LXVIII PREFACE
.geiit suscitèrent quelques-uns des harangueurs ordinaires à rencontre de lui (1). »
A ce trait des compagnies de finances, joignons l'exemple des particuliers romains. Cicéron va nous en fournir un.
Deux Romains qui habitaient l'ile de Chypre pour y négocier, M. Scaptius et P. Matinius , étaient créanciers apparents de la ville de Salamine pour une somme considérable dont les intérêts avaient été fixés à /t p. 100 par mois. En réalité, ces deux spéculateurs n'étaient que les prête-noms de Brutus, leur ami, qui faisait valoir ses capitaux eu Chypre, à cet honnête intérêt. Cette affaire avait été conclue à Rome dans un pre sant besoin de la ville de Salamine. Et comme la loi Cabinia défendait aux. "villes de provinces de faire des emprunts à Rome (2),. le sénat, influencé par Brutus qui ne voulait pas laisser échapper une si bonne occasion, autorisa le traité, sans s'expliquer cependant sur le taux des «sures et s'en référant là-dessus au droit commun. Desdifficultés s'élevèrent sur ces intérêts, trop élevés en effet pour passer en compte sans réclamation ; elles furent portées devant Cicéron , à qui on laissa d'abord ignorer la part de Brutus dans cette af-
(1) Vie de Lucullus, 35, 36.
(2) Tout le monde n'est pas d'accord sur le sens de la loi Ga- Linia. Cuj;^s pense qu'elle ne faisait que s'opposer aux emprunts qui avaient pour but de payer des intérêts au moyen de la vcrsura. [Quœst. papin.^Wh. 2, sur la loi 1 J)., De iisiiris.) D'après ]N'ooclt,au contraire, et Gronovius, la loi Gabinia aurait un autre sens. V. aussi Montesquieu, loc. cit.
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faire. Scaptius insistait pour avoir les Zi8 p. 100 promis parle traité. Cicéron, se retranchant dans son édit qui avait fixé à 12 p. 100 l'intérêt à accorûcY, et auquel il ne pouvait déroger, ne voulait accorder que la centésime avec Tanatocisme (1). Les habitants de Salamine consentaient à payer sur ce pied. Mais Scaptius résistait; fort de l'homme qui se cachait derrière lui , et plus âpre que les plus âpres usuners de la province, il ne voulait pas démordre du k p. 100 par mois. Malgré toutes les intrigues dont Cicéron fut assiégé (2), malgré l'intervention d'Atticus , il tint ferme. En vain Brutus se révéla à lui comme le véritable créancier ; Cicéroa resta fidèle à son édit : il refusa d'accorder plus que le 1 p. 100 par mois, qui jusque-là avait fait la règle de tous les jugements, et dont les créanciers les moins traitables se contentaient. Brutus fut fort mécontent, il se plaignit auprès d'Atticus, il accusa Cicéron de mauvais vouloir. Mais que dirons-nous de ce sage? Verres, dans ses rapines en Sicile , ne prenait que 2/i p. 100 (3). Brutus en prenait le double !!! ^ Voilà donc quelles étaient les habitudes des Romains avec les provinces [k).
(1) Il explique cela ad Altic, , YI , 2 (édit. Panck. , t. 20, p. 3281.
(2) hh
(S) Ciccr. III 'ni Terrem ,71.
(-1) Montesquieu prétend que Pompée avait prêle au roi Ario- Laizane GOO talents, qui tous les 30 jours rapportaient 33 talents atliques (liv. 22, eh. 22). Mais la lettre de Cicéron, d"où il a tiré ce fuit (VI, ad Altic, 1 ; édit. Panek., t. 20, p. 288), ne donne pas la certitude d"un intéièt aussi é!(. vé.