DES BOISSONS GAFÉIQUES; CAFÉ, THÉ. CHOCOLAT
§ l*^ — De lu caféine
Le café, le thé et le chocolat contiennent, comme principe essentiel, comme alcaloïde, le premier la caféine, le deuxième la théine, le troisième la théohromine, qui ne diffèrent ni ciiimiquement, ni physiologiquemcnt, car c'est à peine si on peut les distinguer par l'analyse atomique, et c'est avec facilité qu'on peut transformer la caféine en théobrominc (recherches récentes de Schmidt) ; l'analogie et même l'identité physiologique ne sont pas moins com[)lètes. La caféine est donc le type commun des boissons que nous appellerons caféiqucs, comme l'alcool est le type des boissons que nous avons appelées fermentées. La caféine qui, par sa formule C^IP^Vz'O, se rapproche singulièrement des substances azotées, existe dans les feuilles, les tiges et le fruit du caféier, où elle est combinée avec le tannin.
Teneur du café en caféine. — Lors({ue les grains de café sont soumis à la torréfaction, il se développe des produits volatils empyreumatiques, qui donnent au café son arôme, et ne sont pas sans influence sur les effets physiologiques de l'infusion usuelle de café; mais le rôle principal appartient à la caféine qui se rencontre dans les fruits torréfiés, aussi bien que dans les grains verts. Lorsqu'on analyse une ration ordinaire de café torréfié, qui est de IG^'^S pour la préparation d'une tasse d'infusion, on y trouve, d'après Schniiedebcrg, 0°'",10 à O^'S-iO de caféine; la même quan-
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litt' (le calV'iiK; on lln'ino cxislo dans mit; infusion de 5 à () j^raniincs de rouilles de. llir, tandis (|nc les {grains de cacao décortiqués ne contiennent (jiie 0,80 pour 10 paities de substances sèches.
Diverses plantes caféifères. — La caféine et le café enrayent, dit-on, la destruction de nos tissus. Or, fait remarquable, elle se trouve aussi dans certaines plantes exotiques que la tradition populaire considère connmc des nnoyens d'épargne; ainsi, sans parler de la pauUinia, tant vantée contre les migraines, il y a, au Brésil, une plante appelée maté, qu'on emploie journellement pour ménager les forces. Il y a, sur les côtes d'Afrique, une plante appelée kola, que les indigènes utilisent dans le même but; la caféine est signalée dans le maté; la caféine et la Ihéobromine dans la kola. L'observation empirique a devancé encore une fois les notions cbimiques et physiologiques qui expliquent ces merveilles.
Propriétés physiologiques de la caféine. — Trois points principaux sont à considérer dans l'appréciation des propriétés physiologiques de la caféine : son action sur le système musculaire et sur le système nerveux, son effet sur le cœur, le pouls et la température. Enfm, et c'est là la question ardue mais dominante, son pouvoir modérateur de la dénutrition.
a. Effets musculaires. — La valeur de la caféine doit être ramenée surtout aux modifications qu'elle imprime au système musculo-nerveux. — Lorsque, par suite de fatigue corporelle et d'épuisement, l'impulsion nerveuse de la volonté ne se transmet que difficilement aux muscles, et quand ceuxci ne peuvent plus utiliser le reste de leur énergie potentielle pour la production du travail, la caféine relève l'excitabilité du système ne veux central, en amoindrissant les obstacles qui s'y rencontrent pour la transmission de l'influx