LIV PRÉFACE
Tous les faits cadrent mal avec la prétendue loi Genucia. J'admettraibien, si l'on veut, qu'un tribun violent aura eu la pensée de supprimer l'intérêt de l'argent, croyant se rendre agréable à la multitude. Mais il n'est pas vrai que l'exécution ait répondu à la pensée. Dans les troubles civils, la volonté ne manque pas pour émettre des idées radicales, absolues, révolutionnaires. Mais la constance n'y est pas pour les faire vivre. Combien d'actes que notre Bulletin des lois conserve pour mémoire, et qui n'ont heureusement jamais fait une impression réelle sur la société !
Les lois sur l'usure oncière et sémoncière étaient donc toujours en vigueur. Mais vainement elles enchaînaient l'avarice des créanciers. Voici le moyen dont ceux-ci s'étaient avisés. Comme les Latins et les alliés de la république n'étaient pas liés par ces
troit en la société pour une partie seulement, laquelle il faisoit manier par un de ses serfs affranchis qui s'appeloit Quintion , et estoit en cela son facteur, navigateur et trafficant avec les autres parsonniers de la société à qui il avoit prêté son argent à usure. Par ainsi ne raettoit-il pas tout son argent au hasard de la fortune; ains une petite partie de son sort principal seulement, et en tiroit un bien gros profit de l'usure. Qui plus est, il prètoit aussi de l'argent à ses propres esclaves , qui en vouloient pour acheter d'autresjeunes serfs, lesquels ils enseignoient et dressoient à quelque service , aux despens même de Caton , puis les revendoient au bout de l'an, et C iton en retenoit plusieurs pour soi-même. 11 incitoit son fils a l'aire aussi profiter son argent.... Il osa dire que)celui étoit homme divin et digne de louange immortelle, qui par son industrie augraentoit tellement ses facultés, que l'économie qu'il y ajoutoit montoit plus que le principal qu'il avait hérité de ses parens.