LXXIV PRÉFACE
coaffranchis moins avancés qu'eux dans les routes de la fortune (1). Ils avaient pour rivaux les vétérans qui revenaient de la guerre avec de bonnes prises (:2), les chevaliers toujours habiles à exploiter les moyens de s'enrichir (3), les financiers retirés (û.), les banquiers en titre, Grecs ou Romains (5), les Syriens dont le commerce d'argent remplissait l'Italie (6), les Samaritains plus particulièrement répandus en Orient (7). Du reste, aucune peine pécuniaire ou corporelle n'était prononcée contre les usuriers; la loi se bornait à imputer sur le capital les intérêts excessifs (8). Un instant elle défendit les usures aux sénateurs. Mais on reconnut bientôt l'impossibilité d'une telle prohibition, sans cesse éludée par des moyens détournés; on leur permit un intérêt de 6 pour cent (9), qui passait pour modéré (10).
(1) Id., 76, et ccppi libertosfœnerare.
f2) Arcadius, I. is,§ 23, D., De jnunerib.
(3) Saumaise, De fœnore trapezit. {^véîncc), p. 80.
(4) Le père de Vcspasien, après avoir été fermier de l'irapùt, alla exercer l'usure en Hehétie, où il mourut, fœnus apud Helvctiosexcrcuit. (Suet. in Vesp,^ i.)
(5) Plularque cite les banquiers de Corinthe, Patras ou Athènes. [Qu'il ne (ant pas emprunter^ 20. )
(6) Sidon. Apollin., 1, epist, 8.
Saumaise, Z)e/œ»ore (rapezit., p. 47, 50, 370. {Il Justiuien,' £"f/jc/. , u, c. 2 : Quos Samantanos vacant. Saumaise, De îtsuris, p. 501.
(8) Paul., lib. 2, Sentent., t. 14, § 2.
(9) Godefroy sur la loi 4 G. Théod. , De usuris. D'après Lanipride, vie d'Alex. Sév., c. 36.
(10] Pline, XIV, 6 :
Semissibus^ quœ civil is ae modica est.