DES BOISSONS
gestion; il n'cmpùchc pas l'acidité de se produire, mais il iraiij» mente pas la fonction sécrétoire. Lorsque les pepsines commerciales sont à base d'alcool elles ne produisent, ainsi (jnc l'ont démontré Viilpiaii etMourrut, lUiclinei', Gluzinski, aucun eflct favorable; la combinaison de Talcuol et de la pepsine est une mauvaise préparation qui va contre le but.
ubis. \inH roiiKOM, bièrcM, cidrcH. — Lc viu, d'après Ilerzcu, est un moyen d'entraver la digestion. Est-ce le tannin qui contribue à ce mauvais résultat? Ce qui est certain, c'est que les malades supportent L'énéralement mieux les liqueurs que les vins et surtout que les vins blancs. La bière est pourtant mieux tolérée que le vin, et le cidre i)lus utile que la bière; mais ce ne sont pas là des boissons digestives; les meilleures sont les eaux alcalines et les boissons tbéiques. b. Boisson» aicaiincM. — Daus Ics vraics gastro-dyspcpsies mais seulement dans ces dyspepsies cbimiques, le bicarbonate de soude, ou de préférence l'eau de Vicliy, constitue un des plus puissants moyens d'action sur la fonction digestive, c'est-à-dire sur la sécrétion du suc gastrique et la restitution de ses principes clilorbydro-pepsiques. Au premier abord on pourrait croire, lorsque l'acide clilorliydrique ou la pepsine se trouve en déficit dans le suc gastrique, que l'addition d'acide cblorhydrique sous forme diluée conlribuerait au rétablissement de l'acidité normale ; nous savons maintenant (Voy. cbap. i), qu'on n'obtient que rarement et difficilement ce résultat. — Il vaut bien mieux préparer la sécrétion et la provoquer en administrant l'eau minérale une deiniheure ou une heure avant le repas; c'est ainsi que Claude Bernard et Longet ont obtenu les plus étonnants résultats; prise au repas elle perd tous ses avantages. — L'ellct principal, dominant, c'est donc raugmentation de la sécrétion gastrique, et il n'y a pas à craindre par un usage prolongé du sel sodique, la neutralisation du suc gastrique; loin de là, on
'MO ClIAP. I r.lS. — TI'.AITKMr.NT f)i:s OASTinoUKS.
conliniKià aclivor la loiinalion des acides de l'estomac. La di- «jestiun pancréatique est egalemcFil Cavoi'iséc pailcs alcalins, une petite (juaiililé de sel (1 p. 100) suflit. (le n'est pas tout.
S'a^il-il d'une dyspe|)si(' par diMuiiiposilion putride des alinicnls, l'acide lactitpie et les acides ^l'as qui résultent de celte ieruientation se trouvent neutralisés. S'aj^it-il d'un défaut d'acide chlorliydrique ou de pepsine, le sel sodicpie, j)ar cela même qu'il augmente la sécrétion acide et peptique du suc gastrique, se trouve encore indiqué.
Lorsqu'il y a une dyspepsie par excès de mucine, il est encore possible que le mucus se détruise dans une grande quantité d'alcalins et ne nuise plus à l'action du suc digestif. Lorsqu'enfin la bile est sécrétée en moins, elle augmente de quantité, mais sa qualité, c'est-à-dire ses éléments constituants sont d'abord amoindris pour reprendre ensuite (Lewaschef). Les indications de l'eau de Vichy sont donc nombreuses et certaines. Il n'existe qu'une seule contreindication; c'est précisément lorsqu'il n'existe pas de véritable dyspepsie.
Dans toutes les fausses dyspepsies que j'ai décrites sous les noms de gastro-névroses sensitivo-motrices, l'eau minérale fait plus de mal que de bien; il en est de même dans les entéralgies musculaires ou nerveuses, comme nous le verrons; là l'eau de Vichy est encore plus nuisible, et ce sont ces méprises du diagnostic, ces confusions des névroses gastrointestinales avec les gastro-dyspepsies chimiques, qui font si souvent l'insuccès de Vichy et le désespoir des malades. — Lors donc que la dyspepsie chimique est bien prouvée, vous n'avez plus rien à craindre, pas même la fameuse alcalinisation des humeurs, ni l'anémie alcaline, qui sont encore, depuis les sévères proscriptions de Trousseau, la terreur des malades ; les expériences de Gornillon et de Martin-Damourette tendent au contraire, à démontrer que l'eau de Vichy
DES liOlSSU.NS. 321
est lin des puissants moyens (Je reconstituer le sang; j'ajoute : lorsque Findication est précise, c'est-à-dire lorsqu'il s'a^nt d'un vrai dys.pe[)tiquc.
c. MoiMMon»» tiiéifiiien et carciqneii. — La meilleuFC Loisson dij^estive c'est le thé, à la condition d'en l'aire une infusion légère, d'en prendre au moins un demi-litre, et à une température élevée; il remplacera, au repas du midi, le vin avec toutes sortes d'avantages; il ne fermente pas; il ne contient que des traces de tannin, tandis que le café en contient infiniment plus, qui coagule les albumines.
Dans ces derniers temps, Martin, William ont dénoncé un théisme, qui serait pire que le morphinisme, l'éthérisme, l'alcoolisme; Ëloy, qui raconte ces faits, menace les buveurs de thé de l'affaissement intellectuel, d'hallucinations, de céphalalgie; l'ivrogne théique deviendrait dyspeptique, cardiaque, cachectique, anémique, etc. Quel triste avenir nous préparent les trois tasses journalières de thé que je réclame comme le meilleur digestif, et comme le plus sûr moyen de soutenir l'énergie intellectuelle. Parmi mes meilleurs amis se trouvent des malades qui, depuis des années, suivent strictement mes conseils, et brillent par leur vigueur physique et psychique.
d. Eftux mincraicH do table. — Jc u'cn (lirai pas autaut de ceux qui s'abreuvent à chaque repas d'eaux minérales gazeuses, c'est-îi-dire chargées de gaz, d'acide carbonique; il donne le vertige et la somnolence, s'il pénètre dans le sang; il augmente les gaz des dyspeptiques, s'il reste dans l'estomac, et fatigue les voies respiratoires, s'il est éliminé par les poumons, ce (jui a lieu pour la presque totalité des gaz stomacaux introduits du dehors.
e. BoiMMOiiM chnildcN, froides ou teiiipércc». A l «îtat normal, les boissons seront prises à la température ambiante ; le dyspeptique digérera bien plus facilement à l'aide de'bois-
3ti CIIAP. 1 lus. — TI;AHK.MI;NT DKS CASTlUOrKS.
sons cliaudes; on sait, en ellri, (|ii(' |);ir la ('lial(3iii-, la sécrélion ^^aslri(jiic est activée, et {\w. la j)ej)lonisation se fait iiiicuxà cliaiid qu'à (Void. Nous v(!ri"ons si Tusage des boissons j» lacées doit rlic léservé pour les <^astro-aloniques.
I. lllvcrMPN MiibNianccM lulnrraloMOt «alliicM. — DuHcIdo cuiwinc.
— La digestion est retardée ou enrayée par les sels de tous les métaux lourds, ainsi par l'acétate de plomb, par le prolocblorure de mercure; c'est pourquoi il faut les |)reserire pendant les repas; il en est de même du fer; toutefois les sels ferreux sont moins indigestes que les sels ferriques.
Les matières salines, telles qu'on les trouve dans les eaux minérales, sont également défavorables. Pfeilfer, en les ajoutant aux mélanges digestifs artificiels, a constaté que les moins nuisibles sont le sulfate de magnésie ou de soude; et, ce qui est contraire à toutes les données admises, les plus préjudiciables seraient le carbonate de soude et le sel commun; voilcà du moins ce que dit l'expérimentation. Cbez le malade fistuleux qui a servi aux recherches de Herzen, l'acide chlorhydrique du suc gastrique était représenté par 3,14 pour 1000; avec l'addition de 5°'',4-0 à 20 grammes de sel, il descendit à 1,26 pour 1000. Mais toutes ces expériences portent sur des doses qui ne nous sont pas habituelles ; quelques grains de sel ne produisent rien de fâcheux; il importe de tenir compte du degré de concentration des diverses substances ajoutées à la masse digestive dans l'estomac, où la résorption se fait de minute en minute.
g. Divers condiments et épiées. — LcS COUdimcntS, leS
épiées, et surtout le poivre, ont été proscrits par Broussais, qui voyait partout des gastrites, et sont encore condamnés par ceux qui, prenant l'effet pour la cause, considèrent la digestion la plus simple, surtout celle des corps gras, comme un acte de congestion ; dès lors il n'y aura plus qu'à remplacer les adjuvants du repas par les émollients, les panades
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à l'eau sans sol ni poivre. — Oi* avec une i)ai'eille prescription les sécrétions buccale, salivairc et peut-être gastrique seraient bien vile ainoindiies, et ({uand même elles continueraient, la monotonie ou la fadeur des prépai'ations de viandes ou de léj^uines ne manquerait pas d'inspirer un profond déi^oût; le malade le plus convaincu se soustrairait à cette discipline énervante.
§ 3. — Pour les ga5i«tro-c1y.s|ici>tic|ucs les aliiucuts cluiveut être liiieuieut divisés
Il y a des dyspepsies chimiques dont la cause peut être appréciée sans le secours de l'analyse chimique du liquide stomacal; ce sont celles qui résultent de l'état grossier des aliments. Quand, par suite de l'altération ou de l'absence des dents la mastication est nulle, ({uand, les aliments à peine broyés et conservant les dimensions de fragments volumineux passent immédiatement dans l'estomac, quand surtout une masse alimentaire considérable et consistante subit outre une déglutition bàtive, une insalivation imparfaite, Tétat grossier empêche le suc gastrique d'imprégner les aliments, de les pénétrer, de les ramollir, de les transformer en substance assimilable ou peptone.Si la digestion doit porter sur un repas copieux, le suc digestif non seulement est insuflisant pour tout digérer, mais encore il est entravé dans son action ultérieure par les peptones qui se sont produites ; les premières parties se sont bien transformées en peptones, mais celles-ci s'opposent désormais à la continuation de l'acte digestif.
Dans ces derniers cas, il importe de réduire le volume de la nourriture. Le suc gastrique est en effet suffisant; il est normal, mais il ne trouve plus à s'employer, parce qu'il ne peut plus attaquer l'aliment dans sa totalité; il en résulte une
o.i oiiAi'. . r.is. — Tr.AiTi'.MK.NT DKS (;Asn;i()n;s.
(l\s|ti'i)si(^ loiil .Missi int(Misc que s'il iii.mihjii.uI d'acido ou (le iicpsiiic. Les l'èjilcs les plus rlt'inciilaiiiîs (J(î la pliysiolo*,^ic dij^estiv(î in(li([ueiU donc la nécessité de ne présenter à l'esloiiiac ({u'une nourritunî IVa^niientée, et d'économiser le travail musculaire de l'estomac, qui est destiné à brasseries aliments, à les présenter alternativement à toutes les réj,^ions pepsinifèros de l'estomac et à multij)lier les contacts avec le suc gastrique; si la musculature devient elle-même impuissante à remplir son rôle auxiliaire, indispensable, la dij^^eslion est compromise, car la connivence de ces deux fonctions, la sécrétion et les contractions, leur convergence pour atteindre un but commun, n'existent plus.
Ce principe de mécanique alimentaire préludant à la chimie digestive va trouver une bien plus large application. Quel que soit le genre de dyspepsie, qu'elle soit due aux altérations du suc gastrique ou à son envahissement par les peptones ou à son altération par le mucus en excès, c'est-à-dire par la mucine inutile, indigestible et nuisible au suc gastrique, il faut en arriver à la réduction la plus complète des aliments, à l'état pour ainsi dire moléculaire des espèces alimentaires. — Les mêmes aliments cessent d'être indigestes lorsqu'ils peuvent se présenter par toutes leurs faces, par tous les côtés à l'action du suc gastrique; c'est, d'après mon expérience, le problème de beaucoup le plus important, c'est là secret de la thérapeutique alimentaire.
Yoici un dyspeptique qui ne peut plus digérer la viande rôtie ou bouillie de bœuf ou de mouton, serait-ce le morceau le mieux choisi, le plus savoureux; il ne peut même plus ou ne veut plus en faire usage. Dès l'instant que cette viande est dépouillée des parties indigestibles comme la graisse, les tendons, les aponévroses, qu'elle est râpée, raclée, passée par un tamis ou un moulin et réduite ainsi en pulpe, ce qui se fait phis facilement pour la chair crue que pour la viande
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cnitc, le malade la prendra avec un lifjiiidc quelconque, avec <lu bouillon ou du thé, cl la digestion s établira ou se rétablira sans encombre, parce que, d'une part, la musculature de l'estomac n'est plus forcée, et qu'elle opère facilement le contact (lu li([uide digestif avec ces molécules cbimiques, parce que, d'une autre part, la sécrétion du suc gastrique, incessamment provoquée sous l'influence des particules alimentaires, reprend par le seul fait d'une sécrétion régulière SCS caractères normaux.
Voilà la base fondamentale de l'alimentation du dyspeptique; nous verrons bientôt à faire l'application de cette règle non seulement à la chair musculaire et aux autres albuminates, à l'albumine de l'œuf, à la caséine du lait, surtout à l'albumine végétale des légumes, m»ais encore aux graisses, aux fécules, en un mot à toulcs les substances alimentaires.
Une autre précaution est nécessaire, elle consiste à préserver l'estomac de toutes atteintes internes et externes.
§ 4. — Ij'cstoinnc doit être protégé contre
les iiniiurcté.s proveiinnt «la dehors, et contre les produits
de fermentatiou intérieure
L'estomac ne doit pas être considéré exclusivement au point de vue de son action digestive, de sa fonction chimique qui dépend certainement en grande partie de l'intégrité ou de l'altération des cellules épithéliales de la nmqueuse et des glandes à pepsine. 11 forme en outre un vaste réceptacle des agents nuisibles du dehors.
Tandis que les autres organes creux ne sont pour ainsi dire pas abordables aux corpuscules étrangers, l'estomac est ouvert à toutes les impuretés, exposé à toutes les agressions.
C'est un atrium où s'arrêtent, où s'élaborent, où se délrui-