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XII PRÉFACE

dans les limites les plus étroites. Quoique Romulus eût permis aux plébéiens les professions lucratives (1) , il est certain néanmoins que le négoce d'achats et reventes et les arts manuels , dédaignés du citoyen , étaient abandonnés aux affranchis , aux esclaves et à tout ce ([u'il y avait de plus vil dans la population (:2). Le Romain n'estimait que l'agriculture (3), mère de la force et des mâles vertus, et préparation à la vie rude des camps (k). C'étaient les plébéiens, petits propriétaires ruraux ou fermiers des riches, qui exploitaient les terres pendant la paix (5) ; puis , quand la guerre appelait Rome sous les drapeaux pour domplerdes villes rebelles ou vaincre des voisins jaloux, les plébéiens, passant des fatigues de la charrue aux fatigues des armes, allaient composer Tinfanterie, et payer l'impôt du sang sans avoir droit à une solde (G) , et avec la simple perspective d'un butin que lajalousie des patriciens leur enlevait souvent (7).

(1) Denys d'Halyc, 3, 9.

(2) Denys va même jusqu'à dire, dans un autre endroit (9, 25), qu'il n'était pas permis à un citoyen romain de gagner sa vie par le négoce et les arts manuels.

Jufige Niebuhr, t. 5, p. 391 et 392, et M. Michelet, t. 1, p. 152 et 153.

(3) Cat., De re ruslicd (prœm.j.

(4) Id.

(5) Denys nous apprend que Romulus donna pour occupatioD aux plébéiens de cultiver les terres, d'élever les troupeaux (2,9).

(6) La solde ne fut établie qu'en 349 de la fond, de Rome.

(7) Accensaque ea cupiditas malignitute patrum, qui, devictis eo anno Voiscis yEquisque, militem prœdâ frauâavere. Quod coptum est exhostibus, vendidit Fabius consul et redegit in publ.cum. (Tit.-Liv., Il, 4'2,Jui)(jc\\s. III, 31.)

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