‹ Education physique des adolescents. Préparation sportive par la méthode synthétique, avec l'art de travaillerChapitre 120 sur 132 · CONDITIONS POUR SE LIVRER AVEC PROFIT A LA PRATIQUE DES SPORTS · texte numérisé non relu

CONDITIONS POUR SE LIVRER AVEC PROFIT A LA PRATIQUE DES SPORTS

Il y a deux manières d’envisager la pratique des sports : la considérer comme un but, un amusement, une occasion de manifester sa supériorité physique et de remporter des succès, ou comme un moyen d’éducation physique et morale nous apprenant à vivre pleinement et sainement,

Ea première manière a ses adeptes passionnés mais le nombre en est forcément restreint : elle-même a des excès qui ne peuvent être conseillés aux faibles et éloigne ainsi la majorité de la pratique salutaire de l’exercice. Ra seconde est accusée, souvent à tort, de ne pas assez pousser la jeunesse à l’effort énergique, d’hêtre la manière des timorés et des pédants et de ne présenter aucun intérêt.

Pourquoi les éducateurs et les sportifs ne. s’entendent-ils pas sur leur art ? Il y aurait trop à dire sur ce point, mais cependant, avec les expériences faites, il n’est plus permis de douter que l’on puisse apprendre méthodiquement les exercices lés plus brillants et les plus difficiles, qu’une bonne direction est nécessaire pour obtenir des résultats constants et certains.

Eduquer, c’est favoriser l’épanouissement de notre nature et non l’arrêter dans son développement; par les exercices compassés et tristes de notre vieille gynmastique scolaire, nous étouffons l’esprit d’initiative et nous enser-

rons notre jeunesse dans un cercle étroit qu’il faut élargir au plus vite.

J’ai essayé, dans les pages précédentes, de convaincre le lecteur de la réalité d’une éducation sportive s’adaptant à chacun suivant ses moyens personnels et conduisant avec méthode progressivement et sûrement aux exercices athlétiques.

Faibles et forts gravissent d’abord les mêmes degrés avec plus ou moins de facilité et de profit suivant leurs aptitudes mais, sous une bonne direction, tous doivent tirer de leur travail un bénéfice réel ; le faible évite ainsi le surmenage et les accidents d’efforts mal pondérés qui dépassent ses forces ; le fort évolue toujours librement vers son développement complet au lieu de s’arrêter en route et de rester, par discipline puérile, au niveau des faibles.

Depuis près de quarante ans, nous faisons appel à la vigueur, nous avons fixé avec rigueur les conditions les meilleures pour l’obtenir et l’utiliser au mieux, nous sommes donc en mesure d’indiquer les moyens de puiser à cette source de richesse et de bienfaits pour la jeunesse ; nous attendons des pouvoirs publies un appui sérieux pour rendre de plus grands services.

On trouvera pourtant dans mes ouvrages la direction qui manque aujourd’hui et vaguement entrevue à travers toutes les spécialisations. J’ai cherché à ne pas être influencé par les conventions et les préjugés courants. Il fallait se placer à un point de vue général pour déterminer les meilleures conditions de vie et de travail, sans accepter aveuglément les habitudes reçues. Il fallait, en un mot, faire une synthèse des connaissances biologiques et les appliquer à l’éducation.

Des résultats de ces études devaient être la détermination des lois du développement et du travail de l’être humain et leur application dans les écoles. Mais, chaque fois que nous en fîmes l’essai, nous avons trouvé une opposition routinière qui la rendait impossible ; on ne nous donnait ni le temps, ni l’espace, ni les instructeurs nécessaires, et les

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