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DE LA CAFÉINE

nerveux; d'une autre pari, elle dispose les muscles à passer plus fiicilement de la flaccidité à l'état de tension et de rétraction (Schmiedeberg); si Taction de l'alcaloïde est intense, le raccourcissement devient durable et tétaniforme. Elle agit donc à pelite dose sans exagérer l'excitabilité du muscle normal; à forte dose, elle excite directement le muscle jusqu'à produire des contractions continues, qui rappellent le tétanos.

Dans ces derniers temps, Kobert, et avant lui Lebmann, ont pu constater l'analogie d'action de la caféine et de la tbéine avec celle de la créatine qui est aussi un principe azoté, et se trouve naturellement dans le muscle : or, la créatine élève sensiblement le pouvoir fonctionnel du muscle ; il en est de môme des substances caféiqucs. Il est utile de remarquer encore avec Diett, Wintchggu et avec Lebon, que le temps qui s'écoule entre l'excitalion nerveuse et l'entrée en jeu du muscle est sensiblement diminué.

On conçoit, d'après toutes ces données, pourquoi les boissons caféiques sont si utiles aux individus fatigués, surmenés, comment elles facilitent le travail, comment enfin elles favorisent l'incessant déploiement des forces pbysiques chez le soldat pour et pendant des marches forcées ou prolongées, chez l'ouvrier, pour les ouvrages manuels de la plus grande intensité.

b. E/fels sur le cœur, la circulation et le cerveau. — Chez les animaux supérieurs et chez l'homme, la caféine produit sur le cœur, à la dose de plus de 2 centigrammes une augmentation marquée des battements dépendant peut-être de l'excitation des nerfs accélérateurs de l'organe situés dans la moelle épinière, plus peut-être aussi de l'action de la caféine sur le muscle lui-même. A dose forte, l'alcaloïde produit exactement l'inverse; il ralentit les pulsations. Dans l'un et l'autre cas, la force du cœur s'élève, et la pression du sang

ICO CHAP. n bis. — I)KS noissoNs.

dans les vaisseaux s'accentue d'uin! nianic'Te marquée. La caféine est done un vérilal)le Ionique du cœur, comparable î\ la s[)arléine (du «^enél) (jue nous avons étudiée récemment. II y a pourlani une, dilVérence capilalc entre ces deux alcaloïdes, c'est que la sparléine est (;t reste inoiïensive, tandis que la caféine peut, au delà de 30 centigrammes, trou])ler profondément le rythme du cœur, exciter le cerveau et la moelle jusqu'à produire une agitation marquée et même des convulsions.

L'activité cérébrale est toujours augmentée par la caféine; c'est elle qui, avec les principes volatils, agit dans le café pour produire une sorte d'ébriété chez ceux qui, sans y être accoutumés, prennent un excès de café; c'est encore la caféine qui détermine l'insomnie, laquelle finit non seulement par céder à la longue, mais reparaît, au contraire, par la suppression du café. Il semble donc que l'amateur de café ne peut plus l'éluder impunément ; il ressemble, sous ce rapport, au buveur d'alcool qui ne saurait en être privé brusquement sans voir éclater le délire alcoolique, et au rnorphiomane, qui ne peut plus s'en passer sans s'exposer à une agitation délirante.

c. Effets de la caféine s?tr la nutrition. — La troisième question, qui n'est pas la moins importante, a trait à l'action de la caféine (et du café) sur la nutrition. Le café ne saurait être considéré comme un aliment véritable. Mais estil un moyen d'enrayer la décomposition de nos tissus? c'était là l'opinion générale. Elle ne manqua pas d'être battue en brèche, et on tend à admettre, aujourd'hui, que la caféine est sans effet aucun sur les mutations moléculaires qui se passent sans cesse dans notre organisme?

En 1850, de Gasparin, dans un Mémoire présenté à l'Académie des sciences, et relatif à la nourriture des mineurs de Charleroi, chercha à démontrer que tout en se nourrissant

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j)liis mal (|iie les trappislcs, ils doivent au café de pouvoir roiiiiiir une soninii; ({uotidicnnc de travail bien supérieure à celle des relij»ieux. C'était une simple hypothèse. Kn elïet, le café, tout en étant azoté, ne constitue pas un aliment effectif; les quelques centigrammes de caféine que contient une tasse de café ne sauraient servir, en quoi (jue ce soit, à la nourriture.

Une opinion diamétralement opposée s'établit dans la science, et fut soutenue par les hygiénistes, les médecins (Beale, Bôker, Ilammond, Bouchardat, Trousseau).

Les physiologistes et les chimistes, Rabuteau, Eustratiades, Schulze(de Breslau), Lehman et Froelich, en expérimentant sur l'homme sain à l'aide de la caféine ou du café vinrent à prouver le fait de l'arrêt de dénutrition, en mesurant les déchets des matières albumino-fibrineuses de nos organes, c'est-à-dire en pesant la quantité d'urée qui s'élimine par les urines avant et après l'usage du café; ils constatèrent une diminution notable de l'urée (15 à 18 p. 100). — Cet indice serait significatif s'il était absolu, constant. Mais il n'en est rien. Depuis vingt ans, Voit, Roux, Binz,Giraud, Francotte (de Liège), Lebon nièrent résolument toute action de la caféine et du café sur les mutations organiques, parce qu'ils ne trouvèrent pas de modification appréciable dans l'élimination de l'urée, de l'acide urique et des matières salines qui est le résultat de la désintégration de nos tissus corporels.

Il y a plus, un certain nombre d'expérimentateurs (Guimaraes et Raposo, Fubini etOttolenghini), loin de considérer le café comme un modérateur de la dénutrition, soutiennent qu'il est susceptible de favoriser la dénutrition, ou plutôt d'activer les échanges entre le dedans et le dehors. — La vérité est que, à dose modérée, le café et la caféine ne modifient en rien l'excrétion de l'urée et laissent la nutrition dans le

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