‹ Du prêtsChapitre 19 sur 183 · XLVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLVI PRÉFACE

l'esclavage etdans les liens (1). « Et aussitôt il paie les créanciers et libère le débiteur per œs et libram. Alors le centurion montre ses blessures; il combattait contre Véies et contre les Gaulois (2) , il relevait ses pénates renversés , tandis que les intérêts, devenant sans cesse des capitaux, l'ont écrasé, bien qu'il ait payé des à-compte aussi élevés que le sort principal (3). Le peuple s'enflamme; les esprits s'irritent. Manlius persuade que les patriciens ont détourné l'argent de la république et recèlent plus d'or qu'il n'en faudrait pour éteindre les dettes privées [k) ; il insinue que le seul moyen pour eux de reconquérir la faveur publique , c'est d'imputer sur les capitaux des dettes les intérêts perçus (5) ; luimême il paie sans intérêt la dette de quatre cents citoyens, et il empêche que leurs personnes ne soient adjugées et leurs biens vendus (6). En même temps ses partisans excitent la multitude, au nom des dettes sous lesquelles elle est courbée : Mersam et obmtam fœnore partem civitaiis (7). Cependant , Manlius

(1) In servitutem acvincula duci, {Id., loc. cit.)

(2) Le siège de Véies eut lieu en 352 Urb. cond. L'invasion des Gaulois eut lieu en 364..., et c'est en l'année 370 qu'eut lieu l'aventure du déeurion. Il y avait donc 20 ans environ que soa créancier le tenait sous le coup de sa dette.

[i)Se 7nili.tantem,se restitucntem eversos pénates, multiplici jàm sorte exsolittâ, mergeniibus semper sortent usuris, obrU" tum fœnore esse (Titf-Live, VI, «4).

(4) Exsolvi plebem œre aliéna passe {VI, 14).

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est arrclé par ordre du dictateur; mais bientôt l'émotion populaire est au comble, et un siîiiatusconsulte , arraché par la sédition , lui rend la liberté (1). L'année suivante, les débats recommencent, et la querelle fut devenue plus menaçante si l'adresse des ennemis de Manlius n'eût fait diversion à la question des dettes en accusant cet ami du peuple de tendre à la royauté. Manlius trouva dans ce mensonge le supplice auquel ses tentatives séditieuses ne l'avaient pas conduit (2).

Mais la mort de Manlius n'avait pas guéri le mal qu'il avait cherché à exploiter. En 377, la révolte reparut; les dettes en étaient encore le sujet (3). Il fallut suspendre , pendant une guerre survenue h. l'improviste , les poursuites contre les débiteurs : 7îe quis jus de pecimiâ crédita dicerel (4). Cette trêve fut courte. La crainte de l'ennemi évanouie, les créanciers se retranchèrent dans le droit strict. Dé nouvelles dettes vinrent s'ajouter aux anciennes, à causa d'un tribut pour la construction d'un mur de défense de la ville (5). Les patriciens redoublèrent de dureté (6). Le peuple était réduit aux abois (7). Après l'épuisement des patrimoines , le corps des débiteurs était adjugé, et la peine acquittait la foi

(2) Il y a sur la mort de Maulius une autre version doaaéa par Dion. Je suis celle de Tite-Live.

(3) Tite-Live, 6, 3t.

(5) Id., VI, 32, an 378.

(6) Vis patrum crescebat [id., VI, 34).

(7) Tn dies miseriœ plebis crescebant {id.^ VI, 34).

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