CL PRÉFACE
auteur des ménagemenls qui gênent ses conclusions et en obscurcissent la netteté (1). Et toutefois sa réserve ne l'a pas empêché d'être accusé d'avoir composé son ouvrage sous l'influence des doctrines de Calvin (2).
En même temps, l'opposition gagnait jusque dans les tribunaux, et plusieurs magistrats du parlement de Paris furent soupçonnés d'adhérer à cette idée nouvelle : que les usures modérées sont permises (3). Mais le coup d'État qui frappa le parlement sous Jlenri II (4) , et jeta en prison Anne Dubourg et au- Ires conseillers suspects de protestantisme (5), y arrêta ce progrès (G). Le parlement crut même devoir saisir la première occasion qui s'offrit à lui pour manifester ses principes avec éclat. Car la question s'étant présentée de savoir si les fonds pupillaires doivent produire intérêt , la négative fut jugée par arrêt du 13 juin 1559 (7) , qui décréta d'ajournement personnel le lieutenant du bailliage d'Orléans, lequel avait autorisé le prêt, et condamna aux ameH' des le prêteur et l'emprunteur.
([) V., par exemple, n»» 77, 78, 80, 84, où il proteste qu'il îie veut pas rétablir le droit de prêter à intérêt comme à Rome; que pour beaucoup d'affaires la rente constituée suffit, etc.
(2) Thomassin, p. 502, n» 14.
([3) Coquille sur Nivernais, t. 21, art. 15.
(4) 10 juin 1559. C'est à tort que d'autres parlent du 14 ou un 15.
(5) Sismondi, t. 18, p. 95, et p. 121, 122.
(6) Coquille^ ^otf. eit,
(7) Le parlement siégeait alors aux Augusllns. Plus tard, il y a eu des arrêts en sens contraire, qui ont fait jurisprudence.
^ooet , Kttre I , som. 8, n» 7.