CONDITIONS POUR LA PRATIQUE DES SPORTS
difi&cultés d’organisation qui devaient être d’un ordre secondaire, primaient tout.
Quelle est donc la valeur d’une œuvre d’éducation n’ayant pas sa base dans l’observation des lois naturelles et de quelle utilité serait une administration hostile à toute réforme au lieu de s’entourer de compétences qui feraient éclater la lumière.
I^’anarchie et le charlatanisme sont, il est vrai, l’état ordinaire des choses de l’éducation physique. Chaque méthode envisage un point spécial, restreint le perfectionnement à une quahté unique négligeant les autres. I^es procédés des spécialistes sont souvent des moyens en désaccord avec leur but et recherchant des résultats d’apparence extraordinaire alors que l’intérêt d.e la vie pratique et le, principe de son amélioration est méconnu.
Ives avantages de la vigueur, de l’adresse et de l’énergie morale ne sont-ils rien dans notre existence pour qu’on semble leur préférer des prouesses trompeuses. valeur militaire n’est-elle pas la conséquence du perfectionnement physique de la jeunesse et obéit-elle à d’autres lois que celles de ce perfectionnement ?
De ce dédale d’incohérences et de tâtonnements il sort des œuvres incomplètes, mal adaptées, et ne pouvant donner quelques résultats qu’entre les mains d’instructeurs instruits et très expérimentés.
Où trouver ces instructeurs si on tarde toujours à les former et si l’on ne se débarrasse pas de l’idée fausse qu’il sufiât d’être un champion pour être un instructeur.
D’éducation entre les mains des spécialistes s’est toujours dévoyée de son vrai but et n’a jamais donné que de médiocres résultats. Des petites chapelles sortent de petites recettes et souvent des procédés artificiels sans aucune base réelle.
Il n’y a qu’un remède à cette anarchie : revenir aux moyens simples et naturels, s’emparer de tous les facteurs de perfectionnement de l’espèce et les opposer aux causes de déchéance.
ly’hérédité, ralimentation, la sobriété, le régime de vie, la propreté, l’air pur, l’abstmence des excitants, le travail, l’exerdce et le repos, la tranquillité de l’esprit et la joie des plaisirs sain»; sont les seuls moyens de refaire une race en la retrempant dans un milieu nouveau.
lye choix de l’exercice est dicté par les exigences de l’hygiène et les nécessités de la vie. I^’exercice sera donc toujours adapté à l’homme et à ses besoins ; il doit avoir pour effet de le rendre un plus grand producteur de travail et un homme d’action plus habile dans ses efforts.
ly’exercice est faux s’il est dicté par la fantaisie et s’il exige une adaptation de l’homme à des machi n es ou des appareils d’où il ne tire aucun avantage réel.
Outre le gaspillage de nos forces qu’elle entraîne, cette manière de procéder nuit à l’extension de l’éducation physique en n’en faisant pas comprendre la réelle utihté et en lui donnant des formes charlatanesques qui induisent le pubHc en erreur.
Il n’y a pas tant de moyens de solutionner le problème de la santé et de la vigueur ; il suffit de pratiquer ce que tout homme devrait savoir faire et que la soi-disant civilisation nous a fait oubher. I^es allures naturelles : la marche, la course, les sauts, le grimper, la natation, le canotage, le lancer, le port des fardeaux, la lutte, les jeux et la danse suffisent à tout ; mais il faut les pratiquer avec éclectisme, s’y Hvrer surtout avec mesure, choisir de préférence ceux qui se complètent en s’y préparant méthodiquement.
J’ai, dans mon ouvrage, VEcole française, développé ces observations assez longuement pour n’avoir pas à y revenir.
J’attache la plus grande importance à la manière d’agir, à la quahté d’exécution, car c’est la seule condition de progrès, c’est aussi l’élément essentiel de la résistance à la fatigue. Pratiquer d’emblée un exercice difficile sans aucune préparation c’est souvent courir à un insuccès.
I^s bons instructeurs savent combien nombreux sont