LXX PREFACE
Maintenant rentrons un instant dans Rome.
Nous avons dit que l'usure y éludait les prohibitions des lois civiles par une foule de détours captieux. En 66/i, lors de la guerre civile entre Marins et Sylla, il est certain que l'usage avait /ait tomber en désuétude les lois sur l'usure sémoncière. Appien contient à cet égard un témoignage précieux (1 ) ; il atteste que les lois anciennes n'étaient plus suivies depuis longteriips, et que l'usure se faisait à Rome avec la plus entière licence. L ne sédition s'étant élevée, en G()/i, à cause des dettes, le préteur Asellio crut devoir accorder action en justice aux débiteurs en vertu de ces lois, en prenant soin toutefois de ne pas laisser ignorer aux juges le conllit existant entre la coutume et la loi écrite. Mais cette multitude d'actions qu'allait susciter le retour d'Asellio à l'ancien droit excita de vives rumeurs; il ne s'agissait de rien moins que d'ébranler la foi pu-
(l) Appien, lib. 1 : « Per idem terapus, et in urbe, oL œs alie- Dum exoiia tst seditio, dum quidam acerliùs UM'ias cxigunt ; contià (\'j<\n) Ciiutum esset antiquis iegibus. ViUMitur enira illi prisci Romani, sicut et Graeci, abhonuisse àfœiiore, ut negotiatiine mo'estâ pauperibus, et litium inimiciti; rumque nmterià ; qi3i rt'S ne Pcrsis quidam piacuit, ut non aliéna à fraude ac raendacio. Sed quia veteri jam more, fœnus receptum fuerat, fœneratoiesieposcebant idjure suo ;debitores belium et scditiones causa.ido, differebant reddere ; née deerant qui urgentibus mulctam intt niaient. Tum Asellio piator, cujus eral jurisdietio, quiaconciliaic partes conatus , nibil proficiebat, peimisit (Oi legibus ageic ; admouitis piiùs, ut in re perplexe, (ùm île jure, tùm de 9)wrc judicïhus. Ibi faneratores eearè ferentes, reuovari meuticnera leyis Mteiis, piœtorem lollunt c medio.