‹ Du prêtsChapitre 29 sur 183 · LXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXVI PRÉFACE

l'histoire du taux légal de 12 p. 100. Si d'autres gouverneurs ont précédé LucuUus dans ce système (circonstance que nous ignorons) , ils ne sauraient être antérieurs à Sylla et à l'abaissement des chevaliers par le dictateur. Nous savons d'ailleurs, par les circonstances de la loi Sempronia, qu'en 560, l'usure était libre pour tous ceux qui n'étaient pas soumis à la loi romaine. Ainsi, le taux légal de lacentésime n'a pu commencer qu'entre cette époque et Lucullus (G8/i) , et c'est tout au plus à Sylla qu'il peut remonter. Quoiqu'il en soit, il est certain qu'après Luculkis, le 1 p. 100 par mois devint létaux auquel les édits des préteurs fixèrent l'intérêt dans les provinces. Cicéron nous l'atteste en citant son propre édit pour la province de Cilicie (1) , et cet édit était conforme à celui de ses prédécesseurs. L'influence grecque se fait ici visiblement sentir. Le 1 p. 100 par mois était l'usure modérée des Athéniens , le taux des honnêtes gens ('2). Rome n'avait jamais eu rien de pareil.

Veut-on voir maintenant combien était grave le mal auquel ces édits portaient remède?

(1) Intérim cùm ego in edicto tratatitio eentesiraas me observfiturnm haberem cnm anatocismi , ille ex syngrapliâ postulat>at quaternas. Quidais? inqiiam ; possumne contra raeum edictum ?

Ad Altic.^b^cpist. ult. (An de Rome lOô.) Édit. Pancli., t. 20, p. 264,276.

(2) Démosth. in Ap/tob. , p. 900.

InPanfœn.,^. 988.

Viisioph. in JS'ib., V. 17.

ïiiéoph., Caract.^ c. X.

Barthélémy, ch. 5ô.

PRÉFACE. rXVII

Écoutons d'abord Pkilarque et son naïf traducteur, Am>ot :

« La pauvre province d'Asie estoit afiligée et oppressée de tant de maulx et de misères, qu'il n'est

lioiunie qui le peut presque croire et ce, par la

cruelle avarice des fermiers, gabelleurs et usuriers romains, qui la mangeoient et tenoient en telle captivité, que particulièrementles pauvres pères estoient contraints de vendre leurs beaux petits enfans et leurs jeunes filles à marier pour payer la taille et l'usure de l'argent qu'ils avoient emprunté pour la payer. Encore à ces fins estoient-ils eux-mêmes adjugés comme esclaves à leurs créanciers, pour user le demeurant de leurs jours en misérable servitude; et pis encore estoit ce qu'on leur faisoit endurer avant ({u'ils fussent eux-mêmes adjugés; car ils les emprisonnoient, ils leur doimoient la gêne , ils les détiroient sur le chevalet, ils les mettoient aux ceps, et les faisoient tenir à découvert tout debout en la plus grande chaleur d'été au soleil, et en hiver dedans la fange, ou dessus la glace, tellement que la servitude leur sembloit un relèvement des misères

et repos de leurs tourments Cette surcharge

d'usures estoit procédée de 20,000 talens en quoi Sylla avait condamné le pays d'Asie, laquelle somme ils avoient bien payée déjà deux fois aux fermiers et gabelleurs romains qui l'avoient fait monter, en amassant et accumulant toujours usures sur usures, jusqu'à la somme de six vingt mille talens.

» Parquoy ces fermiers et gabelleurs s'en allèrent crier à Rome contre Lucullus, disant qu'il leur faisoit le plus grand tort du monde; et à force d'ar-

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