‹ Du régime alimentaireChapitre 79 sur 168 · RÉGIME D'HOPITAL · texte numérisé non relu

RÉGIME D'HOPITAL

Voici maintenant la méthode que conseille Albert Rol)in, dans un travail très remanjuable sur le traitement des complications et de la convalescence de la fièvre typhoïde. Dès que les températures du soir et du matin sont tombées au-dessous de 38% donnez chaque jour deux potages au tapioca ou à la semoule, ou encore une panade. Au bout de deux jours, si les décharges urinaires d'urée et d'albumine sont terminées, 'ajoutez à la soupe un œuf sans pain et un peu de gelée de viande. Le quatrième jour, augmentez la quantité de gelée ou de jus de viande et donnez-en plus de 3à 6 petites huîtres et quelques pruneaux bien cuits à titre de dessert. Le cinquième jour, permettez du poisson léger, comme le medan, et une pomme cuite dont le convalescent se gardera bien de manger les pépins. Enfin, du sixième au huitième jour, autorisez la côtelette, cet objet d'ambition pour l'aiïamé qui relève de la fièvre typhoïde. » Aux repas, du vin de Bordeaux ou de Bourgogne, coupé avec les eaux gazeuses ; entre les repas, du lait. En tous les cas, l'appétit des convalescenis ne saurait servir de guide pour les prescriptions alimentaires.

§ 5. — Régiiuo d liôpHal

Voici le régime des hôpitaux de Paris. Pour les malades à la diète simple, des bouillons; pour ceux qui sont aux potages, des potages gras et du vin.

Les malades au premier degré reroivent deux potages gras, 10 à 12 décagrammes de pain blanc, 0',2r) de lait et deux fois par jour 0 décagrammes de viande rôtie. Le soir, la viande rôtie ou la volaille, ou un œuf frais, ou du poisson (8 décagr.), 18 à 24 centilitres de vin.

Les malades au deuxième degré reçoivent la même quantité de vin, un peu plus de pain, la même quantité de viande

:U>2 (IIAP. III. — [)KS l'IÉVIlKi;X.

onde poisson cl en outre, le matin, des œufs ou du riz au l;iil; le soir, des légumes de saison ou des pommes de terre. Pour les deux autres degrés, ce n*est qu'une alïaire de quantité en plus; dans tous les cas la qualité du pain et du vin no laisse rien à désirer.

Il est entendu d'ailleurs (jue le médecin peut, sur des bons spéciaux destinés à des malades graves ou à des convalescents, modifier le régime commun et faire des piescriptions spéciales. La tolérance administrative ne va pourtant pas au point de transformer le régime hospitalier en une carte de restjiurant, comme l'a proposé Orlowski, pour les hôpitaux de Berlin en 1883. Mais la vigilance de l'administration devrait porter sur la parcimonie dans la distribution du lait, et sur l'absence du café au lait qu'on prescrit régulièrement dans tous les hôpitaux étrangers; on nous oblige ainsi de recourir à toutes sortes de subterfuges pour obtenir les quantités de lait nécessaires aux gastriques, aux intestinaux, aux cardiaques, aux albuminuriques. — Dans les hôpitaux militaires, le médecin jouit pour ainsi dire d'une complète latitude. Dans les hôpitaux de province au contraire , le régime est généralement défectueux ; je fais une remarquable exception pour le nouvel hôpital du Havre.

Regnard nous a montré, dans un intéressant travail, la formidable mortalité qui frappe les malades et les convalescents dans les petits hôpitaux incomplètement pourvus des substances alimentaires les plus indispensables.

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