XL PRÉFACE
Ainsi s'évanouit cette doctrine de Saiimaise qui a si longtemps faussé la vérité et répandu les ténèbres sur cette partie de l'histoire romaine. Les invraisemblances, les anachronismes, font place à une explication qui rétablit l'harmonie entre les textes, les faits, les données économiques et les probabilités morales.
Il faut cependant ajouter encore un mot. Nous avons avancé que l'usure oncière est le denier 12 par an. Nous n'ignorons pas cependant que quelques savants opposent à cette interprétation un usage romain qui aurait consisté à liquider les intérêts par mois ; ce qui les autorise à penser que Vuticiarium fœnus serait, non pas le denier 12, mais le 1 p. 100 par mois, ou le 12 p. 100 par an.
Cette manière de voir n'est pas plus vraie que la précédente. D'abord, si l'on se jette dans le calcul grec , ayant pour type le nombre 100, on tombe dans toutes les absurdités relevées par Saumaise; on est vaincu par l'objection insurmontable de ce savant qui demande pourquoi, si Vuuckirium fœnus signifie 1 p. 100 par mois, les deunces ^ deciuwes , les seplunceSf les semisses , etc., etc., et autres fractions de l'as, se prennent pour le 11 p. 100, le 10 p. 100, le 7 p. 100, le 6 p. 100 par an!
De plus, il n'y a rien de moins certain, dans la période romaine qui se termine aux douze tables, que cet usage de liquider les intérêts toutes les fins de mois ; et l'on décide avec les mœurs du temps de Cicéron et d'Auguste, modifiées par le contact de la Grèce, des mœurs de la vieille Rome, toute renfermée dans son originalité native. Je ne vois pas trop comment les Romains, livrés à la vie des camps et passant dians