‹ Du régime alimentaireChapitre 53 sur 168 · RÉGIME DE LAIT · texte numérisé non relu

RÉGIME DE LAIT

certaine; on a beauajoulci' de ropiimi à ces solutions iiiilritives, l'absorption cesse de se faire.

§ 2. — Régime de luit

Certaines populations se nourrissent, dit-on, exclusivement de lait; il constitue un aliment complet en ce sens qu'il contient les trois espèces chimiques, la caséine, le sucre et la graisse, qui suffisent pour entretenir les forces de l'individu sain, et réparer ses pertes corporelles ; il est bon toutefois de faire observer que ces populations ne manquent pas d'y ajouter soit du pain et du fromage, comme le font les pâtres des Alpes, soit du maïs (polenta) comme le pratiquent les Piémontais et les Lombards. Ce régime lacté, même ainsi modifié, est en effet inapi)licable à tous ceux qui se livrent au travail physique. Le lait comprend, outre 857 parties d'eau pour 1000, 30 pour 1000 de caséine, 2 parties d'albumine; 48 pour 1000 de sucre, et 30,0 de beurre, les albuminates et la graisse se trouvant sous une forme finement divisée, qui est très. favorable à la solubilité et à la résorption de ce liquide alimentaire. Il faudrait quatre litres de lait (^Yoir chap. 2) pour parfaire la somme (120) de principes azotés, cinq litres pour compléter les 250 grammes d'hydrates de car])one, et seulement trois litres pour fournir les 100 grammes nécessaires de graisse. On comprendra maintenant d'après les expériences de Slatkowstky et Sasseztki (Virchoiv's Archiv, t. LXXXXIV) et celles plus récentes de Hoffmann {ZcitschriftfiïrhL MeiL, supplément du t. Vil), pourquoi chez un individu sain qui se nourrit journellement aver trois litres de lait, on voit au bout de quelques jours de ce régime, sans qu'il y ait une perte sensible du poids corporel (à cause de la graisse du lait) se perdre une quantité considérable d'azote aux dépens du corps; c'est pourquoi aussi les forces

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miisciil.iiics (liiiiimiciil. I.cs d/'iK-iditioiis d'azoto pour un iinlividii (|iii liavaillc |)li\si(|ii('iiii'iii sont, |,(!llo,inoiil, <(>nsid/'ialilcs (jirau hoiil (riiiic sciiiaiin; 1(; laclopliagc osl, iiiciKuô dans sa saiiLc «^ciK'ralc Si, à l'i'lal de repos, Tapporl. (le la caséine-alhmnineuso (;sl sidVisanl, il cesse de couvrir If d/'licit de l'ui-gaiiisiue dus (juc les mutations moléculaires son! au^^nienlécs pour faire la force vive. Ainsi la diète lactée exclusive ne convient ([u'aux malades atteints de certaines maladies de l'estomac ([ue nous définirons, ou bien encore à ceux ([ui ne foui (juo j)cu de mouvements et ne perdent que peu de chaleur.

En général, le lait se digère facilement; il se coagule dans l'estomac, la caséine se peptonise avec une grande facilité, le sérum et les sels du lait s'y résorbent directement ; le beurre se divise à Tinfmi et s'émulsionne complètement dans l'intestin au moyen du suc pancréatique et de la bile. Mais il arrive souvent que les individus sains ou malades répugnent à Tusage de cette boisson ou ne la digèrent réellement pas, à cause de la coagulation massive du lait dans l'estomac : c'est pourquoi on a cherché divers correctifs ; l'addition d'une décoction d'orge ou de sucre candiest recommandée de longue date ; il en est de même de l'eau de chaux, de l'eau de Vichy, des liqueurs; mais rien ne saurait surmonter certaines résistances des organes digestifs, qu'il s'agisse du lait cru ou bouilli, chaud ou froid.

UlYelman a étudié (Archives de physiologie^ t. IV) tous les moyens pour diminuer la formation des caillots volumineux et durs ; aucun procédé ne réussit, et cependant l'utilité du lait est incontestable dans une foule de cas. Préconisé depuis un temps immémorial dans le traitement des maladies pulmonaires et scrofuleuses, puis dans la curation des lésions du cœur et des hydropisies cardiaques, dans la maladie de Bright et même dans le diabète (?) le lait fait

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merveille dans certaines all'eelions de l'estomac comme l'ulcère simj)le, et vient échouer miséiablement dans une loule d'autres ; ainsi les dilatations, les catarrhes, le cancer ne fournissent pas d'indications de ce genre. Quant aux dyspepsies elles sont de natuie variable, et ne p<'rmcltent pas de jugement préalable sur l'utilité du régime lacté.

Chaque fois que la cure est indiquée, elle doit être laite d'une manière exclusive, graduelle et complète. Trois fois •par jour le malade prendra 150 à 180 grammes de lait frais, écrémé, à la température de la chambre en été, légèrement tiédi au bain-marie en hiver; toute la dose sera prise en (juatre fois de (pialre en quatre heures depuis le matin; d'abord, à 400 grammes (Pécholier), puis à 2 litres, puis à 3 litres par jour (Karell). S'il en résulte de la constipation, ce qui est habituel, on peut la combattre en additionnant le lait de café noir, ou en faisant prendre quelques fruits laxatifs. S'il survient, au contraire, de la diarrhée, du ballonnement du ventre, il faut en rechercher la cause dans sa quantité qui est excessive, dans la qualité du lait qui est trop gras, ce qui a toujours lieu pour les dernières parties de la traite (Péligot); en l'absence de ces conditions, si la diarrhée persiste, elle sera facilement combattue par la viande crue, privée de graisse et de tendons, réduite en purée par le raclage, et mêlée au bouillon.

La combinaison de ces deux moyens est facile à justifier; la caséine exige bien moins d'acide gastrique pour se peptoniser que la fibrine et l'albumine. On peut, en efl'et, établir une série graduée descendante entre les albuiiiiuates; c'est l'albumine de l'œuf qui exige le (aux d'acidité le plus considérable; puis vient la musculiiie, la fibrine du sang, et enfin la caséine qui exige le moins d'acide pepsine; si donc la caséine est mal digérée par suite d'un excès d'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, celui-ci sera plus

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