UO (.11 \P. VI. — DKS GOUTTEUX
(juc, la poulie so dessine souvent il;iiis le roin sous forme de d('j)ùls (rurale de sonde non cristallise;, si('çeant dans la cavité môme des tubes nrinilères, dont ils lepre^sentent le moule interne, d'unii antre part sous fornne de cristaux, groupés en évenl;iil sjUk's cfi deiioi's des Inbes droils; Cliarcot et Cornil, qui donnent cette description, considèrent donc (jue la li'sion uralique occupe à la Ajis les tubes et leurs interstices; Ebstein a vu en outre des foyers de mortification dans la substance des pyramides, c'est-à-dire dans la partie excrétoire de l'urine.
I>ii rein ;;onUeux. — '\eiilirilo in<crH(i(iolIc. — OutrC Ic rcin
véritablement lioutteux, les Anglais, Todd, Johnson, Dickinson et Garrod ont décrit sous le nom de rein goutteux une inflammation chronique, qui ne se montre que dans la goutte invétérée; elle occupe le tissu interstitiel des tubes urinifcres, avec atrophie très marquée de toute la partie sécrétoire du rein (giomérules et tubes sécréteurs) en môme temps que les parois artérielles et les cloisons fibreuses, sont épaissies, c'est la néphrite interstitielle.
Albuminurie. — Ccttc néphrite interstitielle d'origine goutteuse ne diffère pas de celle qu'on trouve dans les conditions ordinaires. Elle s'annonce souvent et longtemps : 1° par la polyurie surtout la nuit; 2° par l'albuminurie en petite quantité; 3° principalement par une oppression marquée qui indique que le cœur s'est hypertrophié sous l'influence de l'obstacle que l'engorgement du rein oppose à la circulation; 4" de l'œdème aux pieds et plus tard une véritable hydropisie.
Au résumé, les altérations du rein sous l'influence de la goutte sont de divers ordres, et d'une gravité croissante depuis la gravelle du rein jusqu'cà l'incrustation uratique, et finalement jusqu'à l'atrophie rénale, qui constitue une forme mortelle de la maladie rénale.
conTK DU roi:uH. ui
§ 4. — Goutte onrdiiKiiK^ ri artérielle. — Angine «le poitrine dite g;uutteiiMe. — A.stlinie deM goutteux
Les troubles fonctionnels et les lésions du cœur s'observent avec une extrême fréquence dans la goutte; mais je doute, malgré l'autorité de Charcot et de Lecorclié, de l'existence des premiers, et je crains toujours les lésions.
Arythmie du ca'ur. — Lorsquc Ic gouttcux éprouvc dcs palpitations, des intermittences, des irrégularités, en un mot les signes d'arythmie du cœur, on met tous ces phénomènes sur le compte du système nerveux cardiaque excité ou non par l'acide urique; le type du genre serait constitué par les palpitations qui disparaissent sous l'influence d'une attaque de goutte, c'est-à-dire lorsque les ganglions nerveux intrinsèques du cœur, ou lorsque les centres cérébro-médullaires d'innervation cardiaque sont débarrassés de l'excitation urique ou de l'excès d'urates. Si, en effet, on n'admet pas l'intervention de l'uricémie, c'est que les palpitations n'ont rien de goutteux et sont d'ordre nerveux; dès lors elles ne font pas partie de la goutte, elles sont du domaine de la névropathic. — Supposons maintenant qu'au lieu de palpitations qui ne sont en définitive qu'une accélération des battements du cœur, il s'agisse de véritables intermittences ou d'incessantes irrégularités du cœur, je me défie singulièrement de leur nature nerveuse ; si l'intermittence est telle que le pouls manque alors que la contraction cardiaque s'accomplit, on peut affirmer une lésion organique; si les irrégularités sont permanentes, c'est-à-dire si elles ne sont plus sous la dépendance de la digestion, ni des impressions psychiques, on doit craindre l'altération du muscle cardia(jue.
I»égénéro*iccnce fibreuse ou jiraiMweuNC du uiu.sclc cardiaque.
us CHAI». M — f)KS GOUTTEUX.
— C'est là, en ciïcl, ki lésion de beaucoiii) '•' p'''"^ fréquente; (juand le goutteux est en même temps obèse, le cœur subit la surc'liar«»e graisseuse et tout le traitement devra être dirigé, non plus contre la goutte (|ui n'a plus rien à y voir, mais contre l'obésité elle-même (Voy. cliap. viii). Dans les cas de goutte clironi({ue chez les individus maigres, ce n'est plus la simple inliltralion graisseuse qui est en question; mais il s'agit d'une véritable transformation graisseuse et fibreuse du tissu musculaire du cœur; cette situation est bien autrement grave comme nous le prouverons au chapitre IX {Maladies du cœur et des artères).
Altération des artères. — G'cst là aussi quc nous aurons à parler de rinllammalion chronique des artères qui entraîne à sa suite Tathérome et la sclérose, c'est-à-dire la dégénération graisseuse et l'induration des artères; ces graves lésions produisent une dilatation ou une hypertrophie compensatrice du cœur, de sorte que le goutteux rentre dans la catégorie des cardiaques et des artério-vasculaires, qui sont toujours tourmentés par une oppression continue, toujours exposés aux congestions pulmonaires, et souvent aux liydropisies.
Asthme cardiaque. — Ce sout CCS congcstions pulmonaires, ces stases du sang dans le tissu pulmonaire qui déterminent ces formidables accès d'oppression qu'on a considérés comme résultant de l'asthme dit nerveux; nous avons démontré ailleurs la grave erreur de ceux qui considèrent l'asthme comme étant l'expression de la goutte; il n'en est rien, les goutteux jeunes ne sont pas plus sujets à l'asthme que les autres individus de cet âge, les goutteux vieux ou anciens sont au contraire constamment sous l'impression des soi-disant accès d'asthme, des attaques de bronchites ou de catarrhe; non pas parce qu'ils sont goutteux, mais parce que la goutte, généralement chronique, a porté ses
ANiiLM: DE I'OiTl;INE, DITK (.OUTTEUSE. 413
ravages sur les organes caitlio-vasculaij'es; s'ils n'étaient pas afiligés de ces lésions, ils ne seraient pas asllimatiques ni catari'lieux.
Anftino de iioi(rine. — La iTiôme léllexion s'applique à Tangnne de poitrine qu'on a aussi considérée comme d'origine goutteuse et nerveuse. Or, l'angine de poitrine n'est jamais nerveuse, et j'ai démontré par les expériences sur les animaux, ainsi que par l'examen anatomique du cœur, qu'elle résulte du rétrécissement ou de l'oblitération des artères qui, sous le nom d'artères coronaires, sont chargées de l'irrigation du cœur lui-même; ces artères coronaires participent dans la goutte chronique à l'altération générale du système artériel, en particulier de l'aorte; elles deviennent alhéromateuses ou sclérotisées, et cette induration suivie de rétraction de ces vaisseaux empêche le sang- d'arriver au cœur, et de nourrir, ou d'animer son muscle; il en résulte une anémie du cœur; de là l'angoisse si terrible {angor pcctoris) les douleurs si poignantes qui se montrent par crises plus ou moins lointaines, jusqu'à l'attaque mortelle.
Quelle part la goutte a-t-elle pris à ces événements dramatiques? s'est-elle jetée comme on le dit sur le cœur? la goutte a-t-elle quitté les articulations pour envaiiir le muscle cardiaque, et faut-il, pour éviter ce désastre, sans cesse surveiller les jointures, au besoin y fixer la goutte? Autant de suppositions que de mots, autant de mois que de préjugés. Vous aurez beau chercher à rappeler la goutte aux extrémités si par hasard elle les a quittées, ce qui est presque impossible dans les arthrites chroniques ou invétérées, tous les eflorts tentés dans le sens de la dérivation, tous les moyens imaginés pour provoquer le gonflement, la fluxion des jointures n'aboutiront à rien, parce qu'il ne s'agit pas ici du transport de l'acide urique d'un point à un autre, du dehors au dedans, mais parce que l'uricémie est générale,
441 r.HAl». M. — DES nOUTTKl'X.
(lilTuso cl a j)rov(»(|ii('' ici une ailliiilc, là \\n(\ dcgénr^ration liltiiMisc (les ailôres cardiaques, \in rclrécisscmcnt coronaire. 11 n'y .1 donc, jilus à son^ci* à la «^oiiUe; elle a fait le mal, el c'est lui et non ell(^ (ju'il faut combattre d'ur^^cnce comme s'il s'agissait d'une an^^ine cardiaque ordinaire.
Les remèdes les plus efficaces contre la goutte sont le colchique, connu de longue date, et les salicylates de soude que j'ai fait connaîlre il y a neuf ans comme un puissant moyen antigoutteux qui se trouve employé aujourd'liui par nos meilleui's observateurs, entre autres })ar Lecorcbé dont l'expérience fait autorité; croit-on qu'il faille songer à l'emploi de l'un ou de l'autre de ces agents héroïques dans le traitement de Vangor pectoris dit goutteux? Croit-on qu'il faille modifier le régime dans le sens réglementaire? ce serait folie de s'attaquera la cause qui n'existe plus et d'oublier le danger qui menace. sans cesse. Ainsi ni dérivatifs ni antigoulteux; le traitement d'urgence des attaques de sténocardie, ce sera l'unique préoccupation du médecin qui cessera d'être un doctrinaire pour devenir un praticien judicieusement utile. Voilà la conclusion de mon expérience qui porte depuis neuf ans sur un grand nombre de goutteux et de cardiaques. Si j'insiste sur ces données, c'est que pour les malades le traitement de la goutte consiste dans une série infinie de panacées, c'est que pour eux la maladie d'abord dédaignée devient un épouvantai! après avoir été un jouet, et que trop souvent la médecine s'est faite complice de ces étranges préjugés.
Si, au contraire, je laisse de côté les types plus complexes qu'on appelle nerveux, cérébraux, spinaux, etc., c'est qu'ils n'ont rien de commun avec la goutte, si ce n'est l'excitabilité provenant de longues souffrances, et de la durée indéterminée de la maladie.
Là se termine l'histoire des localisations principales de