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(1) Suprà, ti° 50.
(3) Disc. 62 et 63.
Livourne à Cagliari et à Amsterdam, et retour; Martinengo promit de rendre cette somme avec les intérêts dans les dix jours de son heureux retour à Livourne, et il obligea spécialement à la sûreté de son obligation ses marchandises à charger. De plus, il donna les sieurs Filiberti pour caution au sieur Bernard Seniè et compagnie. Les Filiberti s'obligèrent dans la même journée par un écrit particulier, dans lequel ils déclarèrent garantir les 2,000 pièces prêtées à grosse aventure à Martinengo sur son bâtiment : sopra sua nave,
A son retour de Hollande , pendant qu'il faisait voile vers Livourne, le navire naufragea sur les côtes de France , par la faute des gens de l'équipage. Il n'était chargé que d'une petite quantité de fromage d'une valeur bien inférieure aux 2,000 pièces que le capitaine avait reçues de la maison Seniè.
En fait , il était constant que ie capitaine Martinengo ne s'était pas servi des 2,000 pièces. Il disait qu'il les avait laissées aux sieurs Filiberti avec ordre de les lui envoyer à Amsterdam s'il en avait besoin, mais que le besoin ne s'était pas fait sentir.
Le sinistre avait tous les caractères d'une fraude. Les circonstances de -la cause, le non-emploi des fonds, l'exiguïté du chargement, tout en un mot établissait que Martinengo avait ourdi une machination dolosive pour faire gain des 2,000 pièces.
Il demenrait donc obligé à les restituer à la maison Seniè et compagnie : celle-ci mit en cause les cautions.
Les sieurs Filiberti , pour se dégager du recours
exercé contre eux pour la réalisation des 2,000 pièces ainsi que pour les intérêts, prétendirent que leur fidéjussion était différente de l'obligation souscrite par le capitaine ; car le prêt maritime contracté par ce dernier l'avait été sur les marchandises à charger sur le bâtiment , tandis que la fidéjussion n'avait trait qu'à un prêt maritime contracté par le capitaine sur le corps du navire seulement. Ils argumentaient de ces paroles de leur fidéjussion :
« Signori Seniè, per le pezze due mila, che in » questo giorno avele dato al capitano Lorenzo Marti- » nengo à cambio marUimo sopra. la sue nave. »
Casaregis examine cette prétention dans son discours 63. 11 la réfute.
Le fidéjusseur est censé avoir voulu s'obliger pour la même cause, la même obligation et le même agissement que le débiteur principal , pro eâdem causa sive contractu gesto à debilore principali (1). Il cite Ant. Hering dans son traité De fidejussor. (2), qui soutient savamment, à sa manière, que l'étendue de la fidéjussion doit s'interpréter ad lenorem principalis prœcedenlis obligations .
Le cautionnement des Filiberti a été donné le jour même du contrat passé par Martinengo, et presque incontinent; n'est-il pas présumable qu'on a voulu lui donner la même portée (3) ? Le voisinage des actes conduit à l'identité.
Il résulte d'ailleurs de l'acte même de fidéjussion
(l)Nos2et 3.
que les Filiberti n'ont pas ignoré toute lar substance du contrat principal ; ils ont su que le prêt était fait sur marchandises.
Or, on ne peut croire qu'ils aient voulu faire une fidéjussion nulle; puisqu'ils ont cautionné, c'est qu'ils ont entendu le faire sérieusement et utilement (1).
D'ailleurs ces mots, soprala nave, peu vent très bien être pris comme synonymes du contenu, et non pas comme taxativement restreints au contenant.
Article 2014.
On peut se rendre caution sans ordre de celui pour lequel on s'oblige , et même à son insu.
On peut aussi se rendre caution , non-seulement du débiteur principal , mais encore de celui qui l'a cautionné.
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