DES FÉCULES CHEZ LES DYSPEPTIQUES
ment diaslaliqnc perd son oiïct, lorsque l'acide clilorliy- (lri(jiic devient libre, après avoii' opéré sur les albuniinales qui absorbent pendant un certain temps tous les acides disponibles. Quand même le ferment de la salive n'aj^it pas dans l'estomac d'une manière certaine pour transformer les matières amylacées en sucre, attendu que cette métamoi'pbose en sucre se continue encore dans l'intestin, il n'en est pas moins vrai que la décbéance de l'acte digeslil' noiinal des fécules s'accompagne toujours de manifestations pénibles, et nous devons par cela môme, dans tous les cas douteux, cbercher jusqu'à quel point les fécules se saccliarifient dans l'estomac (Rosenbacb). Le meilleur réactif, c'est la solution d'iodure iodée de potassium, qui montre, lorsqu'elle a une teinte pfde jaunâtre de vin blanc, qu'il n'existe plus d'amidon et d'érytbrodextrine (Voy. cliap. A), tandis qu'une coloration francliement rouge démon Ire la {)résence de cette dernière substance.
Que faut-il faire lorsqu'on découvre que les fécules subissent une décomposition anormale? Naturellement interdire l'usage des féculents. — Si en eflcl on constate une fermentation intense avec formation diacides gras, comme il arrive cbez certains dyspeptiques après Tingestion de la plus petite quantité de pain beurré ou de gâteau, l'indication porte sur l'utilité de l'acide cblorliydrique à prescrire à la dose de cinq à six gouttes après cbaque repas; cet acide, en effet, comme l'a démontré récemment Pascbutin, enraye complètement la fermentation biilyricpie; ainsi dans les abus d'aliments féculents, c'est Tacide chloi'hydri(pie (pii sera encore indiqué; j'aime mieux croire au régime que nous prescrirons; il en est de môme si la dyspepsie porte sur les albuminates; on devra surveiller Talimentation avant de songer à l'acide clilorliydrique.
Si après des repas copieux, les peplones formées ne par-
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\i('ini('iil |i;is, à (•;iusc de l;i l'-iiltlcssc de r.ijip.'irril umsciiliiiic (r»'Nj)iilsi()ii on )i;ir le (Ii'ImiiI de i('s()ij)(i(iii, ;'i (|iiillrr à h'iiips l'ostoniîic ; si |i;ii' siiilc la |)('|)lonisation idléricure des alhiniiiiialos csl eiilravé»; par la présence en excès des pej)tones; si c'est la (lysj)epsi(' par excès de pcptones, qu'y a-l-il à faire? c'est encore le lavage; il a |)()ui' ellcf de débarrasser l'esloniac de toutes les substances nuisibles, de s'opposer ainsi à rii'i'ilaliou de la inucpieuse ; il sert à éloigner de la surface nuiqueuse cette coucbe de mucosités qui, dans un grand nombre de dyspepsies (dyspepsie muqueuse) produisent l'influence la plus perverse, et le trouble de la digestion; il met ainsi l'estomac à même d'agir directement sur les ingesta. — Ce passage est extrait de l'article de Rosenbach {Real Encyclopédie y t. V),il semble calqué sur la page 3, etc. de mon livre, dont l'auteur n'a certainement pas eu connaissance; la frontière nous sépare, mais la vérité, même tardive, nous rapproche. C'est surtout lors des fermentations butyrique et acétique, qu'on voit, après l'insuccès des sels alcalins, réussir le lavage comme moyen d'épuration, et l'acide cblorhydrique comme correctif chimique. — Mais il ne s'agit pas de remèdes à appliquer; il s'agit d'un régime à trouver. — Puisque les amylacés doivent être proscrits, peut-on les remplacer par les autres matières hydrocarburées, par le sucre ou les graisses? Les aliments sucrés ont le même inconvénient que les amylacés, qui d'ailleurs se transforment en sucre.
Les graisses, pour les dyspeptiques, sont généralement mal supportées et presque toujours nuisibles pour l'estomac qui ne saurait les transformer de manière à les rendre absorbables. L'estomac, pour les corps gras, n'est qu'un lieu de passage où ils ne trouvent pas de moyen de division, c'est-à-dire d'émulsionnement susceptible de les faire pénétrer dans les vaisseaux lymphatiques; loin de là ils s'y ras-
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somblent en gouUelclles plus volumineuses qui s'accolenl à rouverture des glandes à pepsine el iriilent la muqueuse, comme on peut s'en convaincre piir l'aspecl rouge foncé de l'estomac dos animaux auxquels on vient d'administrer de la graisse.
Les substances grasses ne trouvent à s'émulsionner que dans l'intestin, soit par le suc intestinal lui-même, soit par la bile, soit par le liquide pancréatique. Le pancréas frais, fragmenté et additionné d*eau, pourrait servir à la dilution et à la division moléculaire extra-stomacale de la graisse; mais ce moyen n'est pas pratique. Il vaut mieux, si la nourriture grasse devient indispensable, recourir à la graisse du lait, dont les gouttelettes sont plus fines que celles des autres graisses; étant mêlé intimement avec l'eau, le lait peut, avec sa graisse, pénétrer plus facilement dans les pores lympbatiqucs et dans le sang. Ainsi, en général, il y a encore plus d'inconvénients à permettre l'usage des graisses que des fécules.
Dans les dyspepsies butyrique et acétique, on serait donc logiquement amené à ne prescrire que le régime carné, tel que nous l'avons formulé; mais une pareille nourriture ne saurait être continuée, car aucun bomme ne peut vivre par l'usage exclusif de la viande; c'est une ration (V inanition, qu'on ne saurait prescrire que pendant le temps nécessaire pour mettre l'estomac en état de supporter le régime mixte de viande et de fécule.
^ 6. — Des régimes exclusifs cl <lc la cure de lait dan s les dyspepsies
Comme le régime carné dans les dyspepsies d'origine féculente ne peut être qu'un expédient pour quelques jours ou quelques semaines, les graisse* étant inlolérées, les aliments
n:;2 ciiai'. i r.is. - thaitkment dks casthiques.
amyloïdos on siicif's ('laiil l;i cmiisc ()ii<;inoll(; dos formcntalions aiiorinalcs, les vr.iis r.nilciiis (1(; certaines dyspepsies <liiiiii(|iies, il ne \v.M(' (prà iccoinir ;'i un alinienl (jiii conlicni hicii cliacune de ces espères, mais sous des formes qui le rendent, dil-on, facilement digestible et Mhsorhalile; c'est là le poini de dé])art de la fortune; du l.iit. Est-ell<; justifiée? La r('|)onse embarrasse souvent le médecin (jni veut jiréciser les indications, car la physiologie ne conlirme qu'une partie de ces données et la clinique impose des distinctions délicates à formuler.
Sur un homme sain, qui prend 300 grammes de lait cru, Reicliman constate, dans le liquide extrait par la sonde, que la caséine se coagule par l'intervention de la levure; que l'acidité, d'abord lactique puis chlorhydriquc de l'estomac atteint son maximum après une heure et quinze minutes, que le lait est digéré en trois heures et qu'au bout de quatre heures il ne reste plus ni lait ni acide dans l'estomac. Ce qui est sui'prenant c'est que le lait bouilli, d'après ces expériences, se digère en deux heures et demie, cet avantage étant dû à ce que les fragments coagulés sont bien plus fins que ceux du lait cru. Il fait observer en outre que de petites rations de 25 centimètres cubes ont déjà subi toute la peptonisation, en quarante-cinq minutes, et que l'addition de carbonate de soude (1 gramme pour 100 centimètres cubes de lait) répétée chaque jour, suffit pour hâter la digestion.
Ces données semblent donc favorables à la digeslibilité du lait, surtout du lait cuit. Si néanmoins on considère que pendant la cure exclusive de lait, les matières excrémentitielies contiennent une quantité de graisse et de caséine, qui peut s'élever jusqu'à 10 pour 100 delà totalité des matériaux solides du lait ingéré, que pour sa digestion tous les ferments digestifs sont mis à contribution, que dans l'esto-
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mac des dysj)e|)li({ucs, la coagiilalioii de la caséine se fait souvent en masse, comme le prouvent les vomissements, on doil faire quel({ues réserves. Pour évihM* ces j,a'aves inconvénients il est sans doute uliiii de ne prfiscrii-e que de très petites quantités à la fuis (Karrell); mais il faut toujours en arriver à quelques litres par jour, pour faire vivre un adulte. — La cure de lait est donc en effet une soite de diète. Afin d'empêcher l'inanition on est oblii^é d'élever la teneur du lait en hydrates de carbone et de compléter le sucre de lait par des fécules, la quantité d'albumine et de i^raisse étant parfaitement suffisante; la cure de lait deviendra alors un régime de lait et de pain. — Mais voici l'objection. Cette combinaison augmente encore plus les fermentations que ne le fait le lait seul. — Aussi le lait ne semble pas convenir, surtout dans les dyspepsies muqueuses qui s'accompagnent toujours de formation d'acides gras aux dépens des matières amylacées. — Comment se fait-il donc que tant de malades s'applaudissent de ce régime? Les dyspeptiques, qui sont presque toujours atteints dans leur constitution, ne doivent manger ni trop ni trop peu; or, à l'aide du régime du lait le malade arrive à une ration suffisante d'albuminates, il ne prend il est vrai ({u'une quantité relativement moindre de sucre, mais il trouve une graisse abondante dont la digestibililé di'passe celle de tous les autres corps gras; il s'assimile en réalité tous les éléments nécessaires à sa nutrition, tandis que si on est obligé de s'en tenir à la viande et au pain il en résulte un déficit de graisses. C'est donc bien plutôt pour relever ce qu'on appelle l'état général que pour guérir la dyspepsie muqueuse que la cure lactée réussit.
Si au lieu de dyspepsies muqueuses, il s'agit d'une gastroatonie locale ou localisée, c'est-à-dire primitive, ou consécutive à une névro-asthénie, à Tliystérie, à la chlorose, à une débilitation constitutionnelle, le lait trouvera mieux son eni-
;{3l Cil AT. I IMS. - TnAlTEMKNr DKS GASTRIQUES.
l»I(>i. Il le rclroiivc, ('()iii[)!('!Li'im'iil (l.iiis \{'S ulcères simples de ri'sl<nni(f ([iii lie sont (•ci'lcs p.-is fcH'cl iriiiK; .'lulodii^cslion, c;ii' ils ii\>((iip(3ntpasla ^candi; concaviLc de Toi^^^ane ({ni est laiil oxposoo aux liraill(3inents, aux iiii|)rcssions de froid ou do chaud cl. ipii cousIiLuc h; vrai dcpnl du suc gasirifpie; la lésion sièj^e à la petite courbure près du pylore; or, c'(;st là (pic la foruialiou de l'acide et de la j)epsine est au niiuiiuuiu, c'est pour(iuoi Tulcère dans ces ré^^nons <»uérit lacilenicnt. Poui' iavoi'iscr la cicatrisation, le lait semble indiqué, parce que, par sa réaction léj^èrement alcaline, il atténue l'acidité du suc gastrique. Il est vrai que Gb. Riciiet nous montre l'estomac toujours prêta former de l'acide lactique; et le lait l'augmente encore, de sorte que la digestion va se faire avec cet acide organique plutôt qu'avec l'acide chlorhydrique; en eflct, les récentes expériences nous montrent imc première période digestive, marquée uniquement parla production de cet acide lactique, qui précède celle de l'acide chlorhydrique. Suffit-elle pour mener tout à bien? c'est une hypothèse; mais l'observation a répondu par avance à toutes les théories, à toutes les objections. N'oublions pas d'ailleurs que même dans les affections ulcéreuses simples, le lait est parfois mal supporté, mal digéré; dans ces cas, je n'hésite pas à lui substituer le régime carné tel que je l'ai défini, la viande infiniment divisée, la chair musculaire pure et réduite en pulpe. C'est surtout dans les dégénéralions cancéreuses^ plus encore dans les ulcères cancéreux qui détruisent le suc gastrique chlorhydro-acide, que le lait est contre-indiqué,et que la pulpe de viande aidée par des bouillons gélatineux, par des potages féculents constitue le régime le moins défavorable.