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lue, (lu moins en delioi's d'une diminution originelle de résistance du filtre rénal. C'est cette interprétation que I.eube a donnée à ces albuminuries physioloçjiques qui apparaissent chez les sujets absolument sains à la suite d'une marche prolongée ou d'un repas copieux. Il est généralement admis que des excès de table, des repas copieux peuvent être suivis d'une albuminurie passagère. Mais de tous les aliments azotés considérés à ce point de vue, le blanc d'œuf est celui qui a été le mieux étudié. Le blanc d'œuf, d'après les analyses de A. Gautier, contient un mélange d'albumines parmi lesquelles on sait exister la globuline et la paraglobuline. C'est surtout cette dernière que l'on rencontre dans les urines des albuminuriques au début de leur affection et c'est elle qui disparaît la première sous l'influence du traitement. L'observation clinique tend jusqu'ici à faire croire que les globulines urinaires sont liées à une albuminurie transitoire, qu'elles représentent des albumines dont l'organisme se débarrasse comme étant inassimilables. C'est la globuline qui apparaît dans les urines des chiens dans les veines desquels on a injecté du blanc d'œuf; rien d'étonnant à cela puisque cette albumine a pénétré dans la circulation sans être peptonisée. Mais d'après des expériences de Tégart, de Brown-Séquard, de Becquerel, de Claude Bernard, de Stockvis, l'albumine de l'œuf passerait on partie dans les urines, après avoir été introduite en grande quantité dans l'estomac. L'explication de ce fait, d'après Stockvis, serait que l'albumine non coagulée préalablement par la chaleur serait résorbée en nature, tandis que l'ingestion de l'albumine cuite, même à doses considérables, ne donnerait pas lieu à l'albuminurie. A côté de ces faits positifs, il faut citer les expériences contradictoires.
Or, dans leurs recherches, les physiologistes Pettenkofer et Voit n'ont jamais observé l'albuminurie après une ali-
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inciihilioM l'iclicmonl a/.otéc; toulc la viande in^^crée est peptoiiisùc et al)sorl)éc pour èlr<', iililiséc sans pertes par l'organisnie. Un ('liicn du poids de Sy> kilo^i'ainrnes manji;ea 2G00 i^rainmes de viande en vin<^l-([natre heures, sans qu'on pût constater la moindre trace d'albumine dans Fuiine (Voïl), et cependant l'animal avait absorbé près de six fois autant d'albumine sèche qu'en contenait son plasma. (Krlel, de son côté, a répété récemment les expériences sur rinj^^eslion du blanc d'œuf. Il fit administrer par l'estomac à un chien, pesant seulement 7'^,500, l'albumine de vingt œufs en vingt-quatre heures, etjamais dans les diversesexpériences il ne constata la présence de l'albumine dans l'urine du chien.
Un de ses malades, atteint d'affection cardiaque sans albuminurie, consentit à prendre par jour pendant douze jours, outre 350 grammes de viande, 190 grammes de pain et 200 grammes environ de légumes, un chiffre total de soixantedouze œufs crus contenant 4G0 grammes d'albumine sèche, sans que l'urine de ce malade montrât aucune trace d'albumine. Même résultat négatif chez un malade qui absorba par jour une moyenne de six œufs à la coque. La théorie de l'albuminurie alimentaire est donc fortement battue en brèche par ces expériences et l'on n'a pas démontré que l'albuminurie qui survient après une nourriture richement azotée tient à ce régime et non à quelque autre cause comme la perméabilité native des membranes sécrétantes.
Au contraire, dès que l'albuminurie, en tant que symptôme d'une affection rénale, existe, l'alimentation richement azotée exerce une influence déplorable, qui est d'autant plus fâcheuse que l'on s'adresse aux viandes noires, aux aliments épicés et aux œufs. L'albuminurie fait des progrès rapides, l'urine baisse en quantité et les malades ne tardent pas à éprouver au bout d'un certain temps de ce régime des
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troubles dyspeptiques et mcnic (piehiucs symptômes de nature urcmicpie. Un seul aliment paraît jus([u*à présent lutter avanta^^eusement contre l'aUjuminurie et les lésions rénales. Quelles que soient les théories émises pour expliquer son heureuse influence, le lait reste bien acquis. A la suite de son emploi, la diurèse au^^mente, l'albumine excrétée diminue en même temps que les principes fixes, l'urée notamment, augmentent; les liydroi)isies disparaissent; enfin le malade n'est plus incommodé par les troubles qui sont pour lui une menace d'urémie. Mais pour bénéficier de ces immenses avantages le lail doit être prescrit d'une certaine façon qui permette son usage exclusif et en même temps il faut que ce régime absolu soit toléré.
§ 2. — Dti l'cgimo lacté dans lo traitement liyg;icnique de 1 albuminurie
Examinons d'abord dans quelles conditions le régime lacté absolu est indiqué. C'est lorsque le malade présente les symptômes comnmns du mal de Bright. Dans les albuminuries légères liées à certains états morbides qui priment ce symptôme, comme dans les maladies inflammatoires, c'est la maladie principale qui fournit l'indication primordiale, et l'albuminurie est un accident destiné en général à disparaître pendant la convalescence. On sait d'ailleurs quelle place importante le lait occupe comme ressource alimentaire dans la plupart des maladies aiguës; l'albuminurie intercurrente bénéficie dans ces cas de l'emploi du lait dont l'usage exclusif n'est pas alors commandé. 11 n'en est plus de même lorsque le malade se présente à l'observation avec les symptômes du mal de Bright. Le régime doit être d'autant plus rigoureux que l'on a affaire avec une néphrite à marche plus rapide et que l'influence compensatrice du cœur se fait
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moins sciilir. L(' n'^iinn laclé absolu csl (raill(Mirs iiidicjiK* an (l(''l)ul (lu LraiLcnii'iil do loiil maladie allciiil d'albuminurie dont la nalnrc briglili([U(3 est soupçonnée. Non seulement le malade est amélioré sous son influence, s'il n'est i)as {^uéri, mais encore les résultais de la diète ri|i^oureuse peuvent donner des indications à la l'ois diagnostiques, pronostiques et tliérapeutiques. La diète lacl<îe est du reste pailailement suflisante pour réparer les pertes de l'organisme; l'observation indique que les malades peuvent supporter pendant un ou plusieurs mois sans en souffrir une nourriture lactée exclusive. Trois à quatre litres de lait par jour répondent à tous les besoins de l'organisme. La ration d'entretien est en cflet, d'après Pettenkofer et Voit, au plus de 137 grammes d'albumine sèche, de 117 grammes de graisse, de 352 grammes d'hydrates de carbone; or, 4- litres de lait renferment 216 grammes d'albumine et de caséine, 172 grammes de beurre et 161 grammes de sucre de lait. Si les hydrates de carbone sont en quantité insuffisante, la proportion dans la ration physiologique d'entretien se trouve rétablie par le surplus des corps hydrocarbonés (graisses). Le lait est d'ailleurs la seule nourriture des nouveau-nés qui suffit exclusivement à leur développement; si l'adulte a besoin d'une plus grande quantité de corps ternaires, c'est qu'il en consomme davantage pour l'entretien de la chaleur et des forces qu'ils dépense. De plus, le lait renferme en dissolution des sels nécessaires à fentretien de la bonne nutrition des tissus, parmi lesquels il faut citer : les chlorures et les phosphates. D'autres sels paraissent donner au lait certaines propriétés diurétiques, mais le fait est douteux et on peut rapporter en grande partie l'accroissement delà diurèse à la seule quantité d'eau ingérée sous forme de lait.
Le malade soumis à la diète lactée exclusive peut débuter dans sa cure par la brusque suppression des autres aliments,
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si la tolérance de son estomac le permet; dans le cas contraire, la suppression doit être ^^raduelle et le patient doit ingérer, à des int(3rvalles sullisaniment espacés, un demiverre à un verre de lait. Celui-ci doit être pris aussi rapproché de la traite (pie possible, non bouilli, à la température ordinaire et en nature, sans addition de sel ni de sucre. Peu à peu le malade supprime les autres alimenls qu'il remplace par du lait. Les doses doivent être petites, mais nombreuses; le mieux est de prendre une tasse toutes les heures ou une plus grande quantité à des intervalles un peu plus éloignés. La fragmentation des doses est nécessaire pour que l'accoutumance puisse s'établii*. De hautes doses provoqueraient infailliblement chez certains malades un dégoût qui s'opposerait au succès du traitement, et des troubles digestifs qui contribueraient à rebuter le malade. Ce n'est que lorsque le lait n'est pas supporté qu'il provoque la diarrhée. Une fois l'accoutumance élablie, le malade peut absorber 3 à 4 litres de lait par jour sar,s autre inconvénient qu'une constipation assez opiniâtre, témoin de cette accoutumance, et qu'une sorte d'enduit saburral qui donne à la bouche un goût désagréable mais qui n'indique pas un élat pathologique de l'eslomac. La conslipalion doit être combattue par des moyens appropriés suivant les cas, par des lavements laxatifs, de Tliuilo de ricin, de la rhubarbe; dans les cas extrêmes, on peut permettre l'usage des pruneaux et des pommes cuites.
p]n général on ne constate jamais une augmentation du poids du corps sous rinduence de ce régime; on observe plutôt une diminution qui persiste jusqu'à la lin du traitement, surtout chez les personnes obèses. Le fait le plus frappant est l'augmentation de la sécrétion urinaire; le malade dont les urines atteignaient avant le traitement un chiffre souvent fort au-dessous de la normale devient polyurique,
-10 CIIM». \ i;iS. — Tr.AITKMI.NT llVClflNlQUK DKS AIJ5i:MINUF\IQl!KS.
cl cclt(3 polynrie coïncide avc(' la clisparilion des liydropisics. L'urine esl limpide, abondante, claire, et preiid nii rellet jaillit' vcrdàtre cpii permet, sans aiilr(i renseignement, à un œil exercé de reconnaître une urine lactée. La densité, cela va de soi, diminue proportionnellement à la (piantité éliminée; la réaction est moins acide. L'analyse démontre une diminution graduelle et journalière de l'albumine en même temps que l'élévation pi'ogressive du cliilTre de l'urée et des sels. Jaccoud recommande de doser l'albumine de l'urine du jour et de la nuit, c'est-à-dire de faire porter l'analyse sur les urines mélangées des vingt-quatre heures. Un des effets de la suspension du lait pendant la nuit est de diminuer la quantité des urines nocturnes qui se montrent de nouveau albumineuses. Il se passe ici le phénomène inverse observé dans le diabète d'intensité moyenne, où l'on voit le sucre diminuer ou disparaître dans l'urine de la nuit, simplement parce que le malade n'a rien consommé pendant la nuit. Rien ne montre donc mieux que ce fait l'action curative du lait sur le symptôme albuminurie, et ce qui prouve bien encore que c'est au lait que le malade doit cet avantage, c'est que l'albumine reparaît en plus grande quantité dès qu'il ajoute à son régime lacté d'autres aliments. C'est pourquoi Jaccoud a récemment recommandé de tenir constamment la sécrétion urinaire sous l'influence du lait, et, dans ce but, le malade doit profiter des interruptions éventuelles de son sommeil pour absorber de nouvelles doses de lait.
La durée du traitement par la diète lactée rigoureuse varie selon les cas. Il est difficile de fixer un chiffre même approximatif, car c'est principalement le résultat produit qui doit servir de base dans l'estimation de cette durée. Les choses se passent différemment selon qu'il s'agit d'une néphrite aiguë ou d'une néphrite chronique. Si le traitement