II. Trophées, p. 44i
II ne viendra à l'idée de personne en parcourant ces quelques exemples d'accuser le poète anglais d'avoir amplifié le caractère bizarre de l'orit^inal. On voit qu'il l'atténue au contraire intentionellement. Quand Du Bartas écrit : i)« Les monts enfarinez d'une neige éternelle», et que Sylvester traduit ainsi : « Hills hoar'd with eternall snowes » (2) il est permis de faire observer que Sylvester a su écarter ce qu'il y avait de trop recherché, disons le mot de trop trivial, dans l'image de l'original. 11 l'a remplacée par un motdont le caractère poétique ne saurait échapper à un lecteur délicat.
Parmi tous les critiques de Sylvester, aucun ne s'est montré plus sévère que M. Thomas Seccombe. M, Seccombe ne veut voir dans la soi-disant traduction de Sylvester qu'une simple paraphrase. Il ne nous dit pas ce qu'il pense à cet égard des autres prétendus traducteurs de la Semaine.
Nous avons dit que Sylvester vivait à une époque où l'on faisait beaucoup de traductions, où bien des écrivains, même désireux de se faire passer pour poètes originaux, se contentaient de traduire. Or, si Sylvester a échoué si lamentablement dans sa tâche de traducteur, on aimerait H croire, que, dans le nombre, il se serait trouvé un poète plus habile que lui. Gomme il nous est impossible de faire ici une comparaison bien détaillée de toutes lesversions anglaises de la Semaine^ nous nous bornerons à donner quelques exemples qui nous semblent typiques.