ClIAP. 1 lus. — TKAITE.MKNr DIS (.ASTIUQUKS
sine et môiiK* par l'acide clilorliy(lri(jiie s'amoindrissent, se déprécient, et ne jouissent plus de leur antique renommée; elles ont cédé le pas aux boissons dij^^estives, c'est-à-dire aux excitants de la sécjélion ^aslrique, parmi lesquelles les amers, à leur tour, perdent du leriain; si on fait abstraction des médications mécaniques comme le lavaj^e de l'eslomac ou l'emjjloi de corps inertes comme les graines insolubles, et les évacuants intestinaux, il ne restera plus qu'à examiner la nature des régimes et apprécier la valeur nutiilive des aliments dans cbaque espèce morbide. C'est là noire làclie.
Voyons d'abord les remèdes alimentaires dans la série des dyspepsies cliimiques caractérisées par l'acidité clilorliydrique imparfaite, par la pepsinogénic défectueuse (par l'excès de peptones, par l'altération de la muqueuse et de ses glandes); mais il y a une question préalable. Existe-t-il des moyens d'activer ou de corriger la sécrétion du suc gastrique, entre autres, de favoriser la formation de la pepsine et de l'acide?
^ '2. — Du Iraîteiiieut arliGeicl des dyspepsies chimiques a. Des moyens pepsinogènes. — H V ^ viugt anS, Sclliff a
découvert les peptogèncs ou pepsinogènes, c'est-à-dire des substances qui raniment la digestion lorsque celle-ci a langui ou cessé momentanément, lorsque la force digeslive de l'estomac est épuisée pour un temps assez long. Pendant les premières heures, dit le célèbre physiologiste, qui suivent un repas copieux, l'estomac fournit un suc qui peut être acide, mais qui ne contient point de pepsine. Or, dès qu'on introduit du bouillon, de la dextrine (ou du café) dans l'estomac, ou lorsqu'on pratique leur injection sous la peau ou dans l'intestin, bien que ces substances ne contiennent pas
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d'clcmenls nutiililSjOn voit îiussilùt recommencer le travail, sinon tle réparation, du moins de préparation de la pepsine.
Les recherches récentes de Ileidenhain, de Griilzner et Ebstein ont démontré, en effet, que la muqueuse gastrique ne produit jamais directement la pepsine, mais une aulre substance appelée propepsine, qui se transforme d'ellemême en pepsine dans les solutions acidulées; le rôle des pepsinogènes est donc tout entier dans la transformation de la propepsine en pepsine, llcrzen a vérifié ces recherches sur un malade porteur d'une fistule gastrique pratiquée à la suite d'une oblitération de l'œsophage. Comme le malade ne pouvait pas prendre de repas diiectement par la voie œsophagienne, comme on ne pouvait, par conséquent, pas épuiser entièrement la force digestive de l'estomac, Ilerzen se contenta de haler la digestion exislante, et pour ce faire, il observa les conditions préalables de cette digestion. Il constata d'abord que l'albumine peut rester intacte une heure ou deux, bien qu'elle fût imprégnée du ferment nécessaire à sa dissolution. Il vit encore que le suc gastrique pénétre dans les petits cubes d'albumine à l millimètre de profondeur pendant la première heure, puis à 3 millimètres pendans la deuxième heure; que l'acide y entre plus vite, mais ne la transforme qu'en parapcptonc, et non en peptone parfaite, pi'èle à être assimilée. Il vit aussi que le contenu stomacal perd sa consistance vers la cinquième heure, que la bile entre dans l'estomac (chez un fistuleux) avec une certaine régularité et s'y môle sans détruire le pouvoir digestif, qu'enfin l'acidité du suc gastrique est bien de 1,7 sur 1000 comme on Ta dit.
Ces données étant prouvées, Ilerzen fit prendre par la fistule soit du bon bouillon, soit de la dextrine, soit de la gélatine; aussitôt l'albumine digérée qui était à la première heure de 2,33 pour 100 monta à 12,45, à la deuxième heure
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(le lift à 7(> pour 100. KiiLilrnicnl IIcizcii iiionli'O après la p(*j)sin()ji(';nali()ii \o< blocs .■illimniiiciix bien plus rapidement ronj;os, uses (pic les ciihcs alhiimiiicux, témoins de la serin normale. Voilà les résultats annoncés par llerzen. Si Roberls {Diciciirs, 1880) leur oppose une déné^ialion, c'est qu'il opérait /n vitro, et llerzcn sur rcsloniac de l'homme. — Ses expériences nous obligent à reconnaître la valeur analeptique du l)Ouillon plus ou moins gélatineux, on le savait empii"i([ucmcnt ; on le sait maintr-nanl scientiiiqucment (Voy. cbap. 4).
Quant à la dextrine, son action semble singulièrement se rap|»roclier des substances les plus inertes pour augmenter l'action d'une sécrétion préexistante.
Ewald, en introduisant dans l'estomac une solution d'empois, vit se produire immédiatement de l'acide chlorlivdrique et de la pepsine; il en est de môme quand on administre les substances pepsinogènes de llerzen; la digestion ultérieure trouve toute prête dans l'estomac la quantité nécessaire d'acide et de pepsine pour s'exercer ensuite avec intensité.
b. Des inoyCDS d'acidification chlorhydrique. LorSqUO
les recherches modernes eurent démontré que l'acide chlorhydrique du suc gastrique varie naturellement entre 0,10 et 5,7 pour 1000, lorsque Charles Richet fixa la moyenne à 1,7, et A. Mayer à 2 pour 1000, lorsqu'enfin on connut les dyspepsies chimiques résultant d'une acidité amoindrie, l'idée dut surgir dans l'esprit des médecins de suppléer à l'acidification insuffisante, par l'addition d'une sorte de limonade chlorhydrique. Il suffit, en effet, d'ajouter 5 à 8 gouttes de cet acide à un litre d'eau, et d'en faire prendre un quart de verre dans l'intervalle des repas, ou bien à la fin d'une digestion languissante, c'est-à-dire au bout de trois à quatre heures, pour provoquer (chez les animaux
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en expérience) une acidilicalion j'ius intense, et iiiiprimer au suc gastiique une nouvelle énergie digcstive. Hosenbacli, après de nombreuses recherches, croit avoir démontré que dans les cas de faible acidilé stomacale, les acides organiques, parliculicrement facide lactirpie et l'acide citrique (à la dose de 0 à 10 gouttes) fortemeni dilués dans l'eau, et pris dans le cours du repas ou quelques li^nires après, produisent un résultat presque aussi favorable que l'acide chlorhydriquc. Chez la plupart des dyspeptiques, les acides délayés dans une grande quantité d'eau, provoquent des effets bien plus utiles que lorsque les acides sont concentrés; sous cette dernière forme, ils portent un véritable préjudice ix la digestion. — Il est bien entendu, d'ailleurs, que dans les dyspepsies avec ou par excès d'acide chlorhydriquc, ce sont plutôt les alcalins qui se trouvent indiqués, et les acides qui sont dangereux. Ils ne le sont pas moins dans les ulcères de l'estomac; il faut savoir, d'ailleurs, que chez certains dyspeptiques, l'acide chlorhydriquc détermine une surexcitabililé douloureuse de la muqueuse stomacale. Talma a rencontré deux cas de ce genre.
Dans les autres cas, la méthode* des acides n'a pas encore fail ses preuves, et voici pourquoi : Tacide chlorhydriquc n'est pas libre dans l'estomac; il esl combiné avec la ])epsine (Laborde), avec la leucinc (Berthelot et Ricliel); il n'agit qu'à l'état de combinaison. Or, est-on bien sûr d'obtenir un avantage réel de l'acide chlorhydriquc libre, extrêmement délayé et noyé pour ainsi dire dans la masse alimentaire? Rien ne le prouve. Evvald prétend même que la digestion peut se faire dans un milieu qui n'est pas acide, et il ne faut, dit-il, que la petite quantité d'acide qui imbibe l'albumine. — Ainsi les indications de l'acide chlorhydrique et des acides en général sont plutôt d'ordre théorique que clinique.
c. Des pepsine» artiiioioiic». — Lcs pcpsiucs artificiellement
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cxlrailcs de l;i iihkjiiciisc pastricjuo du porc ou du vc'iii, d 1rs panciralincs n'ont |);is Iciin davantaj^c les promesses qu'on en allcndait de par les jMrvisions pliysiolo^ncjues.
Juscju'ici, on a proscrit les pepsines au hasard, et sans entliousiasme, avee celle conviction banale, que si elles ne peuvent amener un i^rand bienfait, elles sont encore bien plus incapables de produire le moindnî dommage. A quelles dyspepsies chimiques peuvent-elles ou doivent-elles s'adresser? Ce ne peut être qu'à celles (pii sont ducs à l'absence absolue de pepsine, ou au défaut de transformation de la propepsine en pepsine réelle. Or, le premier cas est impossible, et c'est cependant contre celle déchéance pepsique qu'on a édifié le système des pepsines auxiliaires. On sait, en eiïet, qu'il ne faut qu'une petite quantité de pepsine pour digérer, que la pepsine ne s'use pas, mais qu'elle perd de son efficacité; la pepsine extérieure peul-elle, dans ce cas, suppléer à celle qui est amoindrie dans son action? Sans doute il peut en être ainsi lorsque la pepsine commerciale est fraîche et à toute épreuve.
Dans le deuxième cas, lorsque le5 glandes ne contiennent encore que de la propepsine, le produit artificiel peut-il hâter la transformation de la propepsine en ferment digestif vrai, en pepsine capable de rendre assimilables les albuminales? Rien ne prouve un pareil pouvoir. D'ailleurs, on sait que la sécrétion de la pepsine est exactement en rapport avec la durée du séjour des aliments dans l'estomac et leur contact incessant avec le suc gastrique. Comment imiter ce consensus à l'aide de la pepsine artificielle? Comment la pepsine augmenterait-elle la force digestive de l'estomac?
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§ 3. — MoyoïiN qui nc(i\'oiit ou <|ui retardent la ili^eKtion
Voyons les cflets cl(3 Talcool, du vin, cl de cerlaiiies substances salines sur la digestion.
a. Alcool. — Des dernières reclicrclics de Buchuer, de Scliclliaas, de Schutz, il ressort que la digestion artificielle de cubes d'albumine est influencée par l'alcool de la façon suivante. Ajouté au mélange digestif dans la proportion de 10 p. 400, il n'exerce aucune action, tandis qu'à 20 pour 100, il ralentit la digestion arlificielle et finit par l'arrêter. Schutz précise mieux en déterminant la quantité de peptones produites dans un temps déterminé. — Avec 2 pour 100 d'alcool, la peptonisation est ralentie, encore plus à 10 pour 100; à 15 p. 100 il ne se forme plus que des traces de peptone. Sur un chien fistuleux, Ogata a constaté que sur 50 à 100 grammes de viande de cheval, il reste indigéré 2,7 p. 100 en deux heures, 33,5 en une heure et 54 pour 100 en une demi-heure. Si on ajoute au repas 100 centimètres cubes de vin blanc, ou 200 de bière, ou 02 d'eau-de-vie, la quantité indigérée de viande monte à 74 pour 100. — Mais de pareilles expériences et de pareilles doses n'ont rien de commun avec l'usage modéré des liqueurs alcooliques pures ou délayées qui constituent un des meilleurs moyens de digestion, tandis que l'alcool concentré à 10 pour 100 (Klikovvicz) détermine la formation d'un suc gastrique alcalin, incapable de digérer.
Au lieu (h; se servir exelusivement des digestions arlificielles pour déterminer l'action de l'alcool sur la digestion, Gluzinski utiHse le procédé d'analyses biologicjues successives, sur les li([uides extraits de l'estomac à l'état normal ou pathologique. Il constate d'abord que, dans la première phase de la digeslion un verre de cognac est susceptible
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(l'(Miij»r(li('i- la (li|^esliuii des all)iimiiiat«'s, (jui |)Oiivcnl, étant extraits, ne présenter aiicuiit' luodilication; si ensuit(; on exaiiiiiK' raclioii du li(|uide aspii'é dans la période de 15 à :\0 iiiiiiiiles, sur une di^csliuii arlilieiellc d'albumine, on voil (pic l'opération est enrayée, même quand la rpiantité (Tacidc (Idoi'liydriciue est normale; c'est donc la pej)sine (pii n'agit plus, soit que l'alcool la piécij)ite, soit (|u'il en empêche la sécrétion.
Mais dès que l'alcool est absorbé ou dès qu'il disparaît de restomac, on voit la deuxième phase digestive singulièrement activée; l'acidité chlorhydrique devient tout à coup deux ou trois fois plus forte que sans la présence de l'alcool, et il n'y a que l'acide chlorhydrique qui paraît à ce moment. Dès lors la digestion progresse; les blocs albumineux se rapetissent rapidement, et cette surexcitation de la fonction digestive se continue jusqu'à la disparition complète de l'albumine dans l'estomac; au bout de trois quarts d'heure le suc gastrique est encore très actif. L'auteur conclut ainsi : l'alcool disparaît rapidement de l'estomac et pénètre dans le sang sans s'être transformé en aldéhyde. Dès que la première phase est passée, la sécrétion du suc gastique est activée et efficace. La dose utile peut être élevée jusqu'à 100 centimètres cubes d'une liqueur contenant 25 pour 100 d'alcool. Au delà de cette mesure, la digestion languit et les mouvements de l'estomac sont eux-mêmes retardés. Il résulte de là que si on veut éviter la première phase, on devra prendre l'alcool avant le repas (Gluzinski). Mais il me semble bien plus rationnel, selon l'usage consacré, de prendre la liqueur au milieu ou à la fm du repas, quand les deux premiers quarts d'heure du stade digestif sont passés.
Il n'en est pas de même dans l'état pathologique; ici l'action de l'alcool est nulle dans les deux périodes de la di-