CONDITIONS POUR LA PRATIQUE DES SPORTS
les maladroits et les sujets incapables de diriger leur effort avec intelligence.
ly’effort massif, aveugle, incoordonné est un véritable bégayage musculaire et nerveux sans progrès possible. Au début il faut des exercices moins énergiques pour permettre rindépendance de nos mouvements et pour avoir la sensation nette de ce que nous faisons, sensation qui doit accompagner toujours nos efforts progressifs.
N’envisager que la force en négligeant la forme et la maîtrise de nos mouvements, c’est toujours gaspiller une partie de notre énergie en pure perte. Nous avons cru utile de répéter encore ces observations avant de conclure :
ly’éducation de nos mouvements est nécessaire pour la pratique des sports comme pour toutes les professions manuelles ; elle est possible par les procédés et les formes du mouvement se rapprochant le plus de ceux dont les sujets d’élite nous montrent le secret sans quelquefois le connaître eux-mêmes. Cette préparation doit observer une gradation la plus douce dans les efforts musculaires et dans la dépense totale de travail en un temps donné. I^a difficulté, la complication de l’exercice, l’effort de volonté qu’il nécessite sera soumise à la même gradation.
Bn observant ces principes avec sagesse et surtout en persévérant dans le travail, chacun est assuré d’une amélioration sensible et d’un rendement aussi parfait que possible de ses efforts. ly’action est indispensable, le repos ne l’est pas moins. Une proportion juste de travail et de repos favorise la réparation des forces et établit un équilibre fonctionnel qui les augmente. Quelques rares sujets ont la sensation bien nette de ce qui se passe en eux, ils trouvent d’eux-mêmes le rythme économique de travail mais la plupart des jeunes gens sont brouillons et emballés; ils se lancent sans mesure dans une activité excessive, désordonnée, aboutissant au surmenage aigu avec toutes ses conséquences dangereuses et doivent bientôt s’arrêter quelquefois sans retour, ayant brûlé leur machi n e.
Ils ont méconnu la nécessité de rythmer leur travail, ils n’ont point senti les avertissements de la fatigue, malgré des signes évidents ; ils n’ont pas su s’arrêter à temps. Ils n’ont pas su mesurer leurs efforts à leur degré d’entraînement et sont tombés avec cette conviction fausse que le corps pouvait jusqu’au bout obéir aux excitations de la volonté.
ly’éducateur guidera ces vaillants, téméraires par ignorance et les empêchera de se détruire eux-mêmes. Faibles et. forts, tous ont besoin des conseils de l’expérience et doivent être dirigés sous peine de voir, malgré le travail, diminuer leur énergie physique et morale.
Tous les efforts ne sont donc pas bons, ceux qui nous perfectionnent ne doivent pas laisser de traces de fatigue lourde mais être suivis, au contraire, d’une réparation complète de nos forces. U faut en tout cas apprendre à maîtriser celles-ci et à les dépenser à propos, c’est là le but final élevé de l’éducation.