‹ Du régime alimentaireChapitre 99 sur 168 · ORIGINES I)K LA GOUTTE ET DE L'ACIDE UIUQUE · texte numérisé non relu

ORIGINES I)K LA GOUTTE ET DE L'ACIDE UIUQUE

la goutte; en les jugeant par ces grandes lignes, on pressent quelle influence ces types exerceront sur le traitement alimentaire, (jui lui-même devra être basé sur les données exactes (le la physiologie; l'étude de la nature de la goutte précédera donc logiquement les indications curatives.

§ 5. — Origines do la goutte on uriccnilc Origines (le 1 aeide iiri«|iie

Il est admis maintenant que le goutteux a son sang chargé d'un excès d'acide urique ; c'est donc un uricémique. Mais qu'est-ce que l'acide urique, d'où provient-il? et quels sont ses rapports avec l'urée? On sait que l'urée constitue un produit d'oxydation complète des principes albumineux alimentaires ou corporels, tandis que l'acide urique a été considéré jusqu'ici comme le résultat d'une combustion imparfaite de ces mêmes principes. Or, il est une question préalable à juger pour l'une et l'autre substance. Sont-elles l'effet direct des combustions des albumines, ou sont-elles précédées de produits intermédiaires avant de devenir urée ou acide urique?

Urée. — Tout d'abord il est certain que l'urée provient des albuminatcs de la nourriture; les expériences de Panum, IIugonnenq,Darier,Quinquaud (Soc. t/t'6io/., 188 i) établissent nettement cette corrélation, et même la itropurtionnalité entre la quantité d'urée éliminée et hi (juantité d'aliments azotés introduits. Mais il s'agit de savoir si la provenance est en ligne directe.

xVujourd'luii hi plupart des physiologistes considèrent l'urée comme étant précédée par d'autres produits, entre autres par la guanidine, qui présente i)ar ses réactions et surtout pai- la difficile solubilité des nitrates, la plus grande analogie avec l'urée [Lowcny xinn.dcrCliemie, t. CCI, p. 369).

4i6 ('HAI'- VI. — DES GOlITTErX.

Les recherches (le Scliullzcn et NciK'ki furonl phis «xplicilcs; ils ctahlirent que ralhiimine sous rinfliicnce des acides forts, des alcalis, se transforme en amido-acides (sels ammoniacaux déshydi-alés), leucine, acide asparagiqiie, tyrosine, avant de former de l'urée. La digestion artilicielle de Falhumine par la trypsine pancréatique donne également lieu à la leucine, à la tyrosine et à la peptone (Kiihne). Ces notions n'étaient encore qu'à l'état de prévision lorsque Schultzen et Nencki démontrèrent dans un travail devenu célèbre (Zeilsch. fur BioL, t. Ylll, et Lehrevon Harn, par Saikowski, 1882), que, dans l'économie animale, le glycocol et la leucine (la tyrosine?) passent à l'état d'urée. — E. Saikowski confirma le fait pour le glycocol ; l'acide asparagique subit la transformation analogue. La genèse indirecte de l'urée, c'est-à-dire après des produits intermédiaires d'oxydation de l'albumine, ne fait plus de doute. On est ainsi porté à croire que la série se développe aux dépens de l'albumine de circulation, et par conséquent avant et sans que l'albumine soit fixée dans les tissus, ce qui n'empêche pas d'admettre que l'urée a son origine de prédilection dans certains organes, particulièrement dans le foie.

Acide ui-iqae. — Voyons maintenant s'il en est de l'acide urique comme de l'urée; en un mot si c'est un produit indirect d'oxydation, et si sa formation procède d'états intermédiaires. — G. Salomon a démontré, il y a quelques années, que dans sa composition élémentaire et dans ses propriétés chimiques, l'acide urique présente la plus grande analogie avec la xanthine (ou les corps de ce nom) et se forme aux dépens de la fibrine ou d'autres albuminates sous l'influence de la digestion gastrique ou pancréatique ; il est à présumer que l'acide urique est un produit de dédoublement de l'albumine, c'est-à-dire qu'en prenant un atome d'oxygène la xanthine se transforme en acide urique. Il est prouvé d'ail-

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leurs par les recherches prc'cises de Knieriem que les acides amidés se transforment chez les oiseaux en acide uriquc, et que certaines suhstanccs, comme l'asparagine, le glycocol, la leucine, qui pour les organismes des mammifères constituent les prologues de l'urée, sont précisément pour les oiseaux les préludes de Tacide urique. Les oiseaux et les serpents sont les la])oratoires de l'acide urique comme nous sommes les fabriques de l'urée. Cela est si vrai que l'urée se détruit presque entièrement chez l'oiseau; de 4 grammes d'urée introduits dans l'estomac de la poule en trois jours, il n'en reparaît dans les urines que 0"'',25 d'après II. Meyer et Jaffe ; l'urée se transforme en acide urique.

Mais revenons aux mammifères. — Chez eux c'est en partie l'inverse : l'acide urique peut donner lieu à de l'urée; en môme temps il produit d'autres corps en s'oxydant, c'està-dire l'acide oxalique ou plutôt oxalurique, et d'une autre part l'allantoïnc. Malgré toutes ces transformations l'acide urique reste encore intact en partie ; c'est ce qui nous importe au point de vue pratique. Les oxydations les plus intenses ne l'empêchent pas de persister plub ou moins; ce n'est donc pas un véritable produit de sous-oxydation, c'està-dire un degré moins avancé d'oxydation que l'urée.

On ne saurait d'ailleurs par l'oxygénation expérimentale transformer cet acide en urée. Enfin l'alimentation la moins albuminouse ne parviendra pas à effacer l'acide urique du nombre des espèces chimiques de l'organisme.

§ 6. — Goutte cx|»ériiuciilnlc

Nous connaissons maintcnani le mode de production très complexe de l'acide urique; il s'agit désormais de savoir comment cet acide en excès produit la goulle, et pour arriver à cette notion, on a cherché à faire la goutte artifi-

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