DU SOIR
Durée du sevrage.
Des expériences ont été faites sur l'influence de la durée du sevrage sur la nature du lait par M. Peligot, qui a opéré
sur le lait d'ânesse; nous les avons répétées sur le lait de chèvre.
Influence de la durée du sevrage sur la qualité du lait.
Expériences de M. Peligot sur le lait d'ânesse (1).
Après 1 h. 1/2 de serrage.
Bearre 15.50
Caséum 34 60
Sucre de lait 66.50
Après 6 h.
Bcorre 17.30
Caséum 12.50
Sucre de lait 70. »
Après
Après
6 heures.
24 beures.
Après 12 h.
Ainsi, dans ces expériences de M. Peligot, nous voyons la proportion des matières solides diujinuer dans le lait à mesure que le séjour du lait se prolonge dans la mamelle. Cette diminution porte surtout sur le beurre et le caséum, et peu sur le sucre de lait.
Lait de chèvre.
Influence de la durée du sevrage :
Durée du sevrage 3 h. 6 b. 12 h. 24 h.
Quantité reudue (2) 117 238 368 815 gr.
Date 26nov.l849. 24 id. 23 id. 22 id.
Densité 1029.1 1033.0 1036.0 1036.2
Degré au lacloscope 15 18 20 21
Volume de crème » 8 6 7
Densité du lait écrémé » 1043.3 1044.6 1014.1
Sou degré au lactoscope » 72 60 65
Densité du sérum normal » » » 1029.7
(1) Peligot, lieu cité.
(2) L'animal ayant été trait chaque fois jusqu'à épuisement de la mamelle.
Durée du sevrage 3 h. 6 h. 12 h 24 h.
Deosité du sérum obteDU après
ébullilion du lait >» » * 1027.7
Densité du sérum obtenu par l'acide acétique et l'ébullition. . . » 1028.7 1029.1 1028.9
Beurre 140.40 92.60 77. » 69 50
Caséum 59.40 57.90 63.60 58.50
Lactine 48.50 51.10 52.90 54.30
Caséum rapporté à 1,000 gr. de liquide supposé sans beurre. . . 66.70 61.60 66.20 60.30
Lactine rapportée à 1,000 gr. de liquide supposé sans beurre ni caséum 58.40 58.10 58.90 59.60
Comme dans les expériences de M. Peligot, la proportion des matières solides diminue ici à mesure que Ton s'éloigne du moment de la dernière traite; mais cette diminution a porté sur deux éléments seulement : d'abord le beurre, qui a été énormément affecté sous ce rapport; en second lieu, le caséum, dont le poids n'a présenté que peu de variations, et encore celles-ci n'ont-elles pas suivi une marche régulièrement décroissante; le lait de douze heures, par l'effet d'une anomalie sans doute, ayant atteint le maximum des poids fournis par l'analyse.
Quant au sucre de lait, il présente fort peu de variations, surtout si l'on se base sur les poids rapportés à 1,000 grammes de liquide supposé sans beurre ni caséum. De plus, les différences sont en sens inverse de ce qui a lieu pour les deux autres éléments, c'est-à-dire qu'il y a, en somme, marche croissante.
Traites du matin et du soir.
A Paris et dans les localités environnnnles, on a généralement l'habitude de traire les vaches deux fois par jour : vers six heures du malin et quatre heures du soir; cela établit un intervalle de quator7e heures environ pour la traite du matin, et de dix heures pour celle du soir.
Quelle diiïérence pouvait présenter le lait à ces deux tnô-
ments? Telle est la question que nous nous sommes proposé de résoudre.
Les expériences ont été faites sur une vache hollandaise ayant vêlé depuis sept mois environ, et fournissant, à ce moment, de 11 à 12 litres de lait par jour.
Celle vache, ainsi que toutes celles de l'élable, faisait deux repas principaux par jour : l'un vers cinq heures du malin, l'autre vers quatre heures du soir ; en ouire, elles en faisaient deux autres plus légers à dix heures du matin et une heure du soir.
La nourriture se composait de Luzerne, cosses de Pois et de Fèves et autres débris de légumes.
Leur genre de vie était, d'ailleurs, d'une uniformité absolue à tous les moments; elles ne sortaient jamais de l'étable.
La quantité de lait rendue à chaque traite a été appréciée par la pesée à la balance, et l'observation a duré pendant cinq jours consécutifs.
Les résultats ont été consignés sur des tableaux dont on a cru inulile de donner ici les détails, la moyenne pour les cinq jours et pour chaque genre de renseignement ayant paru devoir suffire.
Moyennes pour cinq jours consécutifs, du 20 au ^^i- juillet 1851, inclusivement.
6 h. matin. 4 fa. soir-
Durée du sevrage 14 h. 10 h.
Quantité reudue par jour 6 k. 420 5 k. 020
Total 11.440
Degré au lactodensimètre 32.26 32. »
Degré au lacloscope 29.60 26.30
Volume de crème 9.80 10 04
Degré du lait écrémé au lactodensimètre 35.72 35.48
Degré du lait écrémé au lacloscope 188 198
Degré du sérum par acide acétique au lactodensim . 26 . 14 26 . 16
Ainsi, pour la traite du malin:
Lait un peu plus dense et un peu moins riche en crème.
Il conserve de même, après l'écrémage, une densité un
peu plus grande, bien que dans cet état il retienne plus de crème que celui du soir, puisque le degré lactoscopique est moins élevé.
Le sérum est un tant soit peu moins dense.
Pour la traite du soir, c'est nécessairement rinver«e de ce que nous venons de dire. On remarque seulement cette parlicularilé que le lait écrémé, tout en restant moins dense que le premier, renferme cependant moins de beurre.
Celte circonstance d'une moindre densité, là où il y avait moins de matière grasse et où le sérum était plus dense, ne peut s'expliquer que par une proportion moindre de caséum.
Les résultats inscrits sur ce tableau nous conduisent donc aux conclusions suivantes :
1" La quantité de lait rendue le soir a été moindre d'un cinquième environ (comme 78 est à 100).
2° Le lait de la même traite (soir) a présenté une très-légère augmentation pour la matière grasse (un trentième environ), et une très-faible diminution du caséum.
3' La quantité de lactine et autres matières dissoutes dans le sérum a présenté une difTérence des plus légères en plus à la traite du soir.
De sorte que le lait de cette dernière traite, envisagé dans son ensemble, peut être considéré comme un peu plus riche que celui du matin.
Ce résultat doit s'expliquer, sans doute, surtout par la moindre durée du sevrage à la traite du soir.
Ceci s'accorde peu avec les expériences de Schubler, qui a vu que le lait du matin donne le plus de beurre, et celui de midi le moins; celui de la soirée en fournissait une quantité intermédiaire (1). Mais il faut remarquer que, dans les expériences de Schubler, on faisait trois traites par jour. Peutêtre y avait-il, en outre, bien d'autres circonstances difTérentielles quant au genre de vie, à l'exercice, etc.
(1) CiUtioo tirée de Burdacb, Traité de physiologie, t. V, 1839, p. 241.
Premières et dernières portions de la traite.
Parmentier et Deyeux avaient déjà observé que le lait du commencement de la traile était moins riche en crème que celui de la fin (1).
: M. Peligot a fait la môme observation pour le lait d'ânesse, en fractionnant la traite en trois portions. Le lait avait été prélevé après un sevrage de neuf heures (2).