DES (GOUTTEUX
La goutte est de toutes les maladies celle qu'on attribue le plus généralement aux excès de nourriture, et surtout à l'abus de certains aliments, de certaines boissons; s'il en était ainsi ce serait une maladie alimentaire, voulue par le malade, et devant céder naturellement à un régime opposé comme quantité et comme qualité. Mais en supposant môme que le régime soit un moyen de l'aire le mal et le bien, de souffler le froid ou le cliaud, comme il y a des goutteux qui n'ont jamais abusé des plaisirs quelconques de la vie, et qui ne sont entacliés que d'une prédisposition liéréditaire, comme on trouve d'ailleurs la goutte fréquemment dans les professions, qui manient le plomb, c'est-à-dire cliez les ouvriers les plus malheureux de tous, puisqu'ils sont obligés de s'exposer au danger permanent de l'empoisonnement pour échapper à la misère, il en résulte que le goutteux ne mérite pas toujours de reproche d'intempérance, et ne doit pas être traité selon les règles d'une banale sobriété.
La goutte, comme le dit Gharcot, est, en effet une maladie essentiellement chronique, le plus souvent héréditaire, et toujours liée à un état particulier du sang, c'est-à-dire à la présence d'un excès d'acide urique. — Il s'agit de justifier ces trois termes de la définition.
Chronicité. — La gouttc nc peut jamais être aiguë dans le sens rigoureux du mot, c'est-à-dire passagère; le goutteux éprouvera d'abord des accès articulaires ayant les allures d'une affection aiguë, mais dont les retours sont plus ou