‹ Du régime alimentaireChapitre 111 sur 168 · j(» (Il w. Mil - i>i.s onf.shs · texte numérisé non relu

j(» (Il w. Mil - i>i.s onf.shs

on le s;iil depuis les rcclicrclM's de \'(»ïl <;! lN'lli'iik()r''i-^ do S/.ul»oliii, de K('iiiiii('ii( Il (il de IlolViiiaii, se (l(*d(jiil)lt.'iil en ince et cil ^raiss(3 ou en sucic. Nous ne savons pas par quel procédé ce dédouhlcnienl s'opère; il se passe là sans doute des synllièses inconnues (Kossel); mais nous savons par les recherches de Munk el les ohservations d'Ewald qu'en tous les cas hi formation de la Ljiaissedans l'organisme s'y op(jre comme au dchois par la léunion de ses éléments constituants, les acides gras et la glycérine.

D'après cela, un régime qui serait presque exclusivement composé de viandes pourrait mener vite à l'engraissement; associé à une petite quantité de graisses ou à une plus petite quantité de féculents ou de sucre, le régime carné pris d'une manière démesurée serait funeste; — la ration normale étant au minimum de 90 et au maximum de 135 grammes par jour ne produirait rien de semblable; au-dessus de ce chiffre l'engraissement commencerait ; au-dessous de cette ration c'est l'inanition. — Mais le dernier résultat serait aussi inévitable par un usage exclusif de la viande ; le régime azoté le plus massif s'il est seul ne suffit pas pour empêcher à un certain moment la dénutrition générale et en même temps la perte irrémédiable des forces (Voit); sur ces divers points l'opinion est fixée.

3° Hydrocarbures (Féculcs ct Sucrc). — L'orgauisme fabrique du sucre aux dépens des albuminates, mais en petite quantité; un gramme d'albuminates même additionné d'une certaine quantité d'hydrocarbures ne fournit tout au plus qu'un demi-gramme de graisse; mais le moyen le plus efficace pour produire l'engraissement, c'est l'usage des fécules et des sucres; ces hydrocarbures sont bien plus adipogènes que les graisses ; ils sont très facilement résorbés après avoir subi l'action de la diastase salivaire ou du ferment pancréatique ; une fois qu'ils circulent dans et avec le sang, ou bien

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ils se Iji'ùIoiiL rjipi(loiiiciit (mi roniiaiit de l'acide caiboniqiio, ou bien ils se Irjjnsfoniieiit en graisse.

Ce cliauj^^cment partiel en graisse peut se i'aiie d'une faeon directe. Bien cpi'on ignore entièrement la manière dont il s'opère, il ne saurait èti'e contesté. Gliamieski prétend même que pour l'engraissement des oies la meilleure propoition des hydrates de caihone aux principes azotés est de (> à 7 pour une partie d'aibumine, et que les trois quarts de la graisse développée proviennent des fécules ou des sucres. — Avec -2 et demi de sucre, Ilenneberg obtient le même résultat qu'avec une partie de graisse et de sucre. Si donc au régime azoté suflisant pour l'entretien on ajoute des hydrocarbures, on peut reconnaître leur propriété de se métamorpîioser pour former la graisse. L'expérience journalière le démontre pour les herbivores; elle peut môme être tentée sur les carnivores; avec un peu d'albuminates et beaucoup d'hydrocarbures on peut produire un certain degré d'engraissement. L'expérience a été faite sur les chiens. La chimie peut expliquer ces formations dans un liquide alcalin. Les hydrates de carbone peuvent donner lieu à l'acide lactique, et celui-ci aux acides gras.

Ces deux fonctions, combustibilité des hydrocarbures et métamorphose en graisse, ne sont pas les seules qui soient dévolues aux corps hydrocarbures. — Ils ont une propriété des plus remarquables, c'est de préserver en usant ellesmêmes l'oxygène pour leur combustion, les albuminates de la destruction moléculaire; les albuminates ainsi protégés par ces hydrocarbures sont en moyenne de {) pour 100 (Voïl). L'économie chez un chien de 35 kilos peut être de 109 grammes de chair musculaire par jour. La graisse a aussi le même privilège, mais à un degré beaucoup moins marqué. Ce pouvoir de modérei' Tubure des idbuminat(^s une fois reconnu, on s'est demandé si ces matières albumineuses

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soiil inaiiili'ii;»!!! moins ;ij»lcs à se dcdouhh'r en wyrr cl ni graisso; dans ce cas Loiil s'cxj)liqun, et il sera iiiulilc d'invoquer la liansfoniialion directe (les liydro('arl)ines('n p:raisses; celle-ci ne serait i[\u) le résnllal du dcdouMeiuent, mais une pareille opération ne fournil jamais cpTuiic (juantilé modérée de graisse ; Peltenkolcr cl Voïl , (jiii oui (li'uioiil i*' ce mode de production de la gi'aisse, sont singulirrcuiciit d('passés |)ar Soxlilcl, .Munk et Strohmer. Sur les pores, Scliult/, et Cliamieski sur les oies, ont démonhi' la ])i()(liiriion directe de la graisse sous l'influence d'un excès d'hydrocarbure. Au résumé la graisse corporelle provient de trois sources :

1° De la graisse (|ui se transforme difficilement en graisse;

2° Des albuminates ingérés qui se dédoublent en graisse et produits azotés ;

8" Des hydrocarbures qui se décomposent facilement et fournissent directement de la graisse. — Ajoutons que les graisses comme les hydrocarbures sont des moyens d'épargne des albuminates qui cessent de se détruire et de fournir par le dédoublement la même quantité d'urée et de graisse qu'à l'état normal. Une remarque importante pour finir ces développements : Rubner a constaté qu'au point de vue dynamique et en tant que calorigènes, 100 grammes de graisse équivalent ta 21 1 grammes d'albuminates secs, et à 240 de fécule ; d'où l'on peut conclure que si la graisse ne fournit pas autant de graisse que les deux autres espèces chimiques, elle conserve bien mieux les forces et la calorification.

§ -. — Coniment on devient obèse Conditions individuelles. — nérédité. Ou dcvieut obèse

par deux sortes de causes, les unes insaisissables et difficiles à modifier, les autres d'ordre biologique ou physico-chi-

CAUSES DE L'UHÉSITÉ. 533

iiii([ue. La connaissance des lois de nutrition, ([ui président au développement ou à la destruction de la graisse corporelle ne sul'lit pas pour tout ('X[)li(pier; car en dehors des iniluences extérieures et du genre de nourriture on est tenu de reconnaître [)oui' un grand nombre de cas, une disposition, surtout une [)rédisposilion héréditaire, ({uc nous ne ])Ouvons pas prévoir, et qui résiste le plus souvent au traitement régulier. Sous les mêmes iniluences, avec des conditions idenli([ucs de la vie et de la nutrition, beaucoup deviennent obèses, les autres restent maigres. — La propension à l'embonpoint est transmise par hérédité, elle est innée, et se manifeste même parfois dès les premières années de la vie. 11 est incontestable qu'on retrouve souvent l'obésité chez les parents et les ascendants du deuxième degré, et même dans toute la famille. Bouchard dit que sur cent cas il a trouvé quarante-six fois la transmission. Chambers, sur trente-huit cas d'obésité, a constaté dans vingt-deux cas la descendance directe, cinq fois celle collatérale. Roloff a noté cette tendance à l'engraissement dans certaines races porcines, lorsque surtout elle est aidée par le repos et par une nourriture d*engraissement !

Age et sexe. — Sans parler des |)olysarcies congénitales chez des enfants de quelques jours (Forster), de trois mois (\Vulf) ou de celles qui se manifestent plus tard, à douze à quinze mois (Grisolle), à cinq ans (llillairel), on observe souvent l'obésité pendant la dernière période de la croissance de (piinze à vingl-riii(| ans et le maximum porte sur l'âge de quarante ans environ (Immermanu). — Si les femmes y sont plus exposées que les lionimcs, il y a à cela trois raisons : la vie sédentaire, la tendance à Tanémie et riulluence sexuelle. Les troubles menstruels, la stérilité et fàge de retour sont des conditions d'engraissement bien connues; l'anémie vient s'y ajouter et l'absence de mouvements cor-

W2\ nui», viii i»r:s oiuisr.s.

jion'ls coinplrlc 1.1 ^ri'n' i\v<. causes (l'cngroisscmonl, nous verrons conniicnl.

Mais (l'orcs et (l(''jà nous pouvons dire que si Tcnihonpoinl frappe les lionimes, il y a (faulres causes à invo(juci-, à savoii- : les iiilliiences psychiques, les prrocciipalioris ou bien ufic alinieiilalion excessive cl Tahus {\i'^ hoissons alcooliipies, destinées d'après l'opinion du lnivcui' à soiilcnii" les forcfis.

CundilioiiM oxtôrioiireM ou iiccidoiitt'Ilt'N. ( )li \()lt d apl'ès

cela que les prédispositions individuelles ont prescpie t(nijours pour auxiliaires les conditions tangibles de la vie extérieure. Ebstein les considère comme indispensables, mais Bouchard les annihile d'un trait par un calcul pour cent, en nous montrant que sur cent individus cinquante usaient d'un régime régulier, quarante seulement prenaient trop d'aliments et surtout des féculents, et dix d'entre eux se nourrissaient môme d'une manière insuffisante. — L'influence du mouvement est égalementcontestée par Bouchard, car sur cent obèses il compte trenle-cinq menant une vie régulière au point de vue de l'exercice, vingt-huit dépassaient la mesure et trente-sept étaient adonnés à la vie sédentaire professionnelle ou voulue.

D'après ces chiffres fictivement montés à cent, la nourriture et l'activité physique seraient sans influence aucune; mais Ebstein démontre que, môme dans ces cas douteux, un régime rationnel et l'exercice musculaire suffisent pour amener de grands changements dans l'état du malade, même lorsqu'il a une prédisposition soit héréditaire, soit acquise ; je partage complètement l'opinion d'Ebstein, et, pour résumer mon opinion, je dirai comme le vulgaire ; on ne risque rien à entreprendre la cure d'amaigrissement même dans ces conditions qui paraissent réfractaires, et le résultat m'a toujours paru favorable.

Au milieu de ces causes il en est une d'ordre patholo-

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gique, qui est des plus importantes ; on sait généralement ([lie l'obésité n'altoiiit qiK^ les pléthoriques à l'ace rouj-e, à tendance congestive ; l'anéniie, quelle qu'en soit la cause spéciale, favorise l'engraissement; celle qui succède aux saignées constitue une ibrte prédisposition; ceci résulte des expériences de Vulpian et Decliarnhre. Après les grandes liémorragies utérines, surtout chez les femmes qui sont arrivées à l'âge de retour ou qui ont perdu leur sang par suite de tumeurs fibreuses de l'utérus, l'embonpoint se dévelo[)pe facilement, en un mot les anémies sont, bien plus que la pléthore, la cause d'engraissement. On explique ces faits par la diminution des globules du sang et surtout de Thémoglobine qu'ils contiennent ; les oxydations et par conséquent celles de la graisse se trouvent amoindries.

Une autre cause bien autrement grave, trop souvent évidente, c'est l'alcoolisme; l'alcool est un poison stéatogène qui favorise le développement de la graisse dans les organes, et leur transformation en tissu fibro-graisseux, c'est un fait reconnu pour le cœur, les artères, les muscles, le foie et les reins. — Ce sont là avec certaines influences climatériques des causes tangibles qu'il ne faut jamais négliger dans le traitement de l'obésité.

Enfin on a invoqué la parenté de l'obésité avec la goutte en accordant à cet embonpoint arthritique une grande bénignité. Gomme les conditions physico-chimiques qui favorisent le développement de l'obésilé et de la goutte, à savoir fexcès d'alimentation et surtout azotée-féculente, l'abus de l'alcool et Tabsence de mouvements, présentent une grande analogie dans les deux cas et marchent souvent de pair, elles doivent amener le double résultat sur le même individu ou une alternance de ces deux états morbides sur divers membres de la famille si elle est soumise à une hygiène identique. Il est malheui'cuscment vrai aussi que l'altinité

53(5 CHAI'. Mil l'.IS. — HKC.IMi; DKS Or.CSKS.

,l,.v ,l,.|i\ iii;il;i(li('s .ilioiilil s(tii\t'iilà r.ilh'iiil ioii grave du

cœur<'l (les Milèrcs, c'est-à-<lii''' à mi df'sasli-c.

S !]. — llcM locnliMiilioiiM <l4> la ;;rtiiMNt' dniiM l;i iicaii, «laiiN I al»(loiii4'ii vt (laiiM le «Mi'iir

Oulro les prédispositions individuelles, il existe une aptitude spéeiale de certains tissus à suhir riidillration j^raisseuse. Chez l'honime sain, même le plus uiai<;ie, le tissu cellulaire (jui se trouve partout ronlient toujours des traces de graisse. Dans rài^e adulte, elle représente 5 pour 100 du poids total, G i)Our 100 chez la femme (Béclard, Quesnay, lioueliard), c'est-à-dire 2 à 3 kilogrammes de graisse sur 05 kilogrammes. Chaque cellule connective peut se transformer en cellule graisseuse; mais la répartition de ces éléments adipeux est très inégale; les accumulations se font dans certaines régions, particulièrement dans le tissu souscutané de l'abdomen, des reins, de la poitrine, puis dans la toile péritonéale qui couvre les organes abdominaux, sous le péritoine lui-même; un des amas les plus fréquents se fait dans les muscles, particulièrement dans le muscle du cœur (Unna). Jl faut y ajouter le foie, qui contient toujours des éléments gras; lorsque l'obésité se prononce, c'est dans ces mêmes organes et tissus, naturellement imprégnés de graisse, que se trouve le maximum d'adiposité; le nombre des cellules connectives qui se transforment en cellules adipeuses va alors en augmentant; puis le contenu gras devient huileux, se réunit en gouttelettes; dans tous les organismes, il renferme plus ou moins de palmitine, d'oléine et de stéarine. La couche sous-tégumentaire peut ainsi acquérir une épaisseur de plusieurs centimètres; il en est de même du péritoine qui peut arriver à peser iO livres (Boerhaave); mais le fait dominant, c'est la surcharge grais-

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scusc du cœur (jui ue s'ariùlc jamais à la suiface de Torgauc; la j'raisse pénètre toujours dans les sillons (jui séparent ses cavités et dans la pointe du ventricule dioit. A un degré plus niarcpié, ces infillialiuns gagnent le ventricule gauche; dès lors il y a un véritable danger, Icniyocaide s'atrophie sous la graisse, les tract us inler-niusculaires sont envahis, les fibrilles musculaires elles-niônies sont dénaturées; il y a alors combinaison de rinliltralion et de la transformation graisseuse; voilà le péiil pour l'obèse.

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