‹ Du régime alimentaireChapitre 77 sur 168 · DE LA FIÈVRE ET DK LA CHALEUR · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE ET DK LA CHALEUR

doivent ôtro mis sur le compte de Tévaporation légumentaiie, cl 14,7 pai' le poumon.

Le changement d'état des divers agrégats moléculaires entraîne toujours une modification de la température. Cet effet se produit particulièrement lors du passage des liquides à l'état de gaz. Chaque production de gaz s'accompagne de formation de chaleur; c'est dans les poumons et à la peau que ce phénomène est au maximum. Sans doute, l'épiderme s'oppose, jusqu'à un certain point, à l'évaporation; mais quand la chaleur intérieure augmente, elle provoque la sécrétion de la sueur; une vaste couche d'eau se répand à la surface des téguments, et son évaporation entraîne le calorique (Thanhofer).

La respiration pulmonaire agit aussi dans le sens de la réfrigération; elle apporte sans cesse de nouvelles colonnes d'air qui sont plus froides que la surface pulmonaire, et se réchauffent au contîict de la surface respiratoire en employant une partie de la chaleur corporelle. Quand cette chaleur interne augmente, l'action mécanique du poumon devient plus rapide, el le nivellement de la température plus parfait. On voit, en eiïel, cet équilibre s'établir chez le chien pendant les grandes chaleurs extérieures par une accélération en quelque sorte dyspnéique de la respiration (Schmidt-Mulilheim).

En hiver, l'homme se protège par les vêtements pour maintenir la température. Les animaux sont alors couverts d'une couche de poils plus épaisse que pendant l'été; les animaux, dans les régions froides, de même que les poissons, possèdent un pannicule graisseux très manjué. Enfui le volume et la taille des animaux ou de l'homme exercent une grande influence sur les déperditions (Bergmann). Plus l'animal est grand, plus est luarqué le rapport du \olume à la superficie des téguments. Comme la perte de

T,i CllAP. III. — DKS rif:VMfcUX.

cIliIcii!" csI à pi'ii |iirs piopoil iomit't; à i:i sinracc du (:(»r[)S, (•(tiiiiiic, (raiiliv |»;irl, la priKliicI ion di; clialciii" csl (îxactciiiciil cil accord avec la masse curj)(H(dlc, il cii i'(;sullc ([\ut do deux aiiiiiiaiix de même espèce, le [)liis i^raiid \utn\ l'eialivcmenl moins de caloii([ue, et se trouve moins sous la dépendance des oscillalions de la température extérieure. Le plus petit doit produire plus de chaleur, ou bien il doit être mieux proté<^é que Taiilre contre les déperditions; il est, en efîet, plus soumis aux variations de l'atmosphère.

Charles Uichct [Rev. scient., 7 août 1886), vient de démontrer à nouveau que la (aille est la condition qui exerce Tinfluence prépondérante sur la production de chaleur i)ar kiloiiramme, et par conséquent sur le dégagement du calorique.

b. caiorigcnic. — La chalcur exige, pour se produire, l'alimentation et la musculation, puis, pour se régiei', l'intervention des vaisseaux. C'est surtout VaUmentaiion, c'està-dire la combustion des matières alimentaires qui constitue la source principale de notre chaleur; le carbone s'oxyde et devient de l'acide carbonique; l'hydrogène forme de l'eau avec l'oxygène de l'air.

Nous connaissons la valeur calorigène des diverses espèces alimentaires.

Nous savons aussi que dans les climats froids, le besoin de nourriture est plus grand ; il se brûle alors plus de substances alimentaires, et il se développe plus de chaleur. L'activité de tous les muscles est une source non moins marquée de chaleur ; la force vive du cœur, par suite des obstacles à la circulation périphérique, devient de la chaleur; les organes musculaires internes, l'estomac, la vessie, le tube digestif, fournissent aussi de la chaleur.

C. Régulation par les vaisseaux ou par les nerfs vaso-moteurs.

— Toute cette production et cette dépense de calorique se

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Irouvcnt ré{i:lées pai* rintormôdiaire des vaisseaux, ou [)liilô( d(i l(uirs nerfs cl du centre vaso-moteur.

L'action des vaisseaux est sans cesse là pour régler le débit de la chaleur, et voici comment. Dès que la température du corps s'élève, les vaisseaux de la peau (et peul-èti'e du poumon), se dilatent; par suite, la chaleur quitte l'organisme et se trouve restituée au milieu ambiant. Dès qu'au contraire la chaleur corporelle s'abaisse, les vaisseaux se contractent, et le calorique se concentre dans l'intérieur.

Il s'agit de savoir quel est l'auteur ou le fauteur de cette action vaso-motiice.

Les nerfs vasculaires ou plutôt leur système central vasomoteur ouvrent et ferment les vaisseaux; mais qu'est-ce qui règle l'action de ces nerfs moteurs des arlères? Existe-t-il un centre calorifique ou un centre modérateur, et, s'il en est ainsi, est-ce la moelle épinière, ou une portion (juelconque de V encéphale?

d. Moelle épinière. — Quand la moelle a subi des lésions traumatiques, à la suite de luxations ou de fiactures des vertèbres avec destruction du tissu nerveux, on constate, d'après Brodie, Billrotli, Simon, Xaunyn et Quincke, des élévations énormes de la température (jusqu'à 44 degrés). H semble donc qu'on ait détruit le modérateur. Mais les sections expérimentales de la moelle donnèrent à la plupart des physiologistes (Claude Bernard, ScliifT, Chossat, Brodie, Bezold, Riegel, Parinaud), un résultat diamétralement opposé. En effet, en ne prenant aucune précaution, on arrive toujours à la réfrigération ; mais si, selon le conseil de Tscheschiechin, Naunyn et Quincke, on enveloppe l'animal hermétiquement après l'opération, ou si on le tient dans une atmosphère chaude, la température subit une notable augmentation. L'erreur des expérimentateurs provenait de ce que la chaleur produite se perdait par irradiation.

;i7.i ciiAi». m. — i)Ks nf:vui:rx.

H V ;i doiK' imc liypcrllicriiiic, et clic se (lcvcloj)j)c (raulaiil |tliis (juc la section de la inocîllc est pratiqiKMi plus liaiil.

r.okai admet, après de nombreuses icclierehes, qucia section de la moelle cervicale rérii<;èi'e la jx'iipliéric de même que le centre; pratiquée sur la ujoelle dorsale, elle ne provoque ([ue le refroidissement des membi'cs inlei'ieurs et du rectum, etc.

C. Action (lu cerveau huv la pi*o«luction do la chaleur. — Au

mois d'avril 1884, Charles Ricliet a communiqué à la Société de biologie et à l'Institut, les conclusions suivantes : i*" une piqûre dans le cerveau du lapin élève la température à 40%6 et il degrés; 5° la fièvre traumatique nerveuse ainsi obtenue, est indépendante de la température extérieure; 3" cette fièvre peut durer une, trois et même quatre semaines chez le même animal; 4° les mêmes animaux nerveusement fébriles perdent aussi une plus grande quantité de chaleur. Supposons la perte normale de calorique de 4000 calories ; la dépense s'élèvera, chez quelques animaux fiévreux, de 4000 à 6000 calories; 5° les animaux, ainsi opérés, ont une plus grande excitabilité réflexe, et présentent tous les signes d'une activité dynamogénique, selon la définition de Brown- Séquard. Ainsi trois faits sont simultanés, l'élévation de la température corporelle, l'augmentation de la perte de chaleur, c'est-à-dire de la production de chaleur; enfin, le troisième fait, c'est la surexcitabilité psychique. Six mois plus tard, ces faits furent confirmés en partie par les docteurs Aronssohn et Sachs et récemment mis de nouveau en doute. On admet aujourd'hui plusieurs centres thermogènes, qui agissent sur le centre vaso-moteur lequel règle le resserrement ou la dilatation des vaisseaux.

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