‹ Du prêtsChapitre 12 sur 183 · PRÉFACE. XXXX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXX

t-on du calcul par an, vrai pour tous les autres cas, au calcul par mois? Ue quel droit brisc-t-on une série si bien liée, si harmonique? Pai' quelle bizarrerie l'as et ses fractions seraient-ils l'intérêt annuel, tandis que l'once seule serait l'intérêt mensuel?

Sans doute, à côté du calcul par an, ayant pour base l'as et ses fractions, il y avait aussi une manière de calculer par mois, suivant la coutume attique. C'est à cet usage venu de la Grèce que se réfère la centésime, ou les centesimœ usurce, d'après lesquelles la centième partie du sort principal était payable par chaque mois (1). Cicéron en fait assez souvent mention (2), et depuis lui il y en a de nombreux vestiges dans les lois (3) et dans la littérature (4). La centésime donnait 1 p. 100 par mois ou 12 p. 100 par an. Le jurisconsulte Paul rapporte que, dans une affaire soumise au jugement de Papinien , préfet du prétoire, se trouvait une stipulation par laquelle une partie s'était obligée de payer à l'autre pour chaque trente jours et pour chaque cent deniers (i/i (lies trif/inta inque denarios centenos) un denier d'intérêt (5). C'est bien là le calcul attique. Pomponius en donne un autre exemple dans la loi 90 D. , De verb. obiig. , et une inscription rapportée par

(1) Noodt, De Jcenore, c. 2.

Gronovius, De pecuniâ, III, 13.

(2) Ad ^(tic.^ Epii't., passim.

(3) Paul,l. 17, § 8, D., De usuris.

Papin., 1. 4, § 1, D., Nautico fœnore.

(4) Pline le jeune, 9, Episf. 28 : Ego centesimas compiitaho, Gruter, Inscript., p. 175, inscript. 4,

{S)L. 40 D., De rcb.cred.

XWfl rRKFACE.

Gruter (l), après avoir précisé le don d'une somme d'argent fait à un collège pour en employer la centésime à une certaine destination, fait le calcul par an de ce que chaque mois ou chaque centésime réunis donnent à la fm de l'année.

Il faut même reconnaître que le calcul par mois avait lieu, non-seulement pour la centésime ellemême , mais encore pour les fractions de la centésime. Le jurisconsulte Paul parle d'une somme de 10,000 deniers d'argent déposée sous la condition que pour chaque mois et chaque livre il sera payé à titre d'intérêts d oboles: « Ut qiioad omne argcnium » rrddalur, in singidos menses, singiilasque Ubras^ vsura- » ram uom'nic, qualcrnos tibi obolos subminislrem (2). » C'est le 8 p. 100. Les populations grecques de l'empire suivaient de préférence ce mode de calcul (3) . Dans cet exemple, il s'agit d'un acte rédigé en grec et émané probablement de parties familiarisées avec les habitudes grecques.

Mais ce calcul par mois, par centésime, appartient à un tout autre ordre d'idées que le calcul par as, lequel prenait l'as pour le total de l'usure annale. La centésime se tenait même tellement en dehors du calcul par as, que, pour ne lui rien emprunter, on divisait la centésime par fractions : terlia pars cenlesîmœ (k) ; — iisurœ ex quarlâ centesi-

{l) P. 175, inscr. 4.

(2' L. 26, § I, D., DeposilA. (Lib. 4, Rcspons.) (3; Saumaise, p. 2:7.

(4) Pau!, 1. 17, §ult., T)., De usuris; Et JustiuiL'ii, I. 26, 5 1, C., De mûris.

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