‹ Du prêtsChapitre 40 sur 183 · XCVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XCVIII PREFACE

concessions (1). L'Église d'Orientelle-même, entrai^ née par la force des choses , se relâcha des rigueurs du concile de Nicée à l'égard des clercs. Tandis que ce concile avait interdit les usures aux clercs de tous

(l) On sera bien aise de trouver ici la version latine de sa constitution (*) :

« Si a spiritûs legibus ità se mortale genus régi sineret, ut bu- » manis piSEJcptis nihilindigeret, id vcro et décorum et salutare » esset. At quoniam se ad spiritûs sublimitatem elevare, divinœ- » que legis vocem amplecti non cujusque est, ac vero quos vir- >• tus ducat, numéro valdè pauci sunt : benè sese adhuc res ha- » béret, si saltem secundum leges humauas viveretur. Qua; » vocantur pecunia; creditœ usuiœ, ubique a spiritûs decreto >• condemnautur. Id sciens pater noster, œternBe memoria; prin- » ceps, usurarum soiutionem, sanctionesuâ, prohibendam putaw vit. Atqui proptcr paupertatem , res illa non in raeiiùs, quàm » tamen îînem legislator proposuerat, sed contra in pejùs ver- " git. Qui enim autea usurarum spe ad mutuandam pecuniam » prompti fuerunt, post latam legem, quod nibil lucri ex mutuo » percipere possint, in eos qui pecunias indigent difficiles atque « inimités sunt. Quin etiara ad facile jurandum, quodque id ferè » cousequitur , ad jusjurandum abnegandum , id occasionem » praebuit. Breviter , propter redunduntem in humanâ vitâ » perversitateni , non modo non profuit legis virtus, sed etiam V obfuit. Quanquàm igitur, ex Sf, logem culpare (quod qui- » dem etiam absit) nequeamus, propterea tamen quod bumana » natura, (;uomod6 diximus, ad illius sublimitatem non pervew niar, egregium illud praescrlptum abrogamus, ac in contrarium * statuimus, ut wris alieni usus ad usuras procédât, idque » quomodo veteribus legislatoribus placuit, ad trieutes cente- » simse nempè,quse quotanuis insingulossalidossingulas-fœnera, » toribus sili.iuas pariunt. »

(*) Saumaise, loc. cil.

pnvr\rr:. \r.\x

les délires, le roncile ai)j;elé in Trnllo sg borna à les (léfondre aux clercs majeurs , c'est-à-dire à l'évêqno,aii\ pirtrcs et aux diacres. Et encore cette défense ne s'élendit-clle qu'aux usures centésimes , (jni étaient les plus violentes , les autres usures inférieures , autorisées par les lois impériales, restant en dehors de la prohibition (1). aEpiscopus, preshyter, vcl diaconiis, qui iisiiras, vel quœ dicunlur cenlcsimas, nccipit, vel cessct vel deponalur (2). On sait , et nous redirons plus tard , que les clercs orientaux , pour échapper à la sévérité du concile de Nicée , avaient inventé une combinaison astucieuse qui, sous la réunion apparente de trois contrats licites , cachait en réalité des usures déguisées (3). La souplesse de l'esprit grec échappait comme un Protée aux liens delà loi religieuse. Pour que cette loi ne fût pas méprisée, il fallut la rendre plus facile. Ainsi donc, le précepte évangélique ne put parvenir à se constituer en précepte civil dans l'Église et dans l'empire grecs. Nulle loi extérieure ne défendit l'intérêt de l'argent aux laïques, et Balsamon (li) , qui écrivait vers

(1) Thomassiu ie reconnaît, p. 209.

(2)V. le texte dans Saumaise [Devsuris, après la'préface). .T'ai pris sa traduction, plus correcte et plus exacte que celle de Tliomassin.

(3) V. mon cora. de la Société, t. I. Thomassin, p. 385.

(4) In canon. 14. Epist. Basil, Junrje Thomassin, p. 269.

Saum.iise, Dr tropczit. jœnore, p. 68 : « Grœci simpliciiis etapertiùs qui tybankide illa. opprcssl non faere, asuias libéras plcbi christianœ reliquerunf.^»

Page 1