TRAITEMENT DES PHTISIQUES DYSEPTIQUES
comporte un long usage et encore moins l'exclusivisme; le lait, aliment complet, finit par être intoléré, l'iiuilc de foie de morue ajoutée à l'alimentation ordinaire constitue une véritable méthode d'engraissement.
§ 3. — Traitement alimentaire cIcn plitiNiqucM gastro-entëro-djS|ieptic|ueM
Le tuberculeux commence souvent et finit presque toujours parla gastro-dyspepsie, qu'il faut soigneusement distinguer des lésions inflammatoires, des dégénérations amyloïdes, des tubercules gastriques, qui ne se voient presque jamais qu'à la fin de la maladie, tandis que la dyspepsie initiale de la tuberculose est souvent confondue avec la dyspepsie chimique commune. Le mal ne va pas toujours jusque-là, souvent il ne s'agit que de troubles pseudo-dyspeptiques, de gastro-atonie, de gastro-névrose; c'est ce qui s'observe chez les névropathiques,surtoutchezles femmes etles jeunes filles.
Dans d'autres cas le phtisique éprouve une toux pénible, coqucluchoïde, suivie de vomissements qui sont généralement dues aux efforts mécaniques de la toux, et n'ont pas de rapport avec la dyspepsie. Souvent aussi la phtisie est marquée au début par une dyspepsie intestinale ; il s'établit alors une diarrhée des plus graves ordinairement entretenue par des ulcérations intestinales. Enfin, il est un phénomène qui accompagne presque toujours les dyspepsies, parfois le nervosisme gastrique, les altérations de l'intestin, c' cslV inapfélence^ l'anorexie, qui complique singulièrement les difficultés du traitement alimentaire ; voilà les diverses circonstances dont nous devons tenir un compte rigoureux, avant de formuler les prescriptions du régime; les règles du traitement alimentaire de la phtisie en général ne trouvent plus désormais leur application.
401 ClIAI». lY. — RP.r.IMK DKS PHTISIQUES.
4;iiN«ro-dyMpo|»Nic iiiHialr. LcS pICMlitTS indicCS (Ic Kl
plilisic à loriiKî (lys|)('j)ti(|iic sont, outre riii;i|»|)<;lonce ordiiiaiiement complète, absolue, s'ai)|)li(|uaiit à tous les aliments, la digestion lento, pénible, avec un sentiment d'ardeur le long- de l'œsoplia^e, une sensation (b; {'(.'i' cliaud à répij^aslre, des régur«;itations acides, des renvois de; ^^az de fermentation, des douleurs épigastriques et dorsales, du gonflement lyni[)anique des organes gastro-intestinaux avec constipation, plus rarement de la diarrliée, du moins au début.
Ce tableau est rarement aussi sombre; les sensations anormales ne sont pas toujours réunies et associées en totalité avec les pliénomènes de la décomposition chimique de la masse alimentaire; mais il suffit qu'il en puisse être ainsi pour qu'on soit averti du danger. — Il ne s'agit plus en effet d'une dyspepsie simple, primitive, qui n'est jamais si durable, si grave; qui ne s'accompagne pas, comme la dyspepsie prétuberculeuse, d'une rapide déperdition des forces, de la fonte des tissus corporels et de la graisse d'abord, d'un affaiblissement général de la musculature, en un mot d'une dénutrition frappant tous les tissus, tous les organes d'une déchéance générale avant l'inanition suffisante pour l'expliquer. Oxydation exagérée de la trame organisée, réparations insuffisantes par l'alimentation, voilà la caractéristique de la dyspepsie qui ouvre la marche funeste de la phtisie; défaut de digestion et d'assimilations, c'est la marque de la dyspepsie chimique vulgaire qui est toujours guérissable.
Dans cette grave occurrence que faire? certains médecins, à l'imitation de Broussais, voyant partout une gastrite, ou tout au moins une congestion stomacale réclamant les sangsues et les vésicatoires, prescrivent les tisanes émollientes, et la diète, en permettant tout au plus le bouillon coupé, le lait coupé, et l'œuf mollet; avec une pareille médication la ma-