AD EDICT
au devant des tortures de l'étymologie, a consacré le premier chapitre de son curieux livre De iisinis, à démontrer que mutuum n'est que le mot sicilien fiolrov (j/rrtr/«), latinisé (1). D'après ce littérateur érudit, mutuiim et f/oïrov ("2) expriment ce que quelqu'un rend à un autre pour un bienfait reçu (3). C'est le mot (jraiia employé dans le sens que lui donne Cicéron, dans ce passage 7>r//?//'67V/a: « ?,'on m exUjcmiis » (jratknn, neque enim benejicium feneramur ^ sed nalurâ y> propensi ad liberulitatem sumus (/l). »
Quoi qu'il en soit de ces recherches grammatiticales dont nous n'oserions pas nous constituer juge souverain (5), nous dirons que la conjecture des jurisconsultes romains, bien que hasardée au fond, prouve cependant une idée fondamentale en cette matière, à savoir, que la tradition des choses, pour s'en servir à titre de prêt de consommation, trans-
(1) '< Vocem esse siculam mutuum, quœ ad Romanos, cum aliis »> multis raaua\it, asserit Yaero ; cui in hac re eô magis creden- » dum estquôd, non nisi iuvitus, solet romanaruin dictioDura. » origines è Grœco arcesserc. » [De usnris, p. 3.)
(2) C'est de uoIt&v, dit encore Saumaise, que les Romains ont fait le mot ifiutare, qui, dans l'origine, était mœtare (loc. cit.^ p. 4).
(3) rt sit quod reddit quis et rependit pro beneficio accepte
(4) No 9.
(5) Cujas n'adopte pas plus cette étymologie de Varron que celle des stoïciens. Il ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas dire que ce sont les Siciliens qui ont tiré du miiluum des Latins leur poïrov. (XI, Ohscrv. 37.) Il se borne à enseigner, sans tant de détours, que mutuum vient de mutatione^ « quod mutatur hoc » génère pocunia cum pecuniâ, dùm par quantitas accipi- » tur et reddilur {loc. cit.). V. itifrà, n" 181.