PRÉFACE. LI
Tacite parait le croire (1), sans toutefois discuter les doutes de Tite-Live, elle ne dut pas lon^^emps survivre à lu rébellion qui l'avait conçue ; et je n'hésite pas à croire avec Saumaise qu'elle ne fut pas observée (2). Toute la suite de l'histoire démontre que l'usure continua à être un produit de l'argent. Qu'était-ce, par exemple, que ce créancier dont la violence impudique sur son jeune nexus fit modifier le système de responsabilité corporelle des débiteurs? Ci' était un prêteur à intérêt, ainsi que Denys d'IIalicarnasse l'atteste formellement (3). Le pieux jeune
(1) Postremb vetita versura (VI, Annal. , 16).
C'est du moins 1« sens qu'on attribue ordinairement à ce passage, où versura serait pris comme synonyme de prêt à intérêt.
Saumaise, De tisuris, eh. 1 ;
Etch. 12, p. 347 ; Ch. 17, p. 519;
Et De modo usurar.^^. 291, 292, 293.
Il est certain, en effet, que versura se prend souvent dans le sens de prêt à intérêt. Cicer., Tiiscul., 1, 42 ; pro Cœlio, 16 ; adAttic, V. 2î; pro Fontejo^ IV ; pro Flacco, 9.
(2) De modo usurar., p. 292.
(3) Devirtut. et vitiis, an 462. « Adolescens quidam Publii filius, unius è tribunis militaribus qui se exercitumque omnem dediderant Samnitibus, etsub jugum missi fuerant, in raaximâ egestate derelictus, pecuniam fœnori accipere ad celebrandum patris funus coactus est , sperans propinquorum liberalifate se propediemhoc sere alieno liberatum iri. Verùm, spe suà frustra* tus, cura dies cessisset, abductus est in nexurajuvenis forma haud invenustus. Is cùm opéras ac ministeria , qusecumque serves praeslare domiois jus fasque est, creditori exhibcrat, ferebat id moderatè. Sed cum stuprum juberetur pati , tum verô indignari
cœpit et flagitium prorsùs aspernatus est Proinde plebs
accusatum à tribunis plebis creditorem capite damnavit. Aique
LU rnÉFACE. ♦
homme qui, pour pourvoir aux funérailles de son père, tribun militaire de la malheureuse armée des Fourches Caudines, avait pris de cet homme de l'argent à usure, ne put le payer à l'échéance, et, subissant sans se plaindre la dure législation des nexi, il travaillait comme un esclave dans la maison du créancier pour éteindre capital et intérêts.
Puis, si du quatrième siècle nous passons au cinquième, à l'époque où Plante cachait sous lepaUlum grec la peinture des mœurs romaines , ne voyonsnous pas le prêt à intérêt rappelé sans cesse dans les comédies de ce poète, comme un acte habituel , patent, et que rien ne réprouve (1)?
ob hune casum cuncti qui, ob aes alienum, nexi erant, lege latâ soliiti, pristinam libertatem recuperariint. »
Tite Livene s'accorde pas avec Denys pour les dates et les noms (VIII, 28). Il place ce fait en 429.
Valère-Maxime a aussi sa version (VI, 1 , 9).
Montesquieu concilie tout cela en voulant que ces auteurs aient parlé de deux faits différents (liv. 12, ch. 21).
Mais Niebuhr soutient avec plus de vraisemblance que c'est le même événement (t. 5, p. 211 et 405).
J linge Varron, VII, 105. Il fait connaître une circonstance importante omise dans Tile-Live.
(1) Plaute mourut en 570; il florissait en 535, au commencement de la deuxième guerre punique, un siècle après ccsévéue- Bients.
Voici quelques passages :
1» CALTDORUS.
Quid, si non liabui {ari]enlxim)'î
BALLIO.
Amab.is? invenircs nuiluum ,