CHAPITRE IV
DES PHTISIQUES ET DES SCUOI l LEUX
Depuis qu'il est prouvé que la phtisie pulmonaire est une maladie parasitaire virulente due à un bacille nettement défini, que ce virus pénétre dans le poumon par la respiration des crachats de phtisiques, ou par le lait ou par la viande provenant de vaches elles-mêmes tuberculeuses, nous n'avons plus (ju'à nous préserver en empêchant la contagion par l'air, en piohibant les aliments suspects, en enrayant le développement du parasite dans l'organisme une fois envahi, ou à le détruire, si c'est possible, par les médicaments antiseptiques. La question de préservation est du domaine actuel de l'hygiène; le problème de l'antimicrobisme est du domaine futur de la médecine. — Mais le devoir le plus urgent qui incombe dores et déjà au médecin moderne, c'est de chercher, comme nous l'avons dit dans le Traité de ht phtisie bacillaire (1884) à transformer la constitution de l'individu menacé ou frappé de tubercules, de manière à le rendre réfractaire à la culture du bacille.
La tradition a consacré depuis longtemps Tusage de riiuile de foie de morue, du lait; or, en considérant ces médications empiriques au point de vue analytique, nous voyons qu'elles font toutes partie des corps gras ou des substances qui entravent la dénutrition; ce sont des moyens d'engraissement; quand ce résultat est obtenu, la phtisie s'arrête. Jl semble que le bacille ne peut pas se développer davantage dans ce milieu imprégné de graisse; il est certain du moins d'après les recherches récentes de Bienstok et de
nOl cil A IV IV. — KÉr.lME DKS PHTISIQUES.
(jottslein (Fortscliriltc f. Mal. 18<S0), (pic les liquides «;rais- S(Mi\ (le ciilliiic iDodiliciil. siii{4uliùr(;iii('n( la proj)i'i<Hô coloranle des bacilles. — Jl senihlc en sens inverse (juf dans d'niihvs milieux, (jue dans le sang glycéiniqne des diabéti(|nes, la pullulai ion des païasites soit singulièrement favorisée. Il y a donc peut-être dans ces cliangemenls de njgime el (riiy^iènc une condition nouvelle ;iiili-parasitaire; c'est ce que nous i)rouverons par Télude détaillée de ces niédieamenls qui sont lous, jus(|u'à un certain point nutritifs, el qui devront constituer les bases du régime de tous les phtisiques,en tant qu'il n'existe ni trouble général ni complication lo(\ile susceptibles d'entraver ce trailement alimentaire.
Parmi les perturbations générales de l'économie se trouve en première ligne la fièvre, le plus fâcheux et malheureusement le plus fréquent des incidents de la phtisie. Or, le phtisique fiévreux exige des soins particuliers qui le rapproche singulièrement du fiévreux en général (Voy. chap. ni). — Parmi les complications non moins graves apportées aux applications d'un régime régulier anti-parasitaire, se trouvent les lésions de l'estomac et de l'intestin, en un mot le mauvais état des voies digestives; or, le phtisique dyspeptique exige des modifications de nourriture qui s'imposent à tous les gastriques ou intestino-dyspeptiques.
Nous avons donc à traiter trois catégories de phtisiques par des régimes différents : les phtisiques sans fièvre, ceux avec fièvre, et les phtisiques dyspeptiques.
§ 1. — Régime des phtisiques en général
Quand on a devant soi un malade amaigri, pale, faible, on est toujours tenté, même quand l'examen delà poitrine et l'analyse microbiologique des crachats démontrent de la manière la plus irréfragable l'envahissement des poumons