‹ Du régime alimentaireChapitre 22 sur 168 · OPÉRATIONS CHIMIQUES DE LA DIGESTION GASTIIIQUE. TJ · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS CHIMIQUES DE LA DIGESTION GASTIIIQUE. TJ

^ J. — De la pc|iMiiio

La pepsine, ferment, — La pepsine, depuis l'cpo({uc de sa découverte, a été considérée comme un ferment, c'està-dire comme un corps susceptible de produire une décomposition toujours croissante, de se renouveler sans cesse, et en dernier lieu, d'agir sous le plus petit volume sur les quantités indéfinies d'autres substances, sans subir lui-même la moindre altération cbimique. La pepsine a-t-elle ces propriétés?

Tout d'abord, contrairement à la croyance ancienne, elle ne se multiplie ni ne se refait à nouveau. Il est facile de le prouver, d'après Brucke. On introduit de la fibrine du sang dans un liquide digestif artificiel; ({uand elle est digérée, on môle une petite quantité de solution chlorliydrique au millième avec une petite portion du premier liquide, la fibrine s'y digère encore; on peut répéter cette opération trois fois avec les mêmes liquides, et obtenir le même effet; mais si on continue, la fibrine ne se digère plus que lentement, et exige maintenant autant d'iieures pour se dissoudre, qu'il fallait de minutes dans les premiers essais. Finalement le liquide digestif ne se comporte plus que comme une dilution chlorliydrique, et ne parvient plus qu'à boursoufler la fibrine. Un pareil fait est incompatible avec l'idée que la pepsine se multiplie pendant et par l'acte digestif. Dans le cours des premières divisions, la pepsine est restée la môme, jusqu'à ce (ju'à la longue la dilution extrême la rendît impuissante.

Dans cette circonstance ne peut-on pas invoquer, au lieu de la dilution excessive, l'usure de la pej)sine pendant et par la digestion? La réponse est facile : Briïcke a prouvé (|ue les plus petites quantités de pepsine dissolvent aussi bien et aussi vite de gros fragments ({ue les plus minimes parcelles

80 Cil Al». 1. — DIGKSTION.

(Ir liluiiic. Si l;i popsinc ctail amoiiKlric, la digoslioii (h; la lihiinc massive aurait du, ou l)if ii cnliaîiier un délai plus loii|;, ou une di^^eslion plus iin])arfaile.

On peut conclure : 1° la pepsine n'est pas usée par l'acte digestif; 2° elle ne s'accroît pas i)endant la dij>estion ; 3° une très faible quantité de pepsine suflit poui* faire évoluer toute la fonction digeslive; mais, pour la faciliter, la pepsine doit dépasser le minimum; sinon toute l'opération se ralentit d'une manière très marquée.

La pepsine albuminate (?). — Au point de vue fonctionnel, la pepsine se rapproche des ferments ; au point de vue cliimique elle ressemble, dit-on, à un albuminate. On la considérait comme une substance lâche, prête à se dissocier, et qui entraîne dans sa décomposition tous les autres albuminates en les dissolvant. Mais elle ne ressemble en rien à ces corps azotés qu'elle transforme, elle reste lon£>temps intacte, à l'état sec ou en solution; elle résiste même sous les moisissures.

La cause de la confusion est celle-ci : la pepsine se précipite avec les matières albumineuses en voie de digestion dans le suc gastrique artificiel ; de là l'identification de la pepsine avec les composés albumineux qu'elle entraîne. Elle peut même s'attacher à des corps étrangers solides, et le suc digestif le plus efficace traité par la poudre de charbon devient absolument inefficace par la filtration, par suite de la séparation de la pepsine; c'est une des belles expériences de Brûcke, qui démontre même qu'on peut ainsi détacher la pepsine des albuminates qui sont moins adhérents au charbon ; le phosphate de chaux peut également servir à l'isolement de la pepsine; il en est de même de la cholestérine, qui constitue, comme le phosphate calcaire, une sorte d'épongé à laquelle la pepsine s'attache solidement. Ainsi obtenue, la solution pepsique est d'une grande effica-

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cité; qucl({ues {gouttes rriôlées à 5 centimètres cubes d'eau acidiil('e suifisent pour digérer les IVagmcnts de libiine en une heure. iMais il est à noter précisément que ce liquide, à peu près aussi puissant qu'aucun autre, ne présente plus les réactions ordinaires des albuminates; c'est tout au plus si on peut le précipiter comme les matières albumineuses par l'acétate de plomb; on ne peut môme plus en troubler la solution par le chlorure de platine (KrassilnikofT).

Au résumé, la pepsine n'a pas les propriétés des albuminates ; elle n'est pas non plus un ferment, car elle ne se multiplie pas et ne s'use pas par l'acte digestif; il est donc à supposer que celle qui n'a pas servi se trouve résorbée ; mais comme le sang et les liquides intestinaux qui la reçoivent présentent une réaction alcaline, la pepsine perd ses qualités acides, qui sont absolument indispensables, comme nous allons le démontrer; la nécessité de l'acidité pour la digestion est telle, que sans la présence du sang qui est alcalin dans les vaisseaux de la muqueuse stomacale, l'estomac finirait par se digérer lui-même; la pepsine acidifiée est protégée par le sang qui y circule sans cesse; si, comme dans les ulcères de l'estomac, les parois des vaisseaux sont détruites, ou si les vaisseaux sont oblitérés par une embolie, si, en un mot, la circulalion est enrayée en un point déterminé, c'est là que se fera l'autodigestion et la destruction de la muqueuse. (Toute celte discussion appartient à Briicke.)

§ 4. — Dos acides de l'cstouiac

La pepsine sans acide est impuissante, et l'acide sans la pepsine est encore plus inefficace pour accomplir une digestion véritable; il ne se produit, dans le premier cas, qu'une décomposition, dans le deuxième cas, qu'un sim[)le bour-

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