DIGESTIBILITÉ JUGÉE PAR LK SÉJOUR DES ALIMENTS
Iieiires cl plus, d'après Ihiicko. D'une autre part, Scliniidl- Mulillicim a précisé le tcm[)S que rostomac emploie à son travail; après six heures, la quantil(i d'albuniinatcs qui restent intacts constitue environ un tiers de la masse alimentaire; après neuf heures, il reste la huitième partie inaltérée; l'opération ne finit qu'au bout de douze heures.
Les produits de la digestion ont été examinés dans leur texture, et soumis à l'analyse chimique. Entre la première cl la neuvième heure, une heure après l'ingestion des aliments, cet habile expérimentateur trouva 5,34 pour 100 d'albumine dissoute, deux heures après 5,44, et à la neuvième heure seulement 5. Dans ces albuminates dissous, la peptone est presque invariable entre 3 et 3,0. Il résulte de là que les produits de la digestion se Ibrment sans cesse dans l'estomac, et en sont éliminés sans pouvoir s'y accumuler; puis, si on continue les recherches, on voit qu'une partie de ces produits pénètre dans l'intestin où ils sont résorbés.
La résorption des peptones dans l'estomac est douteuse. Celle des graisses commence à être admise partiellement, depuis qu'on a démontré, dans l'épi thélium de l'estomac, l'existence de cils vibratilcs qui l'ont progresser les gouttelettes de graisse dans la muqueuse stomacale comme elles se trouvent surtout dans l'intestin (Klein, Biedermann, Nagy, Matrai, ThanhofTer).
A en juger par ces curieuses expériences, on voit ({u'un aliment albuminoïde peut séjourner longtemps dans l'estomac sans être indigeste; au contraire, un fragment d'albumine concrète ou de viande, par cela même qu'il est retenu dans l'estomac, a chance d'être digéré entièrement par le suc gastrique, et peut être même(?) résorbé par les vaisseaux de l'estomac. — La lenteur de la digestion peut être pénible, mais elle n'est pas le signe de l'indigestibililé des aliments.
11 y a plus, certains aliments quittent l'estomac sans être
\iÙ CHAI». 5. — DIGESTIlULHf: DKS AI.IMKNTS.
ri'duils ni dissous par le. suc ^^•lst^i(jlIc; c'est à ceux-là (luil l'audrail a|)|)li(jU('i- la (|ualilicalioii d'indi^cstcs, s'ils ne niironlraicnt pas d'autres iiKivcns de se dij,^érer dans Tintestin. — Or il S(! Irouve ([ue e'est tout simplciiieiit la (juantih' de licpiide in<;éi'('' qui les fait soiMii' de Testoniac avant la di;^eslion ; c'est ce (pii jxMit arriver poui' les repus accoinpa^^nés d'une grande (juanlili' dfi boissons, et c'est là un avantage mar([ué chez les dysi)cpti({ues gastriques. Pareille avenluie arrive aussi au lait, au l)lanc d'œuf liquide, qui sont souvoni chassés avant de recevoir le baptême du suc gastrique.
Au contraire, c'est le même aliment durci qui jouit de la mauvaise réputation; il n'est attaqué q\ut peu à peu parle suc gastrique, et cette imprégnation est si lente que les fragments s'échappent absolument intacts par le pylore. Oi', l'indigestion n'existe pas en réalité dans ce cas; c'est une absence de digestion ; le suc pancréatique recueille la succession du suc gastrique, et parachève la peptonisation. Quant aux fragments qui sont restés dans l'estomac, ceux-là seuls ont été digérés par le procédé gastrique. On a donc considéré ces albuminatcs résistants comme indigérés et comme indigestes; c'est une erreur que de calculer la digestibilité sur la durée de l'arrôt des aliments dans la cavité gastrique. Le tort le plus grave a été de scinder les deux opérations, gastrique et intestinale, qui convergent vers le môme but, c'est-à-dire la peptonisation.
Des expériences ont pu être pratiquées par Beaumont, par Charles Richet et d'autres observateurs, sur des malades porteurs de fistules gastriques à la suite de blessures; ils ont pu fixer la durée du séjour des aliments dans l'estomac, et ces expériences semblaient devoir être le critérium de la digestibilité.
En étudiant les aliments au moment de leur expulsion par la fistule, on les voyait sortir après un temps variable,
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en purée plus ou moins lionio^iMic, et dès lors, la masse alimentaire passait pour être digérée. Mais n'oublions pas (jue le ramollissement n'est pas synonyme de digestion; ks aliments peuvent être transformés pai* l'action seule de l'acide en une propeptone ou synlonine qui n'est rien moins que la peptonc vraie. — De plus, l'apparilion de ce ramollissement est elle-même tellement variable qu'il est impossible d'en tirer une conclusion quelconque pour ou contie la digcstibililé; les moyennes des tableaux annexés à ces travaux n'indiquent rien. — Du bœuf bouilli disparaît de l'estomac en deux lieures trois quarts, du bœuf grillé en trois lieures; le porc grillé ne sort qu'après six beures vingt et une minutes, tandis que le porc rôti abandonne l'organe après trois heures quarante et une minutes (Beaumont, Richet). On ne peut donc accuser ni la qualité ni le genre de viandes; il ne faut tenir compte que des influences diverses qui déterminent les contractions de la membrane musculaire destinée à chasser le contenu.
§ O. — De la «liç;;cM(il>ilitô olicz 1 lioiiiiiio jugôc par la <|iiaiitlté cl alltuiuiiiatcs «liu^créss de quart d licuro eu «|uart d heure.
Voici enfin des observations très curieuses relevées sur la digestion et la digestibilité sur des hommes à l'état sain ou à l'état pathologique. Jaworski et Gluzinski {Zeilschr. far clinische Med., 188G) retirent de Testomac par des aspirations répétées le blanc d'œuf durci ou la viande qu'ils avaient introduite. Or, il résulte de leurs recheerches que tout l'acte digestif consiste en deux phases dont l'une ascendante avec formation d'acide, de pepsine et de produits digestifs; ce maximum fonctionnel est atteint en deux ou trois quarts d'heure; il cesse au bout de quatre à six quarts