DES ANÉMIES PAU PKHTE DE SANG
— 11 s'aj^il (le modérer ces flux répétés, multiples, el la difficulté commence pour le médecin, f[iii ne doit pas arrêter brusquement ces ell'orts hémorragiques, et ne saurait davantage les tolérer.
Dans d'autres circonstances, ce n'est pas le poumon qui est le siège de l'hémorragie périodique; c'est l'estomac qui devient le point de départ de vomissements souvent considérables de sang ; dans ces conditions, il ne faut pas admettre légèrement l'hémorragie supplémentaire; les jeunes fdles et les jeunes femmes sont sujettes à Tulccre stomacal qui donne lieu à des hémorragies redoutables, qui ne sont pas à respecter, mais qui sont à traiter d'urgence; la vie est en danger.
A un degré mo\nàv(i^\(i?> hémorragies meyislruelles, S3.ns autre comi)lication, réclament aussi des soins continus, sous peine d'anémie. Quand une femme, quel que soit son âge, même quand elle arrive à l'Age de retour, vient à se plaindre de fatigues incessantes, de faiblesse générale, de maux de tête, de douleurs vagues et générales, d'oppressions ou d'essoufflement par les moindres mouvements, l'anémie est là pour expliquer tout ce cortège de symptômes (Clément); il faut, dès lors, modérer le flux sanguin graduellement, et le diminuer par les moyens antihémorragiques, et par le repos pendant la période. — L'application banale du traitement ferrugineux serait désastreuse; car le fer tend à provoquer ou à augmenter les règles; tout le traitement consistera dans le régime fortifiant et dans les moyens préventifs contre le retour des hémorragies.
Flux iiéniorroYdni. — Lc flux hémorroïdal nous fournit un autre exemple des préjugés relatifs aux hémorragies, dites salutaires. Combien de fois j'ai vu des malades qui perdaient leur sang et tombaient dans l'anémie la plus dangereuse sans proférer une plainte, sans même consentir aux
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moindres aUéniialions de ces perles. Il y a cent ans, un médecin llK'oricicn à ouliiince, en nicnie lenips qu'élcj^^anl écrivain, Slalil, a l'ail naître, dans res])ritdes médecins, celle idée étrange que \i\ lîiix liéniornyidal est une sauvegarde contre tous les maux, contre la pléthore, contre les congeslions cérébrales, contre tous les troubles de la circulation abdominale, el surtout du cours du sang dans la veine porte, qu'on appelait vewa porta malorum. — On sait aujourd'hui que la pléthore, c'est-à-dire l'excès de sang n'est pas prouvé, que les congestions cérébrales dépendent d'une lésion du cœur ou des artères, que les maladies du foie et de la veine porte peuvent donner lieu aux hémorroïdes, mais n'en dépendent pas. Pourquoi alors respecter les hémorroïdes, qui, en définitive, ne sont que des varices des veines du rectum, et le flux hémorroïdal qui résulte de la rupture de ces veines dilatées?
Nous avons déjà appris à connaître l'influence de la masse hémorroïdale sur la production des atonies de l'intestin (Voy. chap. ii); nous savons maintenant que ces tumeurs rompues constituent des hémorragies vulgaires et non sacrées. Les anémies qui en résultent ne réclament pas le fer; elles réclament l'intervention préventive du médecin, et surtout la dilatation forcée des muscles sphincters.
§ 4'. — Anémies et chloroseiti infantiles
Chez les enfants jeunes, on trouve souvent, par suite d'une aération imparfaite, une anémie très prononcée. Dans certaines familles, on leur mesure l'air intérieur en les confinant dans des cellules, et on leur interdit l'air extérieur sous prétexte de les préserver du froid. Cette anémie se guérit par la respiration de l'atmosphère commune. D'autres fois, les enfants sont victimes d'un rationnement calculé ou
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(Func alimcnlation savante composée surtout d'aliments larineux, parce que leur estomac n'est pas constitué, dit-on, pour Taiie le suc gastricjue et digérer les viandes. D'autres reçoivent surtout pour se rafraîcliir, des herbes et des végétaux fiais, c'est-à-dire de la cellulose bonne pour les ruminants; ces enfants ont V anémie d'inanition alimentaire, comme les premiers ont Vanémie d'inanition atmosphérique. Il suffit de signaler ces faits pour en saisir la portée thérapeutique.
A un âge plus avancé, entre huit et douze ans, on trouve souvent, chez les enfants, une véritable chlorose qui dépend de raccroissemcnt; la pâleur du visage, la mollesse des chairs avec la conservation des formes corporelles, appartienent, de plein droit, à la chlorose infantile, qui s'observe dans les deux sexes et constitue une des modalités des maladies de croissance. Ceschlorotiques guérissent difficilement à cause de la durée de la croissance; néanmoins le fer leur est utile, et plus encore Talimentation fortement azoté.
Il nous faut faire connaître un autre g;enre d'anémies qui passe presque toujours inaperçu; je veux parler de l'ancmie dyspeptique qui résulte d'une cntéro-atonie mucinoalbumineitscy exactement analogue à celle de l'adulte. — A la suite d'une constipation opiniâtre ou d'un arrêt de matières par une cause mécanique, telle que les polypes du rectum, les hémorroïdes, les hernies, on observe des selles composées de matières dures recouvertes de couches blanchâtres concrètes, comme des fragments de blanc d'œuf coagulé, ou de filaments rubanés. — Les enfants qui sont atteints de celte maladie deviennent très pâles, maigres, débiles; ils se dénourrissent, et leur santé ne se rétablit que par le régime carné et féculent, et par les laxatifs très doux.
Enfin, ces divers étals morbides, ces anémies dyspeptiques
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surloni, passent soiivcnl sui" 1(; coiiiitlc du Iviiij)liatisnnc qiiaïul les enfants onl les cheveux l)lon(ls, les yeux bleus, le teint pale et les clKiirs molles; or, ces lymphatiques ne guérissent ni par le fer ni par les viandes en excès; le lyrnphatisme cède à l'emploi de l'iode et surtout du réf,nme de l'engraissement; outre les viandes qui se dédou])lent en graisse, les fécules et plus encore les corps gras constituent les meilleurs moyens auxiliaires.
§ 5. — Des névropalhlqucs épuises
Il y a des névroses d'épuisement qui ne cèdent qu'à des règles nouvelles d'hygiène, à des conditions morales imposées, à un régime systématique, qu'on pourrait appeler cure (V engraissement. — Cette méthode fut indiquée pour la première fois par Weir Mitchell en 1870; étudiée par Playfair en 1883, et analysée récemment par Leyden; elle consiste dans des pratiques multiples : l'isolement des malades, le repos au lit, le massage et l'électricité, et principalement le régime spécial.
Au commencement du traitement on prescrit exclusivement le lait écrémé, àladosejournalière de 900 à 1800 grammes qui sont répartis en douze portions; si la malade répugne à l'usage du lait, on peut y ajouter du café, du thé ou du sel, ou bien on associe le lait au régime habituel mais très amoindri. Puis entre les repas de lait on permet d'autres aliments. Au bout de dix jours, la quantité de lait sera de 3 à 4 litres, et en outre trois petits repas seront institués. Dix jours plus tard encore on prescrit 60 à 120 grammes d'extrait de malt ou du beeftea.
Leyden précisa ainsi la nourriture qu'il distribua dans un cas grave. Le matin à sept heures un demi-litre de lait (à prendre en trente minutes), une petite tasse de café avec
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orùmc, 80 grammes (1(3 viande froide, trois tranches de pain beurré, et une assiette de pommes de terre frites. A dix heures encore un litre de laitavec trois l)iscuits; àmidi, idem; à une lieure l)Ouillon, 200 grammes de vohiille, une purée de pommes de terre, d<'S h'^gumes, 1^0 giammes de compotes et de la pâtisserie; à trois heures et demie, à cin(j heures et demie, à huit heures et à neuf heures et demie chaque fois 500 grammes de lait, ce qui fait pour la journée 3500 grammes de lait, sans compter pour l'après-midi deux rations de 80 grammes de rotisj'^des tranches de pain, trois biscuits. Au congres du 20 mars (D^h/sc/^. 77îed. Tyoc/i.,188G, nM4-), ce singulier traitement fut approuvé par Mendel, Pulvermacher, Lôwenstein, Gnauth, qui constatèrent la plupart du temps un certain degré d'embonpoint consécutif. Toutefois l'accord cessa de s'établir lorsqu'il s'est agi de discuter la valeur isolée de chacun des moyens employés, et chacune des indications. Les uns avec Gnauth accordent la prédominance au massage; les autres à l'isolement; c'est aussi là l'avis de Charcot. Puis lorsqu'il s'agit de préciser le genre de névropathies, le désaccord fut encore plus complet; doit-on traiter ainsi les grandes hystéries convulsives, ou bien les névropathiques épuisés? ces procédés d'ailleurs souvent inapplicables, plus souvent encore repoussés par les malades, paraissent contre-indiqués d'après Ewald, chaque fois qu'il y a de l'anémie, des vomissements, ou une névro-asthénie gastrique? Je me demande dès lors s'il ne faut pas réserver ce traitement sévère, violent, aux névrosiques qui sont atteintes d'une grave anorexie avec amaigrissement et déhilitation générale? c'est dans ces conditions que j'ai vu Charcot appliquer le traitement combiné avec l'isolement le plus complet.