‹ Du régime alimentaireChapitre 21 sur 168 · OPÉRATIONS CHIMIQUES DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS CHIMIQUES DE LA DIGESTION

j)réscnco d'un li(|uidc alcalin. Kn clÏL't, quand incin<' la fécule est ingerce en grande quantité, on ne trouve dans rcstomac tout au i)lus que des traces de sucre, tandis qu'il abonde dans l'intestin, si bien qu'on doit conclure de là, que l'amidon, surtout la fécule ou la dextrine, ne subit sa transformation saccharine que dans la cavité intestinale.

Ces divers arguments sont très plausibles, mais réclament quelques explications. Il est parfaitement vrai quant au premier point, que si la transformation de la fécule n'exige pas une réaction alcaline, du moins elle réclame une acidité très faible; ainsi dans un liquide acidillé à un demi-millième, c'est-à-dire un litre de liquide contenant un demi-gramme d'acide chlorhydrique, qui est l'acide de l'estomac, la saccharification est encore possible; avec 1 gramme sur 1000, elle s'arrête. — Chez l'homme, au début du repas, quand l'acide n'est pas encore considérable, la métamorphose de la substance féculente peut encore avoir lieu; mais il est probable qu'elle s'arrête à la formation de Térythro-dextrine, et ne va pas jusqu'à faire de l'achroodextrine et du sucre. Oi", il est démontré que, à une période plus avancée de la digestion, quand bien même la salive aJflue en quantité, le suc gastrique devenu très acide empêche et neutralise l'aclion du liquide buccal.

La deuxième question est aussi bien prouvée; on ne trouve presque jamais de sucre dans l'estomac, mais on peut supposer que le sucre qui s'y développe subit immédiatement la fermentation lactique. Or, ce n'est là qu'une hypothèse, car si on mêle à la nourriture du chien une certaine quantité de sucre, on le retrouve intact.

En résumé, l'action de la salive sur la digestion est infiniment moindre qu'on ne pouvait le croire au premier abord; son rôle buccal est l'imbibilion de la masse alimentaire pendant la mastication ; son rôle digestif dans l'estomac est limité.

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Toiilo la (li^qcslion stomacale csl due à raction du suc gaslri({ue, si bien que si on peut hi recueillir chez les animaux par un procédé expérimenlal, ou sur Flioniine par un moyen artificiel, on parvient à l'aide de ce suc, à opérer la digestion dans un vase inerte aussi bien que dans la cavité stomacale.

Historique du suc gastrique naturel. — Digestions artificielles, — Notre grand naturaliste Réaumur, fut le premier qui démontï'a la dissolution chimique des aliments dans l'estomac. Il introduisit dans l'estomac; des oiseaux de proie, de la nourriture à l'aide de sondes qui étaient ordinairement rejetées au bout de vingt-quatre heures, et il reconnut la dissociation complète des aliments. Spallanzani, le célèbre expérimentateur italien fut le premier qui retira le suc gastrique lui-même à l'aide d'épongés qui, introduites dans l'estomac d'un oiseau, déterminèrent, par leur contact avec la muqueuse stomacale, la sécrétion du liquide gastrique; c'est ce liquide qui servit à faire des digestions artificielles. Wassmann et Schwann imitant ce procédé, reproduisirent l'acte digestif avec un constant succès. Ils démontrèrent l'existence dans l'estomac d'une matière organique qui a le pouvoir spécial de dissoudre les albuminates; c'est la pepsine, qui n'exige d'autre condition pour agir, qu'un milieu présentant un degré déterminé d'acidité. Il est facile de prouver que ce n'est pas l'acide seul qui opère en pareille circonstance. Qu'on compare en effet l'action des deux liquides suivants : Préparez la couche glandulaire fermen» tifère de la muqueuse de l'estomac d'un animal herbivore à jeun ou en digestion ; faites macérer cette membrane dans une solution faible d'acide chlorhydrique (1 gr. p. 1000 d'eau);

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elle produira sur les alhuiuinatcs les ineines transforiiiations eliiiniqucs que le suc gastrique, extrait directeluent de rcstomac à l'aide des éponges; prenez ensuite le même liquide chlorliydrique au millième, et mettez-le en contact avec la fibrine musculaire ; vous verrez dans la première préparation la fibrine se dissoudre en dix minutes ; dans le deuxième liquide qui ne contient que de l'acide, la fibrine ne fait que se boursoufler, mais sans se dissocier, sans se dissoudre même à la longue si la température extérieure est fraîcbe. — Au lieu de fibrine on peut employer le blanc d'œuf cuit et durci; il restera parfaitement intact dans l'acide, tandis qu'il se liquéfie et se dissout complètement, quoi({ue plus lentement que la fibrine, dans le suc de la membrane stomacale. Une exception paraît devoir être établie pour la viande crue, qui se dissout dans l'un et l'autre liquide ; mais cette anomalie s'explique facilement; le muscle lui-même, c'est-à-dire la chair crue contient de la pepsine, ou du moins un corps qui se comporte comme elle.

Suc gastrique de Vhomme. — Chez l'homme on a pu recueillir le suc gastrique par des fistules résultant de blessures ; on l'obtient facilement en introduisant par une sonde des petites éponges à diverses heures de la digestion, ou à l'aide de la pompe stomacale munie d'une sonde molle.

Au commencement du siècle, un médecin viennois, Ilelm, retira le suc gastrique chez une femme portant une plaie fistuleuse qu'on put dilater impunément, de manière à permettre l'introduction des aliments et de petites éponges destinées à extraire le suc gastrique. En 1828, un chasseur canadien, blessé par un coup de fusil, conserva longtemps une fistule stomacale; le docteur Beaumont lit sur cet homme les expériences les plus intéressantes; il en retira le suc gastrique, et les alimeuls aux diverses périodes de la digestion; il parvint même à constater la durée du séjour de

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clia([ii(' aliiiHMit dans la cavih' sloiiiacalo, et riiil jxiuvoir ainsi (Haldir inu} séi'ic de di^vslihililés ; il étudia enfin les nionvenients de l'estomac et leurs rappoils avec la masse aliiiiiMilairc.

Bien des exemples de ces listules traumatiques ont été observées depuis ce temps par les pliysiolof,nstes, elles chirurgiens sont souvent obligés d'établir ces listules, quand le conduit alimentaire, c'est-à-dire l'œsophage, se trouve rétréci par une tumeur, par une cicatrice, par le cancer. — Dans toutes ces conditions on a pu, avec le suc gastrique, pratiquer les digestions artificielles (Kretschy).

Le meilleur procédé pour obtenir le suc de l'estomac, c'est de pratiquer une fistule artificielle chez le chien; un médecin russe appelé Bassow, d'après les indications bibliographiques de notre célèbre et regretté physiologiste II. Milne Edwards, est le premJer qui soit parvenu à établir ce trajet fistuieux; plus tard les physiologistes, et surtout Blondlot (de Nancy) ont pu faire vivre pendant de longues années les chiens fistuieux, et observer sur eux les phénomènes de la digestion.

Suc gastrique artificiel. — Un progrès important fut marqué lorsqu'on prépara un suc gastrique artificiel, en l'extrayant des fragments de muqueuse stomacale du porc, en les traitant par un mélange d'environ un gramme d'acide chlorhydrique concentré et un litre d'eau; Brucke perfectionna ce procédé et obtint une solution pure de pepsine. Le même but peut être atteint si on racle la couche superficielle de la muqueuse pour en soumettre les parcelles, pendant quelques heures, à l'action de l'acide chlorhydrique. La glycérine est plus apte encore à extraire la pepsine de la muqueuse de l'estomac (Wittich) et à produire un suc artificiel qui, dans certaines conditions déterminées de température, reproduit toutes les phases de la digestion pendant la vie.

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