LES DIFFÉRENTES ÉTAPES SUCCESSIVES DU PERFECTIONNEMENT PHYSIQUE
ler degré. — Ues résultats sont, au début, bien loin de notre idéal ; nous voudrions bien faire, mais nous sommes dans l’impossibilité de réaliser nos actes ; nous tâtormons, l’imperfection de notre mécanisme dénote une maladresse flagrante, nous ne savons pas adapter nos efforts à leur but ; tout est confusion et gaspillage sans résultat.
A cet état d’inconscience, le perfectionnement n’est pas impossible mais il est livré au hasard et tout à fait aléatoire.
2® degré. — A un deuxième degré, nous réglons déjà mieux nos efforts, ils deviennent plus harmonieux, mieux adaptés à nos besoins, leur subordination à notre volonté est plus parfaite, nous sommes plus adroits mais cette adresse est limitée et la part d’automatisme est encore très grande.
LES QUALITÉS SPORTIVES
Il y a perfectionnement mais borné à quelques habitudes, son champ d’action est restreint ; nous restons ainsi stationnaires.
3® degré. — Il faut, pour aller plus loin, que la pensée commande l’action et la détermine. Si nous avons la pleine conscience de nos actes nous pourrons les adapter volontairement à nos besoins ; notre moi commande, notre corps obéit; notre action est en harmonie avec notre vouloir, nos efforts sont intelligents, nos mouvements sont précis comme la pensée déterminante, nous avons la main sur nos habitudes elles-mêmes qui sont voulues et non subies.
Ainsi se réalise une grande économie de temps et d’énergie, tout travail nouveau nous devient facile, nos mouvements sont beaux et expressifs.
Tant que s’exerce notre volonté, tant que notre conscience demeure nette nous pouvons réaliser des progrès. Mais ce degré supérieur ne peut être atteint sans passer par les degrés intermédiaires constituant la marche naturelle de notre évolution; tout éducateur doit se pénétrer de cette fatale nécessité.
l’esprit sportif
Ta volonté d’agir et la confiance en soi donne un ensemble de qualités morales qui constituent l’esprit sportif.
Te sportif est audacieux sans témérité, sociable sans faiblesse, doux et aimable ; il n’abuse pas de sa force mais il sait l’employer à l’occasion au seivice des bonnes causes et non pour sa vanité ou l’esprit de lucre ; son amourpropre n’est pas gênant car il est la manifestation de son désir de bien faire, il est chevaleresque sans fierté et sans dédain pour le faible; on le trouve toujours là où il est utüe, ne ménageant pas l’effort, aimant la difficulté et s’efforçant d’exceller en tout.
C’est parmi les sportifs que se rencontrent les hommes capables de s’atteler à de durs labeurs pour les mener à
bien et en prendre la responsabilité. I^a dignité et le respect de soi-même les éloignent des plaisirs malsains ; dans toutes les fonctions sociales qu’ils embrassent, la virilité et la droiture de caractère sont une garantie du bien qu’ils sont appelés à faire,
T/e sportif sait vouloir, il a l’esprit de sacrifice, il suit un droit chemin et ne commettra jamais un acte de lâcheté qu’il aurait à se reprocher. C’est le gentilhomme accompU, une sorte de chevalier moderne contribuant pour une grande part à la prospérité et à la grandeur de son pays.