.
Pour comprendre l'accueil enthousiaste que le public fit en Ang-leterre à la traduction de i6o5, jetons un coup d'œil sur la société ang"laise à cette époque.
Rappelons d'abord ce qui venait de se passer en Ang-leterre dans le parti du protestantisme modéré et dans celui du protestantisme fanatique. Sous le règ-ne d'Elisabeth, l'esprit protestant fut plus actif,
plus sévère, plus impitoyable que jamais : la violence du rèçne de Marie portait ses fruits. Tous ceux qui s'étaient refug-iés en Suisse ou en Allemagne revenaient avec des idées bien modifiées sur l'église et même sur le g-ouvernement. Elisabeth jugea qu'une répression était nécessaire. Ces mesures ne firent que grouper les mécontents, qui formèrent désormais une secte distincte, les Puritains. Ce parti exclusif n'admettait qu'une littérature d'un caractère religieux, aride même, dont il fallait éliminer tout ce qui pouvait rappeler les plaisirs du monde, même les plus innocents. Les pastorales qu'on possédait en Angleterre pouvaient bien être didactiques et renfermer un enseignement moral : mais les puritains ne consentaient pas à recevoir des leçons de morale de la bouche d'un berger, pour trouver à la pag'e suivante la description des cliarmes de sa maîtresse, les danses et les jeux (i). Le Christ' s Victorie de Giles Fletcher ne parut qu'en 1610 et le puritanism ne possédait pas encore son chef-d'œuvre en prose The Pilgrinis Proffress. La traduction autorisée de la Bible qui deviendra plus tard le livre des Puritains n'est pas encore faite. On peut comprendre avec quelle joie cette classe de la société reçut la traduction de Du Bartas qui seulement a écrit « Des vers que sans roug-ir la vierge puisse lire w (2).
1. Nous reconnaissons en Spenser un poète qui enseignait aussi bien qu'il rêvait et nous ne voulons pas dire que Sylvester fut le seul poète lu par ces gens austères, mais seulement qu'il convenait peut-être le mieux à leurs idées.