‹ Du régime alimentaireChapitre 110 sur 168 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

TIIAITEMENT HYGIKNKKJE MES OMÈSES

L'obésité n'est pas une maladie, e'est une imminence morl»ide; il est des corpulences très marquées, compatibles avec la pUis parfaite santé; la plupart menacent le cœur. Dès les premiers signes de l'invasion de la graisse à la surface ou dans les sillons du cœur, entre ou dans les faisceaux musculaires, la maladie commence et se traduit par lespliénomènes cardiaques. Le premier indice de l'infiltration graisseuse du muscle (myocarde) c'est l'oppression babituelle; elle peut bien tenir en grande partie à la faiblesse musculaire générale qui rend les obèses ou polysarciques incapables de tout eiïort, ou bien encore à la diminution de la force conlraclile des muscles respiratoires, elle tient surtout à la perte de l'énergie du cœur musculaire. Tout ce qui tend donc à diminuer la graisse corporelle relèvera les forces motrices; tout ce qui augmentera la contractilité des muscles de la vie de relation et des muscles de la respiration réveillera en même temps l'action du muscle cardiaque. L'indication fondamentale du traitement de l'obésité est par conséquent dans le système d'amaigrissement. Il consiste principalement dans un régime physiologique, dans la détermination de la quantité et de la nature des boissons, eniin dans l'exercice musculaire.

528 Cil Al». Vlll. — IH;S OllKSKS.

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Tous les pliysiologisles soni (Taccoid <\w la iMlion ik-ccssairc pour couvrii' les délicils rùsiillaiil dr la dé^assiinilation moléculaire qui s'opère sans cesse dans l'organisme, ou bien des déperdilions de cliaJeur (jui se foiil dans loiilcs I(.'s circonstances de la vie. Cette ration se compose de 120 à i35 grammes de matières all)umineuses,provenanl de 250 à 300 grammes de viande privée de graisse el (\c< parties tendineuses; une fraction de cette substance peut être complétée ou remplacée par l'albumine de l'œuf, par le poisson qui est l'analogue de la matière carnée; dans le pain on trouve le gluten (10 p. 100), dans le lait la caséine (4 p. 100), dans les légumineuses, la caséine végétale ou léguminose (15 p. 100); ce sont là des principes azotés susceptibles de parfaire la quantité nécessaire, indispensable d'azote.

Outre les principes azotés, il faut 84 à 100 grammes de matières grasses, qui sont les principaux combustibles de l'économie. Il faut en outre 250 grammes de carbone, c'està-dire 400 à 500 grammes de fécule ou de sucre, sans compter l'eau qui favorise les mutations organiques, puis les éléments minéraux qui entrent dans la composition de tous les liquides, de tous les tissus, et enfin l'oxygène qui est le principe comburant, destiné à revivifier sans cesse les tissus corporels.

Or quels sont les aliments qui produisent l'engraissement et comment le produisent-ils? Quelles sont les conditions physiologiques de la formation, de la destruction ou de Tannexion de la graisse ?

1° Nos grands biologistes, Dumas, Boussingault, Payen, Milne-Edwards, ont admis et prouvé que la graisse corporelle provient de la graisse ingérée; les .expériences de

oniciNK ni: i\ (;raisse corpouelle. 529

Boiissin^aiilt i^uv la nécessité, pour ohlonir rengraissement (le la volaille, (rinti'odiiire la graisse dans la noiirrilmo, semblaienl (It'cisives, loi'S(|ne des objections f,n\aves sN-lcvèrent conti'e cette manièie de voii". — Ebstein cliercha à déniontrei' (jiie la graisse n'est nnll(;m(3nt une substance adipogène, qu'elle ne se dépose pas norm;denient dans les tissus et que la graisse corpoielle n'en provient pas.

Mais les raisons invoquées par Ebstein sont combattues par divers expérimentateurs. L'adaplalion de la graisse peut en effet se faire dans toutes les conditions ; s'il s'agit d'acides gras l'annexion s'en fait bien plus facilement, parce qu'ils se saponifient et pénètrent facilement dans le sang sous forme de savons; les corps gras sont neutres, ils sont absorbés facilement après être moléculairement divisés, c'est-à-dire émulsionnés; mais ils finissent sous cette forme par entrer dans les vaisseaux cbylifères et lymphatiques. Il y a plus ; on avait dit que les organismes divers forment eux-mêmes leur graisse et ne sauraient admettre que des corps analogues; or, il résulte des expériences intéressantes de Lebedef, que la graisse du mouton, qui est spéciale, peut, lorsqu'elle est administrée à un chien, se retrouver intacte dans le sang et les tissus du chien. — Le même physiologiste, J. Munk et F. Iloffman, en instituant sur des animaux des essais d'aâmentation, ont prouvé enfin que la nourriture grasse s'adapte d'une manière certaine au corps de l'animal en observation.

2" AiiMiiiiinatcM. — 11 est aujourd'hui un fait acquis à la science, c'est que nous-mêmes nous fabriquons de la graisse, et que par conséquent elle n'arrive pas préformée dans l'organisme. On ne se serait pas atlendu à voir la graisse se former aux dépens des albuminates et surtout de la chair musculaire venant du dehors ou faisant parlie de notre corps; c'est pourtant ce qui a lieu. Les albuminates, comme

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