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BOISSONS PERMISES

BOISSONS PROHIBEES

Eau, soda, eau de seltz, eaux minérales de table.

Thé, café, cacao sans sucre.

Toutes les liqueurs spiritueuses non sucrées, cognac, rhum, whiskey.

Vins, bordeaux, bourgogne, vins du Rhin ou de la Moselle.

Eaux alcalines (Voy. § 8).

Petit-lait, lait écrémé, chocolat.

Champagne, vins mousseux et limonades.

Porto, madère; tous les vins et toutes les liqueurs sucrées.

Bière et cidres.

menus inodiflcs. — Ces menus pi^oposés par Bouchardat et Dickinson se coiTcspondent assez exactement. Pavy admet, mais avec restriction, les aliments suivants : raves, haricols verts, choux-fleurs, asperges, choux, noix, olives. — Il permet la crème ainsi que l'albumine, mais ne provenant pas du lait, lequel doit être réduit à une très petite dose. — Seegen ne défend pas absolument le pain, ni les fruits rouges, ni les oranges, ni les amandes. — Le régime le plus sévère est celui de Gantani, qui recommande au malade de ne prendre à tous les repas que de la viande, du poisson et de la graisse; toutefois il fait une exception pour le beurre parce qu'il contient toujours des traces de sucre de lait; ces prescriptions

EAUX MINÉUALES. VICIIV ET CAULSHAI). 519

et interdictions doivent être observées au moins trois mois et dans les c;is <>raves jiis((ii'à neuf mois. — Si depuis deux mois le sucre a disparu des uiines, Cantani permet peu à peu des légumes verts, puis le fromage, puis les amandes; quelques semaines plus tard les fruits rouges et les oianges, plus tard encore les pois et les haricots verts, ainsi que les tomates et les melons. Enfin, quinze jours après, on peut tenter l'usage du lait, des soupes au lait et finalement les farineux. Heureusement voilà un pathologiste moins sévère; c'est During qui a le soin de ménager l'estomac et de ne recommander que les aliments faciles à digérer, parmi lesquels il place en première ligne le lait, le pain blanc durci, ou une soupe au riz, ou la semoule sans beurre ; 250 grammes de viande par jour, pas plus; mais de temps à autre des viandes salées ou fumées, et toujours des compotes de fruits.

§ 8. — Eaux iikiiiéraloM. — CurcM de lait. — Divers

p$»cudo-aliiucu((st

Eaux de Vichy, de CnrlMbad. — [[ V a ([UaraUtC aUS, Mialhc,

considérant que dans le diabète, le sang tend à perdre son alcalinité par suite de l'accumulation des acides de la peau, c'est-à-dire par l'absence de sueurs, le sucre n'y trouve plus à se comburer; de là Tulilité des alcalins destinés à faciliter l'oxydation du sucre. Frémy, arrosant un arbre avec une solution alcaline, constata qu'il ne donnait plus de fruits sucrés; tous ces faits présentaient un véritable intérêt. Mais la théorie de Mialhe, basée sur la suppression des sueurs était fausse; Tulilité de l'alcalinisation n'en resta pas moins dans la pratique. Comme l'a dit Brouardel dans sa thèse d'agrégation, presque tous les médecins, laissant de côté les idées théorii^ues, reconnaissent la valeur du traitement alca-

520 ciiAP. Vil i;is. nr.c.i.MK i:r musculation i>i:s dimji^itiquks. lin {\[\\\> 1<' diabrh». Toiilcfois los oxi)(M'i<*nc<\s (N; ('i;i(;tli<(ons ne (lé!ii(>iilri''r('iil ([iruii seul r.'.il, l;i di mi nul ion (1(; poids coi-porcl du dùdélique, mais non du h'iiioiu, sous riulluoncc du bicarbonalo de soude. — Mais les clTets des alcalins ne sont pas à comparer à ceux des cures lliermales (|ui oui à leur avoir loules les circonslances auxiliaii'es;, le ^l'and ;iii', le repos, la disliaclion el la discipliiK; hygiénique. Duraud- Fardel a bien décrit les eiïels de la cure thermale qu'il ne faut pas confondre avec l'usage des alcalins.

Sous rinfluence de l'eau minérale, la soif, la polyurie et la sécheresse de la bouche disparaissent rapidement; la polyphagie résiste plus longtemps, mais le dégoût des aliments disparaît; les éruptions de la peau, surtout celles qui s'accompagnent de démangeaisons, cessent rapidement. Ces eaux semblent agir en modérant l'action giycogéniquc du foie; c'est peut-être en diminuant les mutations organiques et si fréquentes si graves. L'ingestion de l'eau chaude en quantité n'est-elle pas utile (Glos)? Chez les diabétiques, l'aciion digestive de l'eau n'y est certainement pour rien. En réalité, on ne connaît que les résultats pratiques; voici ceux qui ont été résumés par Souligoux. Sur soixante-dixsept malades, il en compte dix-sept chez lesquels le sucre a complètement disparu; chez seize autres, la quantité de sucre qui, chez quelques-uns, s'était élevée à 75 grammes et plus, s'est abaissée au-dessous de 10 grammes. Dans tous les autres cas, sauf deux, la cure thermale, s'est traduite par une diminution sensible du sucre urinairc et de la diurèse journalière.

Après et malgré cette énumération si favorable, on n'est toutefois pas en droit de conclure à une guérison définitive. Les bienfaits de la cure thermale ne durent pas au delà d'un certain nombre de semaines et de mois; le malade, par sa situation nouvelle, est à même de se relâcher de la sévérité

ViriIY KT CARLSr.AT). .'51

du régime alimentaire, cL il l()l<''i'(;, sans grand inconvénieni, une [dus j^iiiudc ({uantilé (riiydrocarlnircs (M<'ycr); mais la curalion complèle u'anive pas, et le régime spécial s'impose à nouveau. Il en osi de même des eauv de Cai'lsbad, fpii ont été vivement allacpiées dans ces derniers temps par Kulz, lUess et Senator; leur action, comme celle de Yichy, passe, et tout est à recommencer l'année suivante, si bien que les malades retournent à ces stations pendant dix, quinze et même vingt ans, retirant toujours de ces cures régulières, au moins les premières années, un véritable bienfait, à la condition de ne pas négliger la diète carnée pendant le reste de l'année. L'habitude de ces pérégrinations prouve que la guérison n'est presque jamais persistante.

Ce sont surtout les diabètes gras qui guérissent le mieux aux eaux alcalines ou alcalines-salines; le diabète maigre ne s'en ressent pas toujours aussi favorablement; on a vu, cependant, des malades arrivés à Tamaigrissement, à la dénutrition la plus marquée, en retirer du soulagement et une véritable amélioration.

Il n'y a de contre-indication véritable que dans quatre cas : c'est lorsque l'albuminurie a pris le dessus; elle est alors le résultat d'une né})lirite; c'est encore quand le malade présente quelques signes de lésion cardiaque ou des accès d'angine de poitrine, qui sont fréquents chez le diabétique. Quand le malade tousse et maigrit à la l'ois, la i)htisie barillaire est alors à craindre, et l'eau minérale à interdire; c'est enfin lorsqu'il y a le moindre signe d'acétonémie, c'està-dire de tendance dyspnéique ou comateuse. L'eau de Vichy peut tuer ces malades; il ne faut même pas songer à prescrire une pareille cure; le voyage, le déplacement, ont suffi parfois pour déterminer une mort subite.

522 Cil M». Ml l:lS. -' IIKC.IMK KT MUSCII- ATION Iil.S niARfJIQUES. S 0. — l*Mcu(l<>-aliiii«ii<N li^'«li'4><*arl>iir(*M

riii'Oii de liiK. — Pour rcnii)lir roffici' d'Iiydrocarbiircs on a préconisé ou toléré divers aliinenls (jiii sont loin d'être corrects, entre antres le lait. Dunkin etiiaU'our, Dickinson et Carey ont vanté surtout l'usai^e du lail éci-éuié à la dose de 5 à 10 litres par jour; mais la plupait des épreuves de contrôle ont été nulles ou même cunlraii'cs; c'est l'opinion de Pavy, Greenliow, Burkley; cetle cure est même entièrement contre-indiquée dans la période avancée du diabète; elle devient une cura fconis; c'est l'avis de Forster, Pavy et Thorne. Je considère le lait comme contre-indiqué à toutes les périodes de la maladie, et sous son influence j'ai toujours vu, comme Frerichs, augmenter singulièrement le sucre urinaire. Quant au petit-lait, au koumys, les expériences précises font défaut.

Succédanés du sucre. — Acide lactique et glycérine. — 1 OUr

remplacer le sucre qui n'est pas utilisé chez le diabétique, on a eu recours à toutes sortes de moyens plus ou moins ingénieux auxquels il ne manque que la consécration clinique. C'est ici qu'il faut mentionner Vacide lactique et la glycérine, l'acide lactique indiqué par Gantani à la dose de 5 à 10 grammes pour 250 à 300 grammes d'eau additionnée de 5 grammes de bicarbonate de soude; cette prescription est renouvelée cinq à dix fois par jour. Gantani suppose que malgré l'altération chimique de l'organisme du diabétique l'acide lactique qui est un produit de décomposition du sucre est encore susceptible d'être comburé. Pawlinof considère cet acide comme un moyen d'épargne des albuminates. On lui a attribué aussi des qualités digestives analogues à celles de l'acide chlorhydrique qui, à mon avis, ne saurait être remplacé par aucun autre acide. — Envisagé d'une façon ou

i'si;i;[)0-AiJ.Mi:.MS iivin;()(:.\i;i;UHf:s. 523

de l'iiiitie, il n'a pas r('[)on(lii à ratlente •;ént'ral(3. On Fa môme accusé do dcvfdoppor, étant pris à liante dose, la {glycosurie clicz les aniniiiux, cl cliezriiomuie de j'raves troubles de la digestion. Kn pareil cas, dit Ilosi-nhacli, l'acido doit sonslraire di^s alcalis à l'oiyanisiiic, et chez les diahctiques il y a lien [)i'écisément d'alcaliniscr 1(î sang-. A la dose modérée, do 5 à 10 grammes par joui-, il ne produit aucun effet appréciable.

La (jhjcévine a été vantée également dans le but de remplacer le sucre. Schultzen croit que le sucre se dédouble normalement en glycérine et en aldéhyde de glycérine; la glycérine se trouverait donc indiquée pour remplacer le déficit; mais la théorie est tout imaginaire. Catillon avait remarqué que chez les chiens nourris avec la glycérine la fonction giycogénique se trouve ralentie, et le chiffre de l'urée abaissé. Mais ici encore la théorie est contredite par l'observation. Seegen qui essaya la glycérine à la dose de 50 grammes chez trois diabétiques gravement atteints vit la glycosurie et les principaux symptômes s'aggraver au point d'imposer l'abstention.

IlIoycii!>( nntiglycogéniqiie<4. — Ar.scnic. YOlCl UU UlOyOn

plus radical encore que les pseudo-aliments; Salkowski a prouvé en 18G5 que, chez un animal arseniqué, la glycogénie hépatique est en grande diminution, si bien que si chez ce même animal en vie on })rati([ue la piqûre du quatrième ventricule, on n'obtient plus de glycosurie. Celte indication paraissait péremptoire en faveur de l'arsenic. Cependant les premières observations furent désastreuses. Berndt eut sur huit diabétiques huit morts, et Brouardel eut deux fois sur deux l'insuccès le plus complet. A ces revers je puis avec Jaccoud, Leco relié, opposer quelques faits favorables, mais pas une guérison complète sans le secours du régime spécial.

5-21 ciiAiv VII i;is. — m'icniK kt musculation dks i)iAnf:Tinui:s.

j^ 10. — Ile I liy;;!^!!!' iiiiiN<*iiliiirc

T. a j^lycoj^énie se passe en f^i'aiide parlic dans !<; foie, mais elle a li(Mi aussi, quoiqu'à un moindre de^ré, dans le système musculaire. Claude Bernard y a conslalé la malière glyeogène, souvent plus que dans le Ibie. Bok et lïofï'mann ont pu, en supprimanl le foie, retrouver la glycogénie et faire de la glycosurie. Lorsque, en elTet, le muscle entre en contraction, la substance glycogène se transforme en sucre, et le sucre en acide carbonique; le muscle ne fonctionne qu'à l'aide des hydrocarbures et non à ses propres dépens. La musculation est donc le moyen le plus parfait, le plus certain de détruire le sucre ; ce sont là des vérités physiologiques qui s'appuient d'ailleurs sur de sérieuses expérimentations applicables à la clinique.

Kulz a démontré, par des recherches exactes, que par une suractivité musculaire, l'usure du sucre augmente et que le sucre urinaire diminue considérablement. Une observation récente de Mering, relative à un diabétique de a clinique de Kussmaul, montre le même phénomène de la manière la plus claire. Un ouvrier qui, en douze heures, rendait 40 à 50 grammes de sucre, en prenant un régime carné exclusif n'élimina plus que 5 grammes, après avoir tourné pendant cinq à six heures la roue d'une machine ; la proporlion du sucre urinaire tomba donc de 4 pour 100 à 1 1/4 pour iOO; au bout d'une heure et demie le sucre avait même disparu sans que, d'ailleurs, la quantité d'urée des urines fut augmentée.

La musculation a de grands avantages; tandis que par le régime on ne fait qu'enrayer la formation du sucre dans le foie et son élimination par les urines, les muscles, en se contractant, brûlent le sucre, ce qui est important, car, du

IlYCIfiNK MUSCULAIP.E. 5J5

même coup, li; Uavail nnisciilaire j)rodiiil la chaleur, forlific le système musculain^ el (end à rctaljjii' les mutations organi(|ues dans un sens normal.

La pratique démontre d'ailleurs rpie Texerrice méthodique agit (1(^ la manière la plus lavorahle; si toutefois on dépasse la mesure, si surtout ou l'orce de malheureux diahéticpies amaigris à suhir de longues marches, ou des exercices fatigants, ou des gymnastiques d'acrobates, il en résulte un véritable danger; ou a vu dans ces cas survenir la moil subite. Kulz et Frerichs citent des catastrophes dues à ces entraînements exagérés que je vois malheureusement pratiquer tous les jours par les diabétiques sur l'injonction formelle du médecin traitant.

Ce qui, en effet, est possible dans certaines conditions anormales, cesse de l'être dans les états graves; il y a même des cas dans lesquels le sucre diabétique s'élimine en plus grande quantité par le travail musculaire exagéré; dans ces circonstances, s'agit-il, comme le croit Zimmer, d'un changement chimique du muscle surmené, ou bien d'une suractivité de la circulation dans le foie? Ce qui est certain, c'est qu'il vaut mieux, tant que l'état du malade le comporte, lui faire brûler le sucre en excès, que de le laisser s'éliminer par les urines.

§ 11. — ItcMUiiié. — Kèarles du fraitcnicn( liy&:it>iiiquc

On ne songera sans doute pas à me savoir mauvais gré de renoncer à la fabrication de cartes antidial)étiques, à la réglementation des trois repas, et on général aux menus culinaires qui, fort à la mode, surtout en Allemagne, y constituent l'objet d'un commerce actif de librairie sous forme de petits papiers. Mais je puis résumer scientifiquement le régime du diabélictue el recommander : 1° les viandes de

5-20 CIIAP. Ml IMS. - Kf;(;iMK KT MUSCUI-ATION IU:.S IH Al!K I InUES.

(ous les aiiiiuaux, lioiiillics uii rùli(3s, la cliiiii- {\{'s poissons (jui t'sl fiasse, cl, ]»ar consé({iienl ulilc, !•; jambon avec le lard non moins utile, les ciiislaccs dont la rliair est trop seclic, les huîtres Iro]) i^élalineuses, li!S œuls, les IVomages vieux; 2° les graisses de toute espèce, le heu ne, li; lard, les sauces sans farine; ^"^ 150 grammes de ])aiii ou de pommes de leire; 4" les racines et les végétaux vei'ts; ;r d'api'ès les expériences de AVoriu-Miiller et de Seegen, le sucre de canne passe plus dans les urines cliez les diabétiques qu'à rétat sain ; peut-être pourra-t-on remplacer ce sucre par un singulier produit né d'hier, qui sucre parfaitement sans être du sucre et sans se brûler; c'est encore un produit de distillation de la houille, c'est la saccharine ; G" le lait, aliment dit complet, et contenant une grande quantité de sucre de lait, n'est pas admissible d'une manière générale; 7" les boissons les plus salutaires sont les liquides vineux, le tlié et le café non sucrés, etc. : j'indiquerai bien encore les boissons alcooliques, si, comme je l'ai observé, les malades tourmentés par la soif ne se livraient pas à de véritables orgies de liqueurs, qui les mènent à l'alcoolisme; 8" parmi les eaux minérales, je ne trouve aucune utilité aux eaux gazeuses qui augmentent la diurèse et le ténesme; l'eau de Yichy est très avantageuse avant les repas, et seulement chez les goutteux qui ne sont ni déchus, ni cardiaques.

Tout ce régime s'applique aussi bien aux diabétiques dont les urines sont chargées de sucre et d'urée, qu'à ceux qui ne présentent que des chiffres raisonnables de glycose avec ou sans urée, en plus, avec ou sans albumine ; la quantité de sucre éliminé ne nous dit pas si la maladie cédera ou non au régime carné et graisseux.

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