CXXVIII PREFACE
fit qui ne fût pas de l'usure. Navarre lui conseilla les trois contrats. Car comment trois contrats permis auraient-ils pu contenir une convention illicite? Pourquoi leur réunion et leur mélange dans une seule combinaison seraient-ils plus injustes que leur triple action isolée? N'est-il pas vrai que le contrat de société, le contrat de vente, le contrat d'assurance ne contiennent en eux-mêmes rien qui ne soit approuvé par les consciences les plus timorées ? Qu'on ne s'effraie donc pas du rapprochement et du concours simultané de ces trois conventions consacrées par le droit universel , pratiquées chez tous les peuples, et agents journaliers du commerceentrc les hommes ! Un fruit vénéneux ne saurait sortir de ces souches bienfaisantes.
Voilà à quelles misérables supercheries de raisonnement une prohibition arbitraire conduisait des esprits distingués et des âmes honnêtes ! Mais le bon sens public, toujours ami en définitive de la sincérité, n'acquiesça pas à ces savants mensonges. On comprit que les trois contrats n'étaient qu'un prêt à intérêt dissimulé sous un masque habile, et que, tant que le prêta intérêt resterait défendu, les trois contrats ne pouvaient être permis. Les trois contrats ne furent donc qu'un effort prématuré et éphémère des intérêts commerciaux et civils contre une prohibition qui n'avait pas encore fait son temps. Véritable doublure du prêt à intérêt, ils sont inutiles quand cette convention est permise; ils ne sont qu'une fraude ingénieuse quand celle-ci est défendue.
De la condamnation des trois contrats, il n'y avait qu'un pas à faire pour proscrire les sociétés en commandite ou autres dans lesquelles Tune des parties