La raison en est sensible
Les jeux d'exercice sont utiles : ils développent les forces , ils délassent le corps ; ils préparent de bons soldats, des agriculteurs vigoureux, des marins adroits et intrépides, etc. , etc. ; trop négligés peutêtre dans nos sociétés modernes, ils sont dignes d'encouragement (1).
49. Parmi ces jeux privilégiés, l'art. 1966 cite les courses à pied et à cheval, les courses de cbariot, le jeu de paume (2).
Mais cette énumération n'est pas limitative. On peut y joindre la nage , les combats de rameurs , le tir au pistolet, etc. ;
50. Ou bien le jeu d'échecs, inventé, dit-on, par Palamède au siège de Troie (3) , jeu de combinaison et de calcul , qui exerce l'esprit et offre un noble délassement (4). Thomas Actius l'appelle meri ingenii (5j , exercitalio honesta , omnibus permissa , horis congruis et tempore debito (6) ; il le loue pour sa similitude avec l'art de la guerre avec lequel il rivalise
(1)M. Portalis, Exposé eZc5mo&/5.(Fenet, t. 14, p. 541.) M. Simeoii, tribun. ( Feaet, loc. cit. y p. 551.)
(2) Voyez Danty, p. 247.
(3) Ce qui est fort contestable. V. Actius, Deludo scacchor,^ q. 3, nos 1 et suiv.
(4) Danty, p. 267 ; Paris dePuteo, De ludo^ ii° 5.
(5) Dans son traité De ludo scacchorum, q. 1, n» j^ (6)Q. 2,noi.
256 DES COMRATS ALÉATOIRES.
de noblesse (1). M. Siméon, sans le nommer, semble y faire allusion quand, dans son rapport au Tribunal , il met dans la classe privilégiée « les jeux » qui développent ou exercent les facultés intellec- »tuelles (2).«
51. On a pensé qu'on pouvait autoriser, en pareil cas, les joueurs à intéresser leur jeu pour se donner plus d'émulation. Néanmoins, quand le prix stipulé est exorbitant , les tribunaux sont autorisés à rejeter la demande pour le tout (3) ; car le jeu s'écarte alors de sa fin honnête ; il devient moins une récréation qu'un commerce dangereux (i) : il cesse d'être licite. En cas de contestation , c'est aux juges à voir, d'après l'état des parties et leurs facultés, sile prix est exorbitant ; quandilsle trouvent tel , ils doivent, non pas le diminuer et le restreindre, car alors ils feraient un contrat, mais le rejeter entièrement , comme infectant le contrat d'un vice d'immoralité.
52. Le contrat par lequel les parties stipulent un prix dans les jeux licites est un contrat intéressé de part et d'autre et aléatoire (5) : il est parfait par le consentement et ne requiert pas la tradition des enjeux.