Dr piîÊT
prunteur, qui ne pouvait rapporter Targenterie luimême, a fait le choix d'un serviteur réputé capable, diligent, exact, et cela, pour faire une commission qui était dans Tintérèt du prêteur ; de telle sorte qu'on peut dire que si ce dernier n'a pas été la cause directe du vol, il en a été le principe et l'occasion (1)!! Quelle faute donc reprocherait-on à Femprunteur? Dira-t-on qu'il est tombé in cnlpa malœ clcciionis? Nullement, puisque son choix s'est porté sur un commissionnaire dont la diligence habituelle lui olîrait toute garantie. S'il s'est trompé, c'est un malheur, une sorte de force majeure qui doit retomber sur le prêteur. Quant à lui, il a fait tout ce qu'il devait faire ; il est sauvé par l'opinion qu'il a eu juste sujet d'avoir de l'expérience de son messager : Plus est in opinhnr qnàm in vrrïlatc (2) .
Assurément, c'est là raisonner avec habileté, et l'on ne saurait donner à une opinion une couleur plus séduisante. Mais, d'abord, peut-on dire, avec Conan, que le prêteur a donné occasion au vol, puisque la connnission se faisait dans son intérêt? Est-ce que la chose prêtée n'est pas sous la responsabihté de l'emprunteur tant qu'elle n'est pas rendue au lieu convenu ou convenable? Si l'emprunteur était venu lui-même faire la restitution, n'estil pas vrai que son imprudence à se laisser surprendre serait retombée sur lui? A cela, point de
(1) Conan : « Nec ca argenti preelatio suà ipsius gratià fieret, " sed domini ad quera id remittebat ; nt videalur dominus, furti • non cousam quidem, sed principium et occasionem dédisse. "
(2) L. 21 D., £>e rei vindic.