LES TRAJECTOIRES DES MOUVEMENTS
Ives mouvements des articulations sont caractérisés par les courbes tracées dans l’espace par les extrémités des membres ; ces courbes, résultant de mouvements combinés, sont assez complexes. I^a photographie permet de les déterminer, l’œil peut aussi les distinguer surtout dans l’obscurité quand on tient à la main un tison rouge ou une petite lampe électrique de poche. Bn déplaçant celle-ci assez rapidement on verra une traînée Imnineuse ayant une forme particuHère que l’œil pourra apercevoir ensuite sans autre moyen. On apprendra à distinguer ainsi le trajet de la maÎTi lançant la balle ou le disque, la courbe décrite par une raquette, la pointe d’une épée, l’extrémité d’une canne, le poing ou le pied d’un boxeur, la jambe du marcheur, du coureur ou du sauteur.
Cette faculté de voir le mouvement, bien que limitée, suffit pour nous faire connaître ce mouvement et nous guider sûrement dans son exécution.
Quand nous connaissons à l’avance le chemin à suivre dans l’espace nous pouvons nous le représenter par l’imagination et régler ensuite nos mouvements afin de le retracer.
Si nous connaissions exactement les courbes décrites par les sujets d’élite et la vitesse des déplacements sur ces courbes, il suffirait de les suivre exactement pour reproduire les contractions musculaires et les actes nerveux du modèle. Nous ne demandons pas cette précision, nous atti-
rons seulement l’attention sur un des éléments principaux du mouvement et le plus souvent négHgé.
En cherchant à voir dans l’espace, la vision se perfectionne et l’œil parvient à apercevoir ce qui lui échappait totalement au début.
On distinguera d’abord un chemin décrit en ligne droite puis une hgne courbe, concave ou convexe, ouverte ou fer-
Fig. 8.
mée, un cercle, un ovale, un huit. Puis on arrivera à suivre des yeux les mouvements du corps dans l’espace et à dégager la trace qu’il laisse dans l’œil en se déplaçant. Un vrai professeur doit distinguer tous ces détails s’ü veut connaître les fautes de ses élèves et pouvoir les corriger. Comment enseignerait-il les mouvements s’il ne les connaissait pas lui-même et s’il n’en avait qu’une perception vague et confuse. Ne fixer un mouvement que par ses points d’arrêt ce n’est pas le définir, il faut en déterminer tous les points intermédiaires (fig. 8).